Personnellement je suis très critique face à cette débauche informatique.
En tant qu'enseignant, je ne peux que regretter les difficultés que
rencontrent déjà les élèves à manier un simple stylo aussi bien pour
écrire que pour résoudre une équation, et ce n'est certainement pas
l'ordinateur qui va améliorer cet état de fait. Maintenant au niveau des
usages l'informatique peut apporter beaucoup dans l'apprentissage, mais
l'ordinateur ne doit pas être considéré pour autant comme autre chose
qu'un simple outil, au même titre qu'un livre (objet bien plus maniable,
lisible et portable), et son usage ne devrait pas dépasser les 25% du
temps en classe. Pourcentage déjà énorme si l'on considère tous les
désagréments qu'il faut subir comme le bruit des ventilateurs, et disques
durs, la chaleur dégagée dans des salles de classes souvent trop petites,
et la quantité d'électricité rarement écologique consommée en plus.
Mais peut être que certains y voient avant tout, un marché de futurs
consommateurs informatiques, ou un moyen de canaliser des élèves dissipés
dans des salles ouvertes aux heures de repas (au lieu de les voir s'activer
sportivement dans les cours de récrée). Je trouve, comme beaucoup, que
cet outil serait bien plus utile à d'autres, et qu'il y a plus important
à faire comme dépenses dans les établissements scolaires: les manques
d'infirmières et de surveillants se font cruellement ressentir trop
souvent.
Questions ouvertes:
* En tant qu'enseignant comment l'éducation nationale peut-elle nous
demander de valider auprès des élèves des compétences pour le Brevet
Informatique et Internet (B2I) alors qu'elle ne nous reconnaît pas
officiellement (par l'octroi d'une attestation) ces mêmes compétences ?
* Toujours en tant qu'enseignant, que doit-on comprendre à
"L'élève doit être capable de :"
" ... - utiliser les logiciels et les services à disposition."
(source:
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/29/MENE0601490A.htm )
car les logiciels mis à la dispositions des élèves sont différents
d'un établissement à l'autre, et cela peut aller du simple éditeur
de texte à la suite bureautique complète, ou du logiciel de dessin
simpliste au programme de traitement d'image comme The Gimp.
A partir de là, qui peut en toute honnêteté intellectuelle dire que
tel élève est capable d'utiliser les logiciels mis à disposition ?
(De quoi créer, en tout cas, des inégalités dans l'obtention du B2I)