<i>01net. :</i> Pourquoi les marques françaises attaquent-elles aujourd'hui eBay en justice ?
Marc-Antoine Jamet : Cela fait maintenant plus de deux ans que nous discutons avec les filiales européennes d'eBay. Chaque réunion se conclut de la même manière : ils nous disent ne pas être soumis à un
contrôle a priori et donc ne pas pouvoir faire plus. De son côté, eBay US a toujours refusé de reconnaître qu'il y avait un problème de vente de produits contrefaits. Pourtant, il semble que les filiales européennes
aient reçu depuis peu des consignes afin de déréférencer ces produits avant même que nous le leur demandions. C'est donc bien qu'il y a un problème, qu'ils savent ce qui se passe sur leur site, et qu'ils peuvent
agir !
Pourquoi avoir rendu publique le 19 septembre la lettre de conciliation que vous a adressé Mickael Jacobson, numéro 2 d'eBay <i>(voir encadré)</i> ? Cela ne risque-t-il pas d'attiser les
tensions entre les parties ?
Je ne considère pas ce courrier comme une tentative de réconciliation ! Il montre seulement que le groupe eBay reconnait enfin qu'un problème existe. Je consulterai mon conseil d'administration afin de voir quelle suite
nous lui donnerons. Nous nous rencontrerons sans doute afin de voir comment agir ensemble. Mais en aucun cas ce message ne pourra empêcher les dépôts de plainte, la machine judiciaire est lancée contre eBay.
Extrait du communiqué de presse de l'Unifab, publié le 19 septembre.
' L'Unifab note avec satisfaction la prise de conscience sérieuse, néanmoins tardive, d'eBay, de protéger de manière effective les droits de propriété intellectuelle au niveau
international :
"Afin de mieux comprendre vos préoccupations et de coopérer à l'amélioration de votre lutte anti-contrefaçon je voudrais vous inviter à discuter des difficultés que vous et vos membres rencontrez sur
eBay (...) Ce courrier est un premier pas qui, nous l'espérons, marquera la suppression d'un réseau virtuel de vente de contrefaçons qui nuit terriblement aux entreprises et met en danger la santé ou la sécurité des
consommateurs".
L'Union des Fabricants soutient, depuis de longs mois, que l'implication des sites de vente aux enchères dans la diffusion de faux, d'imitations et de copies, notamment de produits de luxe français, mais
aussi, avec les dangers que cela comporte, de médicaments, de produits alimentaires, de jouets, ou d'articles de grande consommation, est parfaitement établie. Il est manifeste que les entreprises qui organisent ce marché, notamment les
hébergeurs, ont une connaissance au moins égale, sinon bien supérieure, à celle des marques lésées, de l'identité des pirates numériques qu'elles accueillent. C'est donc dans un esprit de complicité qu'elles poursuivent
cette promotion du commerce illégal. '

