« Je vois la RFID comme une stratégie procurant un formidable avantage concurrentiel. Elle ne connaîtra pas de ralentissement ». A peine nommé, Rollin Ford, le nouveau DSI de Wal-Mart, a publiquement réaffirmé l'engagement du premier distributeur mondial dans son vaste projet d'identification radio-fréquence (RFID). Mieux, il a annoncé l'avènement du nouveau standard mondial EPC Class 1 Gen 2. « Nous avons décidé d'en faire notre standard au début de l'année. Et je peux confirmer que Gen 1 disparaîtra d'ici au 30 juin. » Déjà, les firmwares et middlewares des 500 magasins équipés de lecteurs RFID ont été mis à jour. Et ce ne sont plus 300, mais 600 fournisseurs que le distributeur souhaite désormais enrôler dans son programme RFID d'ici à la fin de l'année.
Des ruptures de stock en baisse
Après avoir accumulé les retards, le programme de Wal-Mart est donc relancé de plus belle. Il faut dire qu'une étude économique sur six mois, menée par l'université d'Arkansas, a galvanisé le moral des troupes, depuis l'annonce de ses résultats à l'automne dernier. Selon ses auteurs, l'utilisation d'étiquettes RFID à identifiant unique EPC réduit de 16 % les ruptures de stocks. L'étude montre également que les articles étiquetés en rupture sont réapprovisionnés trois fois plus rapidement que les articles utilisant les traditionnels codes à barres.
Et ce n'est pas tout ! La semaine dernière, Bill Hardgrave, chef du centre de recherche RFID à l'université, s'excusait d'avoir été trop conservateur dans ses premières conclusions. Et notamment d'avoir négligé l'importance de la vitesse de rotation des articles analysés. Ainsi, pour les articles dont 0,1 à 3 unités sont vendues en moyenne chaque jour, soit 90 % des marchandises étudiées, la baisse des ruptures de stocks peut atteindre 32 % - et même 62 % dans le cas des articles dont 6 à 15 unités sont vendues par jour.
Au début de l'année, Metro faisait également ses comptes. Selon le distributeur, l'usage de la RFID et de l'EDI lui fait faire des économies substantielles. Une étude menée avec IBM et Procter & Gamble a, par exemple, montré que les préparations de commandes pouvaient être accélérées de 16 secondes par palette grâce à la RFID. Comme Wal-Mart, Metro souhaite déployer massivement la Gen 2 cet été. Pour ce faire, le groupe allemand teste depuis près d'un an différents matériels conçus pour le nouveau standard. Il s'appuie sur son magasin pilote Future Store et sur un centre de distribution.
Un cadre réglementaire inadapté
A Tesco, l'expérience de la RFID UHF a fait long feu. Le plus grand distributeur britannique estime, lui, ne pas pouvoir utiliser la technologie de manière satisfaisante dans le cadre de la réglementation européenne (lire encadré). Devant être achevé en novembre 2005, son déploiement initial devait permettre de tracer des biens de valeur transportés dans des caisses étiquetées entre 30 centres de distribution et 1 400 magasins. Finalement, Tesco a choisi de déployer des étiquettes RFID réutilisables pour ne suivre que ses chariots. Seul un centre de distribution et une quarantaine de magasins en sont pour l'instant équipés. Le groupe ne communique désormais plus d'objectifs ou d'échéance.
De fait, deux ans et demi après le lancement du programme RFID de Wal-Mart, un petit quart des distributeurs et des industriels de biens de grande consommation interrogés par Forrester Research ont identifié la valeur économique de la RFID. Le cabinet d'analyses les engage à ne pas adopter la technologie de manière trop hâtive, et jamais sans avoir réalisé une étude économique concluante. En cas d'achat d'une solution de gestion d'entrepôt ou de gestion des transports, l'utilisateur devra s'assurer de la qualité des interfaces RFID, de même qu'un nouvel entrepôt devra être conçu pour limiter les interférences entre lecteurs.
Adapter les processus
Plus généralement, l'ensemble des nouveaux matériels et logiciels Gen 2 devra être systématiquement évalué. Tâche à laquelle s'est attelé l'organisme paritaire de standardisation GS1 France depuis février dernier. « En 2005, la première phase de tests UHF de première génération avait porté sur des processus existants, à savoir la lecture en masse de cartons, rappelle Xavier Barras, directeur d'EPC Global France. Cette année, l'évaluation de Gen 2 devra prendre en compte les limites de la technologie pour redéfinir d'éventuels processus. Par exemple : utiliser le temps de rotation pendant le filmage afin d'améliorer le taux de lecture. » Premier enseignement, les matériels Gen 2 présentent de meilleures performances.
Pour autant, le taux de lecture n'a pas nécessairement besoin d'approcher les 100 %. « Si, pour une préparation de commande, ce taux atteint 100 %, on n'a plus besoin de taux de lecture parfait en milieu de chaîne », note ainsi Xavier Barras. GS1 France testera également la lecture-écriture de données additionnelles (hors EPC) et les nouvelles fonctions de la Gen 2.
Mais ces tests ne se limiteront pas à des expériences de laboratoire. GS1 France a, par exemple, prévu de tester in situ la préparation de commandes ou l'usure des tags RFID durant le cycle de vie des produits. Enfin, la lecture en masse d'unités logistiques sera à nouveau évaluée, mais avec d'autres produits que ceux testés avec les tags de génération 1. Ainsi, on trouvera des produits automobiles, textiles ou pharmaceutiques.
La Commission européenne s'engage
Ayant associé différentes organisations professionnelles, ECP Global et l'ISO n'ont pas limité le protocole Gen 2 aux problématiques de la distribution et des industriels des biens de grande consommation. Michelin dans l'automobile, Mallinckrodt dans la pharmacie ou Boeing dans l'aéronautique ont ainsi adopté le protocole Gen 2.
Les domaines d'application de la RFID seront d'ailleurs abordés suite au débat public lancé en mars dernier par la Commission européenne sur la RFID. Ce sujet fera l'objet d'un atelier organisé la semaine prochaine à Bruxelles, tandis que l'interopérabilité et la standardisation, ou encore les besoins et recommandations en termes de fréquences UHF, seront discutés lors d'ateliers organisés les 1 er et 2 juin. Lors de la dernière édition du Cebit, Viviane Reding, commissaire européenne pour la société de l'information et des médias, avait fait une intervention remarquée en ouverture du débat européen. Sa commission s'appuiera sur les conclusions des différentes consultations pour rédiger un document de travail sur la RFID destiné à être publié en septembre prochain.
Un standard unique
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Ratifié ISO, le protocole air-interface UHF EPC Class 1 Generation 2 (ou Gen 2) remplace deux protocoles UHF EPC et complète deux protocoles UHF ISO d'ancienne génération.
Un standard international
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Le protocole Gen 2 permet à la même étiquette RFID de fonctionner en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.
Des performances améliorées
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Gen 2 augmente la vitesse et la sensibilité de lecture des étiquettes RFID. Il évite aussi les interférences entre lecteurs.
Une sécurité renforcée
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Une fonction
« kill »
permet au consommateur de désactiver les étiquettes RFID par l'utilisation d'une clé de sécurité de 32 bits.
Une technologie nouvelle
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Les solutions Gen 2 sont encore peu nombreuses et loin d'être toutes stabilisées. En Europe, GS1 France procède à une évaluation dont les résultats ne seront pas communiqués avant septembre.
Des contraintes réglementaires
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Limitée à 2 MHz, la largeur de bande UHF européenne complique la coexistence des équipements. En France, la régulation est encore plus contraignante.
Une norme de lecture inadaptée
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Les conditions d'utilisation de la fréquence
Listen Before Talk
(LBT) réduit la vitesse de communication et le nombre de lecteurs pouvant opérer simultanément.
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