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La licence Creative Commons passe à la télé à son insu

Un reportage dans l'émission ' Envoyé spécial ' a utilisé un morceau de musique sous licence Creative Commons, mais n'en a pas respecté les limites.

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Il vous est peut-être déjà arrivé, en vous baladant sur la Toile, de croiser le sigle ' CC '. Il signifie que certains contenus du site (image, son, texte, vidéo...) dépendent du régime de droits d'auteur Creative Commons.
Ces contrats permettent de diffuser des créations sur Internet en décidant des droits rattachés. Par exemple, celui de modifier l'?"uvre, ou de l'exploiter commercialement. Les CC ont été conçues pour permettre une circulation souple mais encadrée des ?"uvres sur Internet.
Si les internautes respectent scrupuleusement la licence, ils sont libres d'utiliser l'?"uvre comme bon leur semble sans devoir contacter l'auteur au préalable. S'ils désirent aller au-delà, il leur faut alors impérativement prévenir le créateur, et obtenir son accord (contre une rémunération, éventuellement).
C'est ce que France 2 a omis de faire, en se servant d'un morceau de musique pour un reportage de l'émission Envoyé spécial du 30 mars, composé par l'artiste L'Onomatopeur. L'histoire met, aujourd'hui, en ébullition les forums de la communauté de la musique libre et des Creative Commons.
Ce titre, sous CC, nécessitait l'accord de son auteur pour toute modification ou exploitation commerciale. Dans un communiqué, l'équipe française de Creative Commons estime qu'il est ' possible ' que cette exploitation ait constitué une ' utilisation commerciale '. En revanche, elle considère qu'il est ' certain qu'elle constitue une modification ', car le morceau a été retravaillé. Il aurait donc fallu ' une autorisation écrite ' de l'auteur et, éventuellement, ' une rémunération '.

Travail d'éducation

L'Onomatopeur, bien que ravi d'une telle reconnaissance nationale, indique sur un forum que s'il avait été contacté, il aurait demandé une petite rémunération, du fait des publicités passées avant et après l'émission. Il a pris contact aujourd'hui avec France 2 pour en discuter.
L'affaire met au premier plan le problème de la place des licences de type CC dans le cadre des contrats de droits d'auteurs. D'abord, comme l'explique Mélanie Dulong de Rosnay, responsable juridique de Creative Commons France, ' les chaînes de télévision ont l'habitude de déclarer après coup, auprès de la Sacem par exemple, ce qu'elles ont utilisé '. Les licences CC, elles, nécessitent de contacter au préalable l'auteur. ' Il faudra donc effectuer un travail d'éducation '.
Par ailleurs, cette affaire révèle, selon Guillaume Champeau, responsable du site Ratiatum, le ' binarisme ' dans lequel sont enfermés les créateurs de musique. En effet, un artiste qui adhère à une société de gestion collective des droits comme la Sacem ne peut pas mettre une partie de son travail sous licence CC : il doit apporter tout ce qu'il crée à la société, comme le prévoit le règlement (1). Sinon, ' les auteurs sous licence libre (...) sont contraints de gérer leurs droits individuellement ', indique Creative Commons France. Ce qui, dans certains cas, peut se révéler difficile, voire impossible (une chaîne de télévision à l'étranger, par exemple). Selon Guillaume Champeau, il faudrait donc que des organismes comme la Sacem évoluent pour permettre aux créateurs de décider quelles ?"uvres doivent faire l'objet d'une perception de droits, et quelles autres sont libres.
(1) La Sacem permet à ses sociétaires la mise à disposition de contenus ne dépendant pas de la société de droit dauteurs, mais il faut que ce soit gratuit, sur leur propre site Internet, et sans possibilité de téléchargement. On est donc loin de la philosophie des Creative Commons.
7 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «La licence Creative Commons passe à la télé à son insu»

 

L'onomatopeur, un artiste à découvrir !

de davjam , posté le 10 avril 2006 à 22h21
Ses deux albums sont à télécharger librement sur jamendo :
http://www.jamendo.com/fr/artist/lonomatopeur/

Vous verrez c'est du Big Beat, excellente musique d'ambiante qui sonne electro.
La chanson reprise sur France 2 s'intitule Slap Violin, c'est le premier titre de l'album "Allways Beating".
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La SACEM n'acceptera pas.

de Ulmo , posté le 11 avril 2006 à 12h27
Leur travail, c'est d'exploiter les petits et de rémunèrer les gros.

Les Créative Commons sont leurs concurents.
Il faut forcer la SACEM à laisser les auteurs libres de faire ce qu'ils veulent.
:pfff:
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ouais d'abord la Sacem y sont trop méchants! c pas juste! :p

de tubefreak , posté le 12 avril 2006 à 22h50
M'enfin! c'est bien connu qu'ils exploitent les petits pour rémunérer les gros! :sarcastic:
Des avis sensés, adultes et fondés ça peut intéresser les lecteurs tu sais...
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ahhhhhhhhhhhhh !!!

de bionel , posté le 01 janvier 2008 à 12h48
qu'est ce qui t'arrives a toi, tu bosses a la sacem, ou quoi ?!!
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Que vive le Creative commons

de bipdan , posté le 12 avril 2006 à 08h39
Il faut soutenir l'onomatopeur dans l'interet de CC.

Quand je parle autour de moi de Créative Commons, la plupart du temps cette licence et encore plus ses principes sont encore méconnus. On peut donc accorder le bénéfice du doute a France 2 mais ils faut qu'il y ait réparation ou au moins une reconnaissance publique de l'erreur commise, sans quoi CC ne sera pas ou mal reconnu. Le principe est tres bien. On nous demande de ne pas confondre P2P et droit d'auteur. Il faut pour cela que les grands jouent aussi le jeux et ne confondent pas gratuité du plaisir d'écoute et exploitation commerciale sans limite.
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Ca n'est pas une raison

de Joystik , posté le 12 avril 2006 à 11h29
C'est trop facile de dire que France 2 ne savait pas, c'est quand même une chaîne nationale, ils peuvent très bien s'informer, et ça m'étonnerai qu'il n'y aie pas au moins une personne qui ne connaisse pas les CC ! En tous cas on va pas se laisser faire, il est question ici du droit au téléchargement légal, au lendemain du passage de la loi DADVSI.... A mon avis ça va faire du bruit ! :hurle:
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Tacitement protégé

de JollyStone , posté le 12 avril 2006 à 22h16
Je suis partisant du système Creative Commons.
Ceci dit, que ce soit une œuvre musicale, picturale ou visuelle et quelque soit le type de protection déposée ou non, ces œuvres sont tacitement protégées par le droit de la propriété artistique et intellectuelle.

Donc, il va de soi qu'une utilisation hors du cadre privé fasse l'objet d'une demande exlicite à l'auteur.
Je rejoins dans cet avis l'idée d'un travail d'éducation qui est à faire.
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