« Que penseriez-vous d'un magasin qui ne proposerait qu'une seule marque de bière ? »
Cette question posée à un responsable de Microsoft par un journaliste de Décision
l'a laissé coi. Après un long moment de réflexion, le même responsable donne cette réponse sublime :
« Oui, mais si c'est la meilleure ? »
Certes, mais sans élément de comparaison, le jugement devient impossible. Cette anecdote tombe à point dans un paysage jonché de consolidations quotidiennes. Dernière en date, Lucent et Alcatel, deux géants de l'équipement
réseau, ne font plus qu'un.
L'objectif est bien sûr d'atteindre une masse critique pour lutter contre la concurrence, que ce soit de Cisco, Juniper, Ericsson ou encore de Huawei/3Com. Ces consolidations ont un côté terrifiant pour les clients. Chaque
jour, le choix se réduit comme peau de chagrin.
C'est vrai pour les équipements réseau, les progiciels aussi (SAP ou Oracle ?), le stockage (EMC ou NetApp ?), la liste est longue. Bien sûr, il y a toujours des alternatives... Mais, en fouillant du côté des OEM,
on retombe assez vite sur les mêmes.
Effet induit, très souvent, les DSI ou DI ne prennent pas de risques, et même si leur choix n'est pas le plus approprié, il ne leur sera jamais reproché de choisir une marque. Le serpent se mord la queue.
En moins de quinze ans d'un foisonnement de fournisseurs, le marché n'a cessé de se rétracter, au point que l'avenir de la pluralité est sujet à caution. En ce sens, la convergence des télécoms et de
l'informatique, le tout mâtiné d'Internet, augure aussi de la mise en place d'un marché fortement concurrentiel... entre peu d'acteurs.
Ceux qui ont la masse critique suffisante pour se positionner sur les services à venir, et les infrastructures sous-jacentes, ne sont pas si nombreux, et la course à la consolidation n'est pas finie. Il est temps de goûter un
maximum de bières pour se faire une idée avant leur disparition.
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* Rédacteur en chef de
Décision Informatique