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La particularité du système de vidéosurveillance mis en place par l'aéroport d'Ajaccio Campo Dell'Oro est d'être le premier en Europe à reposer sur une technologie entièrement numérique. Vingt-quatre caméras numériques transmettent leurs images à 6 Mbit/s vers un serveur de stockage - constitué précisément de quatre NAS de 1 To chacun - où les films sont archivés.
L'ensemble de la chaîne, bien que fonctionnant sur un réseau vidéo spécifique, indépendant du système informatique de l'aéroport, n'utilise que des matériels IP : caméras à haute performance et NAS Sony (Raid 5, hot plug), commutateurs Netgear, liaisons Wi-Fi, etc. Les stations de surveillance sont des PC Dell connectés au NAS, sur lesquels fonctionne le logiciel Real Shot Manager de Sony.
Une offre évolutive
« L'installation de ce nouveau système était une obligation liée à la nouvelle réglementation de l'aviation civile parue fin 2003. Assurer la sûreté du transport aérien fait partie des missions régaliennes, mais la vidéosurveillance sert aussi à l'exploitation du site », explique Vincent Royer, chef du département sûreté/sécurité pour la CCI (Chambre de commerce et d'industrie) d'Ajaccio et de la Corse du Sud.
« Le projet a donc logiquement été financé à 50 % par l'Etat et à 50 % par l'aéroport, pour un montant total de 208 000 euros. Nous n'avions pas, au départ, d'a priori technique, poursuit-il. Les six mois d'études nécessaires à la rédaction du cahier des charges avaient essentiellement porté sur le choix des points d'implantation des caméras de manière à couvrir tout l'aéroport, sans zone d'ombre. L'appel d'offres demandait l'enregistrement numérique Mpeg, mais laissait la porte ouverte aux différentes solutions. Nous avons reçu plusieurs offres entre 180 000 et 300 000 euros. »
L'offre retenue, élaborée par ADT, filiale du groupe Tyco Fire & Security et proposée par l'intermédiaire de Suretec, son distributeur exclusif en Corse, se rapprochait du prix plancher, mais a été choisie pour ses performances. Les alternatives associaient généralement des caméras analogiques à un système de stockage numérique, ce qui limitait leur évolutivité. « Un système hybride oblige souvent à ajouter des encodeurs pour installer de nouveaux points vidéo, pas un système tout numérique. L'ajout récent de deux caméras fixes à la boucle vidéo n'a coûté que 1200 euros tout compris ! Si c'est l'espace de stockage qui vient un jour à manquer, il suffira d'ajouter un NAS. »
Les pièces maîtresses du dispositif sont des caméras dômes Sony SNC-RZ30P qui constituent la quasi-totalité des points vidéo (23 sur 24). Capables de couvrir 360° horizontalement et 180° verticalement, ces dispositifs sont équipés de caméras jour et nuit ultrasensibles (0,01 lux), qui s'adaptent aux zones sombres ou aux contre-jours. Elles sont pourvues d'un zoom optique x24 (x250 en zoom numérique). A titre de comparaison, une bonne paire de jumelles n'offre qu'un zoom x9. Conçus pour fonctionner en extérieur, ces dômes résistent aux intempéries. « Valider la fiabilité des dômes en extérieur sous la chaleur du soleil corse ou lors d'hivers rigoureux était une obligation. C'est pourquoi nous avons testé le système en situation réelle pendant près de deux mois, de mars à mai », précise Vincent Royer.
Le Wi-Fi constituait un autre point critique de l'installation. En effet, si la plupart des caméras sont reliées au NAS en filaire, quatre d'entre elles utilisent des ponts Wi-Fi Tsunami, car implantées dans des zones où les travaux de passage d'un câble auraient perturbé l'exploitation. Rappelons que le Tsunami (ou Worp) est une technologie de réseau sans fil développée par Proxim et destinée aux liaisons entre bâtiments. Elle utilise des composants Wi-Fi standards dont les performances sont optimisées de 20 à 30 % par une couche logicielle spécifique. Malgré un environnement électro-magnétique très encombré (ondes radar, ILS, UHF, VHF, etc.), la liaison est parfaite.
Atouts maîtres : facilité et rapidité
Vincent Royer est également très satisfait de la facilité d'utilisation du système. Tout est contrôlé à la souris. Chaque opérateur dispose de trois écrans. L'écran central affiche le plan du site : on appelle les caméras par le plan ou leur nom. Sur chacun des deux écrans latéraux s'affichent cinq vues réduites de zones sensibles et la vue de la caméra pilotée. Les caméras reviennent automatiquement vers des positions stratégiques. « Plus de risque qu'une caméra reste plantée dans un mur pendant que l'opérateur répond au téléphone, commente Vincent Royer. Dix minutes suffisent à former un opérateur. Le système est très facile à utiliser. Tout est très rapide. En une demi-seconde, une caméra peut faire un écart de 300 mètres. »
La sécurité de l'installation a été particulièrement soignée. Différentes stations de visualisation autonomes, reliées au NAS par fibre optique, sont réparties sur le site. Les liaisons filaires utilisent systématiquement des câbles antifeu. L'alimentation électrique est conçue pour supporter des coupures de plusieurs heures. Enfin, la maintenance premier niveau - assurée par les techniciens de l'aéroport - permet de remplacer les pièces critiques, par exemple un dôme, en moins de 15 minutes.
Cette mise en place a tellement convaincu que la CCI d'Ajaccio a décidé d'équiper les installations portuaires d'un système similaire dès 2006. « Le projet est encore plus important que celui de l'aéroport. Dans le cas du port, la zone est beaucoup moins dégagée et il faudra davantage de points vidéo sur site », conclut Vincent Royer.
Activité :
douzième plate-forme aéroportuaire française avec 977 323 passagers en 2005. La CCI d'Ajaccio et de la Corse-du-Sud est gestionnaire de l'aéroport.
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Effectif :
300 personnes (dont le personnel des compagnies aériennes).
208 000 euros pour l'ensemble du système et de l'infrastructure réseau : 24 caméras haute performance ; 4 NAS de 1 To chacun.
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20 000 euros pour la sécurisation de l'alimentation électrique (système ondulé et secouru).
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Le projet est financé à 50 % par la taxe aéroportuaire (9,5 euros par passager au départ), l'autre moitié passant sur le budget d'exploitation.
Décembre 2003 :
évolution réglementaire exigeant la surveillance vidéo des aéroports accueillant plus de 500 000 passagers/an.
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Courant 2004 :
étude d'implantation des caméras et élaboration du cahier des charges (6 mois).
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Juillet 2004 :
appel d'offres.
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Septembre 2004 :
remise des offres.
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Janvier 2005 :
choix du prestataire, lancement des travaux.
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Fin avril 2005 :
mise en route de l'application.
Surveillance vidéo jour et nuit de l'ensemble du site (obligation réglementaire pour assurer la sécurité du site).
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Facilité d'utilisation simplifiant l'exploitation quotidienne de l'aéroport.
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Grande évolutivité permettant l'ajout simplifié de points vidéo ou l'augmentation du stockage.
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