Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, et maintenant la France. Comme annoncé fin novembre 2005 , le moteur de recherche américain Ask.com (anciennement Ask Jeeves) est décliné depuis le 28 février pour les internautes français. Une version bêta, pour l'heure, mais reprenant les caractéristiques phares de l'interface américaine.
En premier lieu, la technologie du moteur, basée sur un algorithme propriétaire. « La plupart des moteurs recensent les résultats en fonction du nombre de liens qui pointent dessus, explique Ludovic Lecomte, directeur d'Ask.com pour la France. Ask fait la même chose, mais, en plus, il travaille en fonction des familles de sites. Le moteur va remonter tel ou tel site si une majorité de sites de la même famille pointent vers lui. » Ces « familles », par exemple les sites marchands ou d'informations, sont définies automatiquement, par analyse des mots-clés notamment.
La deuxième spécificité d'Ask, c'est sa « boîte à outils ». Concrètement, il s'agit d'une fenêtre, à droite de l'écran, à partir de laquelle l'internaute peut circonscrire un peu mieux la recherche et personnaliser son utilisation du moteur, avant même de saisir une requête. Pour l'heure, ces fonctionnalités, toutes gratuites, sont en nombre limité : recherche sur le web, recherche d'images, création de compte personnel (avec espace d'archivage, favoris) et création et partage de blogs.
Une version qui doit encore être enrichie
A titre de comparaison, la version américaine y ajoute la recherche cartographique, avec calculs de distance et définitions d'itinéraires, la recherche dans des encyclopédies en ligne, dans les actualités, la recherche de commerces et de services selon la ville, l'accès direct à la météo... Au total, une vingtaine de façons différentes de resserrer son exploration du Web.
La version française est censée s'étoffer le temps du bêta test, qui devrait prendre fin entre septembre et décembre. Même s'il va surtout s'agir de vérifier le fonctionnement du moteur, Ask compte également nouer des partenariats durant cette période. Pour l'accès à des contenus d'abord (actualités, petites annonces). « Je ne veux pas faire dans le pillage de sites existants », explique Ludovic Lecomte.
Si Ask ne fait rien payer à l'utilisateur, il s'est ménagé d'autres sources de revenus, comme la distribution de son moteur ou de sa « boîte à outils », c'est-à-dire leur utilisation par d'autres sites, avec partage des revenus. Autre possibilité, l'intégration par un site partenaire des fonctionnalités Ask en marque blanche. « Mais nous privilégierons les partenariats qui mettent en valeur la marque », précise encore le directeur général.
Publicité et liens sponsorisés ne sont pas la priorité, pas plus que le lancement de services payants. « Certains concurrents lancent des produits tout azimut qui sont sans rapport avec la recherche. Nous, nous voulons être spécialisés dans la recherche. » Ce qui fait justement émettre une réserve au Gartner quant à la capacité d'Ask à s'imposer. « Mail et messagerie instantanée sont nécessaires sur ce secteur , et Ask.com aurait dû les inclure pour ce nouveau lancement », estime l'analyste Allen Weiner, sur le site Internet du cabinet.
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