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Ex-informaticien et heureux Claire Chevrier

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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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Ex-informaticien et heureux
Vous êtes égaré dans l'informatique ? Vous pouvez changer de voie, même si c'est souvent difficile et long à réaliser. Quatre reconvertis témoignent.

Claire Chevrier , 01 Informatique, le 22/02/2006 à 07h00

Isabelle Renard : du support clients au Barreau de Paris

C'est la curiosité qui a poussé Isabelle Renard à devenir avocate. Elle menait des négociations avec des constructeurs et éditeurs informatiques au sein d'un grand groupe français. Et souvent, elle avait besoin d'assistance juridique.

« J'ai voulu comprendre les termes employés et pourquoi les juristes étaient si attachés à des notions dont l'importance m'échappait. J'ai donc décidé de suivre des cours de droit pour en comprendre le vocabulaire et les enjeux. » Pour Isabelle Renard, c'est alors une révélation : le droit la passionne. A tel point qu'elle se réinscrit d'année en année. Pendant cinq ans, elle mène de front une activité professionnelle et ses études.

Dès lors, au cours de cette période, son rythme de vie est extrêmement soutenu, car elle s'investit entièrement dans son projet. Après tous ces efforts, elle réalise qu'une évolution au sein de son entreprise s'avérera complexe. « Je n'étais pas intégrée au sein du service juridique, et je n'avais plus le profil d'un ingénieur classique. J'avais l'impression d'être sous-employée, ne pouvant pas utiliser mes nouvelles compétences. »

Isabelle Renard a alors l'intuition qu'en devenant avocate elle pourra valoriser sa double formation. Elle décide de sauter le pas et démarche différents cabinets. L'un d'eux lui fait une proposition trois jours après l'entretien ! Cela semble simple, mais Isabelle souligne qu'une reconversion demande beaucoup de ténacité et d'efforts. « On se sent parfois très seul, car la plupart des gens ne comprennent pas votre choix. J'étais ingénieur, j'avais un bon job... Pourquoi vouloir en changer ? Je crois qu'il faut s'écouter. Suivre son instinct. » Un quelconque découragement est interdit.

D'autant que, dans son nouveau métier, il lui faut faire ses preuves. Avec le recul, elle juge néanmoins sa reconversion totalement bénéfique. « A 49 ans, dans mon métier initial, je serais vieille. Alors que dans le métier d'avocat, on se bonifie avec l'âge, en acquérant légitimité et notoriété. » L'expérience y est un atout, pour lequel les clients sont prêts à payer.

Âge : 40 ans

Diplôme initial : ingénieur Enserg, docteur ingénieur (Paris-XII).

Anciennes fonctions : responsable d'affaires, responsable d'un département support clients, directeur des contrats.

Nouvelle fonction : avocate au Barreau de Paris.


Hervé Lange : de l'audit au développement durable

« Dans une reconversion, le plus dur est de faire le premier pas. On ne s'en rend pas forcément compte, mais la pression de l'éducation et de l'environnement social et familial exerce une influence structurante sur notre vie », remarque Hervé Lange. Il lui a fallu 40 ans pour réaliser cela.

Il entre dans une école d'ingénieurs pour rassurer sa famille. Il occupe ensuite divers postes en SSII puis en entreprise. « De fil en aiguille, j'ai rapidement obtenu des postes à responsabilité, mais je me suis laissé porter par les événements. Depuis plusieurs années, une sensation inconsciente, de ne pas être utile ou à ma place, était là. » Après quelques mois à un nouveau poste, il déchantait. « Anesthésié par les contraintes du quotidien, je ne prenais pas le temps de me demander pourquoi. »

Le tsunami de décembre 2004 est le déclic. Il devient bénévole pour l'ONG Plan international et découvre le développement durable. Mi-2005, il quitte la Française des Jeux, où il était cadre supérieur, et décide de tenter sa chance dans le développement durable. Il participe à des colloques, rencontre des responsables, etc. Il se rend compte que, dans les entreprises, les équipes de développement durable sont souvent restreintes et composées quasi exclusivement de collaborateurs issus de l'interne.

« J'ai pensé que mon projet tombait à l'eau, car intégrer une équipe de l'extérieur semblait presque impossible. » Mais les contacts qu'il a noués dans le secteur lui font connaître l'association Ethiconso. Il en devient le directeur général et travaille actuellement à sa transformation en société coopérative d'intérêt collectif.

Cette reconversion est un véritable pari. « Pour le moment, cette phase de création d'entreprise n'est pas rémunératrice. Ce qui suppose de s'organiser aussi bien en famille... qu'avec mon banquier ! Mais pour moi, le plus important est d'avoir enfin retrouvé la sensation d'être utile. »

Hervé se donne un an. Il décidera alors s'il poursuit ou non dans cette voie.

Âge : 40 ans

Diplôme initial : ingénieur généraliste Esme Sudria (option informatique).

Anciennes fonctions : ingénieur d'études, chef de projet, responsable de production informatique, consultant en organisation, auditeur.

Nouvelle fonction : directeur général d'Ethiconso, une association oeuvrant dans le développement durable.


Laurent Bittoun : de la technique à la création d'entreprise

Laurent Bittoun, ingénieur spécialisé dans la pétrochimie, est entré dans l'informatique par opportunisme. Il a occupé divers postes en SSII. Mais en 2004, le projet dont il devait être responsable tourne court. En intercontrat, le coeur n'y est plus. « En fait, j'en avais assez de la technique, et je voulais gérer ma propre entreprise. »

Il faut dire que c'est lui qui, en 2002, a poussé son père, qui posait du parquet, à se mettre à son compte. Depuis, soir et week-end, il assure toute sa gestion administrative. Dès lors, Laurent décide de le rejoindre, et prend un congé pour création d'entreprise. « Je suis arrivé dans un nouveau monde. Et il est vrai que j'ai parfois du mal à comprendre l'attitude des ouvriers. Pour être crédible, j'ai dû poser du parquet durant huit mois. »

Un bon moyen de faire ses preuves et de se défaire de l'étiquette « fils du patron » . Naturellement, il applique les règles de la conduite de projet à la gestion de son entreprise. Il fait évoluer la politique de rémunération en mettant en place un système d'intéressement et de prime. « Au début, cela a été assez mal perçu. Mais ce système s'est avéré très efficace, puisque, aujourd'hui et pour la première fois, notre entreprise est bénéficiaire » , se félicite-t-il.

Depuis son arrivée, la société a recruté quatre personnes, dont deux peintres, car il ne souhaite pas se cantonner à la pose de parquet. Même après des périodes de doute, il est heureux de goûter à la liberté d'avoir sa propre entreprise.

Âge : 32 ans

Diplôme initial : ENSIGC, ingénieur en génie chimique.

Anciennes fonctions : développeur, responsable de l'assistance technique, chef de projet en SSII.

Nouvelle fonction : chef d'entreprise (Tuxia Parquet).


Benoît Ehrenmann : des télécoms au management

Benoît Ehrenmann a décroché un MBA l'été dernier. Pour lui, c'est plus une évolution qu'une reconversion. Ce projet, qui lui a demandé trois ans, va donner un coup de fouet à une carrière qu'il souhaite réorienter. Jeune diplômé, la technique pure ne l'intéressait déjà pas outre mesure. Il se dirige donc vers des fonctions de marketing, où ses compétences d'ingénieur sont précieuses.

Mais l'expérience acquise sur le terrain n'est validée par aucun diplôme. « Après dix ans d'expérience professionnelle, j'étais prêt pour structurer et valider mes connaissances dans le domaine de la gestion d'entreprise et du management. J'ai donc décidé de suivre une formation MBA. » Mais pour concrétiser ce projet, Benoît, alors demandeur d'emploi, doit trouver une entreprise l'embauchant à temps partiel. Ce sera l'éditeur Qosmos. En parallèle, il rencontre de nombreuses personnes pour valider son projet. Il faut dire qu'il s'engage pour deux ans, et qu'il finance lui-même cette formation.

Au final, il lui faudra un an pour boucler son projet. « Accroître son expertise nécessite du temps et de la détermination, reconnaît Benoît. Mais le MBA est une aventure humaine et professionnelle passionnante. » Une expérience qui va donner une nouvelle dimension à sa carrière. Car si son diplôme d'ingénieur lui a permis de gérer les problèmes techniques, sa nouvelle formation lui donne les outils pour mieux appréhender la gestion d'une entreprise.

Âge : 36 ans

Diplôme initial : ingénieur télécoms.

Anciennes fonctions : directeur de projets, directeur marketing Europe.

Nouvelle fonction : responsable marketing et communication chez Qosmos.



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Elisabeth Montauzé (Apec) et Gérard Mathieu (Dynamique-cadres.org)



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