La France génère chaque année plus de 1,5 million de tonnes de déchets de produits informatiques, électroniques et électroménagers. Selon le Symavelec, le syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques, 90 % de ces déchets seraient enfouis sans être recyclés.
Le matériel retourné au constructeur ne subit pas un meilleur sort : de plus en plus souvent récupéré ou reconditionné pour être revendu, il est en partie acheminé vers l'étranger, donc difficile à pister.
Une directive européenne adoptée l'été dernier pourrait changer la donne. Ce texte contraint les constructeurs à assurer collecte, recyclage et valorisation des produits électroniques et électriques en fin de vie.
Il y a un an, certains fabricants (HP, Sony, Electrolux, Braun) ont pris les devants en s'unissant au sein d'une structure (l'European Recycling Platform) chargée de répondre à ces obligations. D'autres regroupements devraient voir le jour et recevoir des agréments dans le courant du premier semestre.
Mais face aux surcoûts du recyclage (15 euros pour un écran, 2,70 euros pour une imprimante), l'attitude des fabricants sera déterminante. Choisiront-ils d'allonger la durée de vie de leurs produits ou se contenteront-ils de répercuter ce coût sur le prix de vente ?
Difficile d'évaluer le nombre de produits qui, délaissés en France, partent chaque année vers le Tiers-monde. Une chose est sûre : si certains revendeurs peu scrupuleux continuent à racheter et exporter du matériel sans même l'examiner, le nombre d'acteurs sérieux, spécialisés dans le reconditionnement de ces machines, ne cesse d'augmenter.
Certaines associations comme AD3i distribuent gratuitement les ordinateurs qu'elles récupèrent. Des sociétés, comme ATF et Cidexport pour les ordinateurs, Fonebak pour les mobiles, vivent de la récupération du matériel obsolète auprès des entreprises ; ils le reconditionnent et le revendent à bas prix (de 15 à 25 euros le PC), principalement en Afrique.
' Garantie et disponibilité des pièces détachées ne sont pas obligatoires. '
Constructeurs et vendeurs sont-ils obligés de garantir leurs produits ?
Non. La garantie commerciale est par nature facultative. Elle peut varier de six mois à deux ans ou ne pas être proposée.
Doivent-ils fournir des pièces détachées ?
Non. Selon le Code de la consommation, ils doivent seulement avertir le client de la durée durant laquelle les pièces seront effectivement disponibles.
Puis-je exiger la réparation de mon produit sous garantie, en lieu et place d'un échange ?
Oui. Si le constructeur ne parvient pas à prouver que la réparation entraîne un coût supérieur au prix même du produit.
Les devis de réparation payants sont-ils légaux ?
Oui. Mais le client doit en être avisé. Par ailleurs, un réparateur doit obligatoirement proposer un devis (gratuit ou payant) s'il estime que le montant de la réparation excédera 150 euros.
Ai-je droit à d'autres garanties que la garantie commerciale ?
Oui. Outre la garantie de vice caché, valable à vie, l'acheteur peut invoquer la garantie légale de conformité dans les deux ans qui suivent l'achat. Cette garantie stipule que le produit correspond bien à la description du vendeur.
Si un défaut de conformité est déclaré moins de six mois après l'achat, ce sera même au vendeur de prouver l'absence d'un tel défaut à la délivrance du produit.
Il est de plus en plus fréquent que les pièces détachées, voire les consommables, coûtent plus cher que le tout nouveau modèle...
Charles Lemaire : ' faire réparer mon enregistreur de DVD m'aurait coûté le prix d'un neuf. '
Des pièces détachées vendues à prix d'or
Le prix des pièces détachées est parfois tellement élevé qu'il équivaut, ou dépasse celui de l'appareil ! ' Après une première réparation effectuée sous garantie, mon enregistreur de DVD Philips a de
nouveau présenté des problèmes de lecture et d'enregistrement, deux ans après l'achat. Ma garantie ayant expiré, le SAV m'a averti que l'échange du bloc de lecture-enregistrement me coûterait, au moins, 200 euros. Soit le prix d'un produit
neuf ', explique Charles Lemaire.
Conditionnement, stockage... ces pièces coûtent en effet plus cher à l'unité. Les têtes d'impression de certaines imprimantes Epson et Canon, par exemple, sont vendues plus de 150 euros ; elles coûtent presque trois
fois le prix des appareils d'entrée de gamme ! Pas la peine non plus de remplacer la télécommande défaillante d'un lecteur de DVD : il faut débourser au moins 40 euros, soit 10 euros de moins seulement que pour l'achat d'un
lecteur neuf !
Guillaume Bricourt : ' je change de téléphone mobile tous les ans, pour prendre un modèle plus performant. '
Du matériel qui devient vite obsolète
PC, baladeurs, imprimantes, écrans, appareils photo... dans la high-tech, la liste des produits dont les performances augmentent et les prix baissent est particulièrement longue. Symbole de ce renouvellement permanent :
les mobiles. Ils sont conçus, selon leurs constructeurs, pour fonctionner sept ans. Mais les consommateurs en changent tous les 18 mois en moyenne.
' Je cherche toujours à avoir le téléphone portable dernier cri. Je guette les nouvelles offres commerciales des opérateurs et quand un modèle m'intéresse, je n'hésite pas à me désabonner pour me réengager sur
un an maximum. Mon dernier mobile en date est un Sony Ericsson K750i. Je l'ai acheté en juillet dernier, et il est déjà presque dépassé ! ' note Guillaume, constamment à l'affût des nouveautés high-tech.
' Constructeurs et opérateurs poussent au remplacement : les premiers afin d'écouler leurs nouveaux modèles, les seconds pour faire évoluer leur parc vers des terminaux compatibles avec de nouveaux
services, plus rémunérateurs ', explique Pierre Antoine, analyste à l'Idate, un cabinet d'études.
Yann Beauger, Clermont-Ferrand : ' quand les cartouches de mon imprimante sont vides, je la revends et j'en achète une neuve. '
Des consommables hors de prix
Est-il préférable de changer les consommables usés ou de racheter un produit neuf ? La question peut paraître incongrue, mais on est en droit de se la poser quand on sait qu'une batterie de téléphone portable, par exemple,
coûte environ 40 euros, soit quasiment le prix de certains mobiles proposés en pack par les opérateurs ! Tout aussi surprenant : le remplacement de la lampe d'un vidéoprojecteur (souvent garantie 90 jours seulement !) revient à 400
euros pour des modèles vendus seulement 800 euros !
Mais la palme de l'absurde est décrochée sans conteste par les constructeurs d'imprimantes. ' Je possédais une petite imprimante Canon, et plutôt que de racheter un jeu de cartouches neuves à 50 euros,
j'ai préféré investir carrément dans une nouvelle machine. Il faut savoir que l'on trouve aujourd'hui des modèles premier prix à 60 euros... avec, en plus, des cartouches neuves ! ', explique Yann
Beauger.
Joël Blondelet : ' mon disque dur est irrécupérable : j'ai perdu 60 Go de données ! '
Racheter plutôt que faire réparer
Ahurissant : certains produits sont considérés comme irréparables ! Par exemple, s'ils coûtent moins de 100 euros ou si leur petite taille nécessite des interventions délicates. Encore sous garantie, ils sont
échangés contre des modèles neufs. ' J'ai acheté un disque dur externe Storex de 200 Go chez Carrefour. Le transformateur a grillé alors que le disque était encore sous garantie. Mais le SAV de Carrefour a refusé de le
réparer ou de le remplacer. Seules possibilités : me faire rembourser ou échanger mon disque en panne contre un neuf. Impossible de remettre la main sur mes 60 Go de données ! ', déplore Joël Blondelet.
Hors garantie, mieux vaut souvent racheter du neuf. L'exemple de l'iPod d'Apple est révélateur : sous garantie, il est échangé en cas de panne. Hors garantie, le constructeur ne prend en charge que les problèmes de batterie.
Pour toute autre réparation, Apple propose un modèle neuf à un prix inférieur à celui du commerce : 220 euros pour l'iPod nano, vendu 240 euros.

