si ton pote ne joue que dans ce genre de salles, ses ventes de disques ne lui permettent sans doute pas de vivre de sa musique et la licence globale lui permettrait au contraire de mieux se faire connaître sur le web tout en touchant une juste rémunération
Nous en avons discuté ensemble maintes fois et il ne partage pas votre opinion (ni moi d'ailleurs).
Le P2P ne fait rien connaitre de nouveau à personne... car pour télécharger quelque chose sur P2P, il faut déjà le connaitre à la base.
Sans connaissance de l'existance d'une chose, tu ne peux en effet pas trouver les mots-clefs qui te permettront de trouver une source pour télécharger cette chose sur P2P.
La seule chose que permet vraiment le P2P c'est de "tester" quelque chose qu'il connait mais qu'il n'a pas encore eu l'occasion d'écouter.
Mais ça... un simple site web le fait aussi, et il permet à l'artiste d'avoir en plus un véritable contrôle sur sa création (tant en tant que qualité de version proposée que de prix ou de dialogue avec les clients)
Bref, le P2P n'apporte rien de plus aux artistes.
oui, je l'affirme, il est possible de connaître à l'exemplaire près ce qui est téléchargé sur le P2P - et à plus forte raison sur un P2P légalisé
On ne peut connaitre à l'exemplaire près ce qui est téléchargé sur un P2P que si le client P2P utilisé inclus un système de statistique.
Or le problème, c'est que justement tu ne peux pas forcer les gens à utiliser un tel P2P et qu'en plus la majorité d'entre eux ne supporte pas les outils qui transmettent les détails de leurs actions à autrui...
Moralité, la pensée même d'avoir un chiffre fiable en la matière pour l'ensemble des internautes est une utopie... non pas en termes techniques, non... mais termes sociaux.
Penser que c'est possible, c'est ne pas avoir prété assez attention à la psychologie et aux habitudes des internautes.
De plus, contrairement aux P2P légaux actuels, un P2P basé sur la license globale n'aurait AUCUN moyen d'assurer la fiabilité de ces statistiques.
En effet, chaque dowload ne correspondant plus à un virement banquaire effectif, n'importe qui d'assez doué en informatique pourrait gonfler artificiellement le chiffre d'un artiste pour lui permettre de toucher une plus grosse part que ce qu'il devrait normalement (au détriment des autres artistes, bien entendu)
ce rapport présente un graphique sur la source des droits générés. Cette source se décompose ainsi :
33,5% : médias audiovisuels (passages télés, clips...)
20,5% : diffusion publique de musique enregistrée (bars, clubs,...)
19,5% : vente de disques, vidéos, sonneries de portable, plate formes de téléchargement dites "légales" <-- la part partiellement concernée par la licence globale.
9% : droits d'exploitation du catalogue français à l'étranger
8,5% : concerts (spectacle vivant)
7,5% : radio
7% : Redevance pour copie privée (celle que tant de gens aiment ici!)
2% : cinéma
Dites-moi si je me trompes, mais il s'agit là uniquement des droits d'auteurs, n'est-ce pas?
Donc loin, très loin, de l'argent réel qui circule et est nécessaire.
Or pointer le seul argent gagné par les artistes est peu significatif... De nos jours aucun artiste ne se vend vraiment bien tout seul.
Pour se vendre bien, il doit coopérer avec des commerciaux et des producteurs, c'est à dire des gens qui vont créer une source numérique de qualité et des gens qui vont faire connaitre que cette source existe à ceux qui n'en savent rien.
Ce sont les coût réels de ces trois choses et comment elles sont payées qui seraient réellement significatives... pas juste les droits d'auteurs.
De même que la politique de tarif unique 0,99€ / titre sur les plate formes commerciales type Itunes... ou est le droit à demander la rémunération que l'on souhaite la dedans ?
Dans le contrat intermédiaire entre l'artiste et le major.
Le major choisit le prix unitaire (0,99euros) et sur l'ensemble de l'argent gagné, l'artiste a obtenu le prix qu'il a demandé au major.
Cela ne sera strictement pas le cas avec une license globale.
La faisabilité sociale est totale : 75% des internautes pour payer cette licence (source :
www.lalliance.org).
1- Ce n'est pas "75% sont prêts à payer cette license" mais "75% PRETENDENT qu'ils sont prêts à la payet".
Faites très attention à la différence entre promesses et actes... Surtout dans un contexte où énormément de pirates cherchent n'importe quoi qui pourrait retarder la mise en place de mesures coercitives plus rigoureuses.
C'est facile de faire des belles promesses pour ne pas se faire taper sur les doigts... mais qu'elles soient tenues une fois arrivé le moment est un peu plus rare. ("Promis monsieur l'agent, je ferais plus jamais jamais d'excès de vitesse!")
2- Quand je parle de faisabilité sociale, je ne parle de totues façons pas de ce que les gens sont prêts à payer, mais ceux qui sont prêts à utiliser un P2P qui va aller rapporter à "Big Brother" tout ce qu'ils téléchargent sur le net
Je te répondrais même "Quid de la faisabilité sociale de la loi DADVSI sans licence globale" ?
Je n'ai jamais prétendu que la loi DADVSI était plus intelligente, mais ce n'est que le Charibe du Scylla qu'est la license globale: toutes deux abhérantes en terme de faisabilité, mais au moins la première respecte les droits fondamentaux des artistes.
Il existe des solutions un peu plus crédibles que cela, pourtant... Comme le principe du P2P semi-payant qui me semble assez réaliste.
Mais bien sûr, il faudrait pour cela que les deux camps soient prêts à faire un réel effort de conciliation vu que c'est à mi-chemin entre la piraterie et la vente en ligne à l'unité.
Enfin, toujours question faisabilité sociale, pourquoi ne pas constater ce qui se passe dans des pays aux législations répressives à ce sujet (USA en tete) ? : Plus de 11000 procès, sans que le marché du disque ne remonte (contrairement à la France d'ailleurs) ni que le P2P ne baisse (source : big champagne). Cela montre clairement que la répression n'est pas la voie à suivre si l'on veut défendre efficacement les ayants-droits.
C'est une conclusion hâtive, si je puis me permettre.
Ce n'est en effet pas parce que les chiffres ne s'améliore pas que l'effet n'est pas positif: si ca se trouve, sans les procès, ce serait 10 fois pire.
si cette étude avait eu lieu avant, nous n'en serions pas la.
Tout à fait exact.
Pour moi, débattre même de la question au parlement sans cette étude est de toutes façons une abhération: c'est comme décider de ce qui est juste sans rien connaitre les faits.
Ceci dit, cela ne règlerait pas le problème du droit fondamental de chacun de fixer le prix de son propre travail...
Simple : 1302 (millions d'euros) s'obtiennent en ponctionnant auprès de 8 (millions d'internautes) la somme de 13,56 euros par mois pendant un an (12 mois) (car 1302 / 12 / 8 = 13,56 ... à vos calculettes!) Oui, vous avez bien, lu. 13,56 euros, et les seuls internautes représentent non pas le benef mais le CHIFFRE D'AFFAIRES (hors taxe, il est vrai) de tout le disque francais en 2002 !
1- Tous les pirates n'ont certainement pas l'intention de passer à la license globale et une fois le P2P légalisé sous une forme, il sera presque impossible de les retrouver dans la masse des P2P légaux
2- Les 8 millions d'internautes ne sont pas tous des téléchargeurs
3- Sur le paquet restant qui, de bonne foi, pense réellement accepter la license globale, une bonne partie retournera sa veste quand elle verra combien elle doit payer une fois les deux première populations soustraites et qu'elle pourrait sans risque réel revenir à la piraterie et ne rien payer du tout
Une fois retiré toutes ces personnes, la license sera bien plus chère par personne... et plus elle sera chère, moins il y en aura qui voudront bien la payer, et alors plus elle sera chère ce qui fera qu'il y en aura encore moins de personne pour vouloir la payer... bis repetita ad vitam eternam.
Bref, ce calcul n'est pas vraiment significatif pour moi, car très peu réaliste.
La psychologie des concernés est un point fondamental que l'on ne peut en aucun cas négliger.
- La licence globale ne tuerait en rien le marché du disque "standard"
Ca, on en sait rien... Personne ne peut voir l'avenir sur ce plan.
Il y aura certainement des gens qui n'acheteront plus de CDs quand ils verront qu'ils peuvent le graver légalement pour bien moins cher et d'autre qui préfèreront la belle pochette ou même l'objet de collection que représente une édition original... mais combien y'en aura-t'il de chaque?
Dieu seul le sait.
- La licence ne devrait pas couvrir des frais devenus inexistants dans le monde numérique mais qui pesent lourd dans ce qu'il faut enlever au CA pour obtenir le benef dans le monde standard : Pressage, impression des pochettes, stockage, livraison des disques...
Mais pour chaque frais enlevé, on peut en rajouter un propre au monde numérique: Fabrication d'un P2P prioritaire, mise en place du système de license chez les FAIs, communication informative à la population, frais de gestions de l'organisme qui va devoir répartir la somme, part usuelle des banques sur ce genre de flux financier, mises à jour de sécurité, administration informatique de la base de données qui va stocker les informations sur le nombre de téléchargement... etc etc, je pourrais en citer sans doute vingt de plus de ce type.
En fait, sans étude crédible, rien ne prouve que les coûts totaux ne seront même pas plus haut qu'ils ne sont maintenant.
- La licence pourrait être payée partiellement par la pub intégrée au softs de P2P (rappel : TF1 se finance à 100% avec la pub, et sur vos SMS pour la starac, c'est vrai, et pourtant c'est une affaire plus que rentable...)
Et les téléchargeurs iront alors se servir d'un truc sans pub parce que ca les gonfle et qu'ils se diront que de toutes façons puisque le téléchargement est légal autant pas se faire chier avec....
- La licence pourrait être payée partiellement par le FAI (sous forme d'une offre commerciale).
Ca revient au même.
Les FAIs devront bien trouver l'argent pour payer, et leur seule source de revenus sont les utilisateurs... ils reporteront donc le coût sur eux.
- Le licencié pourrait accepter (optionellement) de voir ses comportements en ligne (goûts musicaux...) analysés a des fins d'études marketing, contre une ristourne sur le prix de la licence.
... ce qui nous renvoie au problème qui est que les gens ne sont pas tous prêts à accepter d'avoir Big Brother plugé sur leur P2P.
Rien n'est simple dans ce genre de sujet, il n'y a pas de solution miracle.
Les "ils suffit de..." ne sont que des illusions pour la plupart quand on a affaire à un problème de cette complexité...