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En matière d'intégration, l'industrie informatique ne manque pas d'imagination. Avec Corba, DCom, EAI, service Web, bus ESB, etc., les services informatiques sont outillés. Cependant, il ne suffit pas de relier les applications entre elles, encore faut-il qu'elles parlent la même langue ! Echanger des informations sur un client ou sur une facture implique que les applications donnent exactement le même sens à ces notions. Une solution consiste à bâtir un vocabulaire pivot. C'est l'option retenue par le pôle de financement et d'investissement du groupe Société Générale. La SG CIB (Corporate & Investment Banking) a ainsi élaboré un langage commun, sorte d'espéranto, pour l'ensemble de son système d'information.
Le projet débute en 2001 avec l'adoption du langage FPML (Financial Products Markup Language) dans le cadre d'un projet mettant en oeuvre plusieurs applications. Cette norme XML, propre au monde bancaire, standardise les échanges de traitement et de règlement des opérations sur les produits dérivés. Elle n'était toutefois pas assez riche en concepts métier pour le groupe français.
Définir les concepts une fois pour toutes
Dès 2002, la SG CIB crée SgcibML (SG CIB Markup Language), un dérivé de FPML enrichi et personnalisé afin de répondre à des besoins d'échange plus élaborés. « A l'occasion de cette seconde phase, nous avons défini environ 70 nouvelles entités de référence ou concepts métier », précise Christophe Dubreuil, administrateur du dictionnaire d'entreprise de la SG CIB.
Il est apparu rapidement que le travail d'analyse, préalable à la définition d'un concept métier, gagnait à être mutualisé. En référençant ces entités dans un dictionnaire partagé par l'ensemble de l'entreprise, la banque évite de refaire ce long travail de spécification à chaque nouveau projet. Les équipes fonctionnelles et techniques piochent dans le dictionnaire la définition des concepts métier manipulés par leur application. Elles évitent ainsi les discussions houleuses pour parvenir à un consensus et les pertes de temps en analyse et spécifications des besoins.
SgcibML ne se résume pas seulement à l'établissement d'un vocabulaire métier de référence. Ce format pivot sert également de passerelle entre l'existant et les nouveaux projets. Les anciennes applications, notamment sur grand système, sont, en effet, structurées autour de modèles de données qui leur sont propres. Assujettir cet existant aux concepts SgcibML aurait impliqué un fastidieux travail de redéveloppement. La SG CIB a préféré opter pour une approche à base de publication et de consommation.
Grâce à des mécanismes de transformation (mapping), développés pour l'occasion, chaque application existante produit en sortie des entités de données conformes au dictionnaire de l'entreprise. Concrètement, si pour l'application productrice le concept de prix s'entend sans la TVA, contrairement à la définition arrêtée par SgcibML, les mécanismes de transformation effectuent un calcul pour y ajouter le montant de la taxe. Le flux de données produit sera ensuite consommé par une ou plusieurs applications. « Nous évitons ainsi le "syndrome spaghetti" au niveau des données, explique Christophe Dubreuil. Les échanges en mode point à point entre les applications sont toujours synonymes de coûts en développement et en maintenance. »
Cette approche a aidé la SG CIB à tirer très rapidement les premiers bénéfices de la mutualisation des flux. Dans le cadre d'un nouveau projet, la société a réussi à alimenter 15 applications avec seulement quatre extractions de données de son back office. Une fois extraites, les données sont formatées par les mécanismes de transformation pour créer les entités SgcibML consommées par les 15 applications. La phase de développement s'en trouve considérablement allégée.
Cette approche économise également les ressources en phase de production. Des mécanismes de cache, de gestion de files d'attente et de verrouillage des données dans les bases viennent, en effet, compléter la fonction de traduction des données. Du coup, le back office, moins sollicité, n'a pas eu besoin d'être redimensionné pour faire face aux nouveaux besoins.
Conçu au fil des besoins des nouveaux projets, le dictionnaire SgcibML compte, aujourd'hui, entre 180 et 200 concepts métier. Chacun pouvant être défini par des centaines d'attributs. Leur nombre varie en fonction des contraintes des applications et évolue au fil du temps. « Nous avions besoin pour cela d'un langage souple capable de gérer une arborescence d'attributs pour formaliser notre dictionnaire », indique Christophe Dubreuil.
XML et XSD choisis pour la modélisation
La banque a retenu XML pour deux raisons principales : sa capacité à gérer des schémas arborescents et la possibilité d'utiliser directement le fichier de définitions dans les mécanismes de transformation des données. Chaque concept métier est, en effet, modélisé dans le langage XML et enregistré dans un fichier XSD (XML Schema Definition), standard servant à décrire la structure d'un document XML. Ce fichier est ensuite directement exploité par les développeurs lors de la conception des programmes de transformation.
Pour créer ses fichiers XSD, la SG CIB s'est appuyé sur XMLspy, l'éditeur XML d'Altova, en raison de sa simplicité de prise en main. « Les fonctionnels peuvent définir eux-mêmes leurs concepts métier en XML », souligne Christophe Dubreuil. Mais aucune solution spécifique n'est imposée. Le marché XML foisonne d'outils gratuits. Autre avantage non négligeable quand il s'agit de diffuser un programme à l'échelle d'une entreprise.
En pratique, l'équipe de quatre personnes, en charge du dictionnaire SgcibML, intervient régulièrement pour aider les fonctionnels à formaliser leurs concepts en XML. Elle assure également la maintenance du dictionnaire, stocké sous forme de fichiers XSD dans un système de fichiers, à l'aide du gestionnaire de versions Clearcase, logiciel de la gamme d'outils d'administration d'IBM Rational. Enfin, l'équipe a aussi conçu un outil de recherche pour retrouver facilement les concepts dans son dictionnaire ainsi qu'un portail accessible par les directions métier et les équipes informatiques. L'enjeu principal étant désormais de faciliter l'accès au dictionnaire pour encourager l'usage de SgcibML.
« Pas d'urbanisation sans ménage préalable dans les données. »
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« Le SgcibML s'inscrit dans le cadre d'un projet plus vaste d'urbanisation du système d'information. Or, cette dernière exige de faire le ménage au préalable dans les données.
Jusqu'à maintenant, dès l'apparition d'un nouveau projet, nous intervenions auprès des équipes concernées en insistant sur les gains de temps relatifs à la spécification grâce au travail déjà fait par SgcibML.
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Nous entrons, aujourd'hui, dans une phase proactive. Toujours avec le concours des équipes concernées, nous n'attendons plus les projets pour essayer de couvrir tous les concepts métier utilisés par le système
d'information. »
Le langage financier FPML.
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www.fpml.org/
L'organisme Swift et le standard d'interface et de messages utilisé par plus de 7 800 institutions financières.
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www.swift.com
Le livre blanc d'Octo sur la gouvernance des données.
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www.octo.com/fr/techno/wp_gouv.html
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