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Installée cette semaine par Jacques Chirac, l'Agence de l'innovation industrielle (A2I), destinée au financement des grands projets nationaux, pourrait constituer la base d'une instance européenne dédiée à l'innovation industrielle. Et confirmer ainsi que l'innovation est avant tout un processus d'échange qui transgresse les frontières entre les pays, les métiers et les entreprises.
La dernière livraison de l'enquête annuelle CSC/Usine Nouvelle est, sur ce point, formelle. Les responsables industriels en France ont pour priorité d'accroître la diffusion en temps réel des informations et de développer le travail collaboratif. « Les concepts d'entreprise étendue, d'agilité et de fluidité sont considérés comme des leviers de performance, dont les technologies de l'information sont une composante essentielle, notent les auteurs de l'étude. Parmi les technologies les plus prometteuses, la palme revient aujourd'hui encore à l'EDI (Echange de données informatisé). Suivi du trinôme Internet - Intranet - Extranet.
L'innovation passe par l'échange de données
Les innovations à base de mobiles et sans fil sont, elles aussi, à l'ordre du jour. Plus de 30 % des répondants affirment que, dans leur entreprise, un tel projet est en cours de définition. A moyen terme, en revanche, il est vraisemblable que les projets informatiques seront plutôt tirés par les logiques de réduction des stocks, de just-in-time et de reconfigurations de process. Environ 53 % des grands groupes manufacturiers comptent renforcer leur logistique. Notamment par le biais de la généralisation des puces RFID dans les entrepôts. Autre évolution envisagée, l'externalisation. Près des deux tiers des industriels français avouent avoir mis en place une cellule de réflexion à ce sujet. Mais très peu ont mis en pratique leur décision d'externaliser.
Attention, cependant. Si les innovations technologiques abondent, l'informatique des entreprises industrielles n'est toujours pas considérée comme « coeur de métier » par la plupart des managers. Contrairement à ce qui se passe dans les établissements financiers et, plus généralement, dans le secteur des services. « Les grandes entreprises industrielles investissent de 1,5 % à 2 % de leur chiffre d'affaires dans leur SI. C'est peu, comparé à la banque ou à l'assurance, qui misent sur 4,5 % à 6 % », déclare Denis Bourg, directeur associé chez Capgemini Consulting, en charge du secteur industrie.
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