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[ RÉSEAUX 3G ]
L'UMTS se limite à des usages précis
Les services de connectivité 3G souffrent de deux manques : couverture insuffisante et une offre réduite de terminaux.

Annabelle Bouard , Décision Informatique (n° 641), le 03/08/2005 à 07h00

Avant la disponibilité, fin 2004, des services UMTS, les transmissions de données à haut débit sur réseau cellulaire, se sont fait beaucoup attendre. Mais, depuis six mois, leur adoption dans le monde professionnel semble tout aussi lente. Les abonnés à l'UMTS sont moins nombreux que ce qu'espéraient SFR et Orange. En entreprise, les déploiements se cantonnent à des PC-Card pour PC portables.

Les besoins : le haut-débit en situation de mobilité

Aliapur, une entreprise qui assure la collecte des pneus usagés dans tout l'Hexagone, avait déjà équipé les PC portables de ses quatre responsables de secteur de cartes GPRS (Vodafone Mobile Connect Card) de SFR, afin qu'ils accèdent à leur messagerie et au système d'information de l'entreprise via un réseau privé virtuel (RPV). Lorsque l'opérateur a proposé son offre 3G, la société a été naturellement tentée par un débit supérieur et a commandé des cartes supplémentaires pour équiper l'ensemble de ses utilisateurs nomades, soit douze personnes au total.

Le Logement Français a également choisi des cartes VMCC : grâce à elles, ses gardiens d'immeubles éditent les états des lieux en temps réel et les remettent aux locataires en fin de visite. Une application développée en interne permet de gérer les contrats et les travaux pour des interventions sous 48 heures. Jusqu'alors, le gardien notait l'état des lieux et les demandes d'intervention sur papier et retournait saisir les informations sur le PC de sa loge, où un accès ADSL et un RPV lui permettaient de se connecter au serveur Citrix de l'entreprise. L'UMTS permet donc de gagner beaucoup de temps. Après une phase pilote concluante, l'entreprise déploie cette solution pour une centaine de gardiens. Elle en équipe également le personnel technique travaillant sur les chantiers, qui doit, entre autres, accéder à des plans assez volumineux.

À la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), le besoin est apparu en octobre 2004. La société venait de mettre en place un portail professionnel qu'il fallait présenter à environ 3 000 personnes réparties dans 33 régions. Les présentations, menées par trois intervenants nomades, devaient avoir lieu dans des hôtels, dans des cabinets ou au sein des compagnies régionales de la CNCC. Il leur fallait une connexion Internet à haut débit pour montrer l'utilisation du portail. Or, les salles de réunion n'étaient que rarement équipées de connectique réseau et d'un accès Internet. La CNCC a donc doté les PC portables des intervenants de cartes UMTS.

L'offre : plusieurs options au niveau des modes de facturation

Le service UMTS souscrit par Aliapur est facturé à la durée. La société a opté pour des forfaits de 16 heures pour ses responsables de secteur qui ont de gros besoins, et compte souscrire des forfaits de 2 heures pour le reste des équipes mobiles. Client SFR pour la voix, Aliapur a bénéficié d'une réduction de 9 % pour ses abonnements VMCC. Il s'agit de minutes mutualisées, c'est-à-dire utilisables par l'ensemble de la flotte.

Le Logement Français bénéficie de communications illimitées, une formule destinée aux environnements Citrix. « Nous n'aurions pas fait le pas vers l'UMTS sans ce mode de facturation. Nous souhaitions maîtriser les coûts », affirme Patrice Bara, responsable systèmes, exploitation, réseaux et télécom.

Pour la CNCC, les offres d'essai des opérateurs tombaient à point nommé. « Orange proposait trois mois de forfait quasi illimité, plafonné à 300 Mo, au moment où le rythme de nos présentations était au plus haut, soit entre octobre 2004 et janvier 2005. Ensuite, les premiers forfaits étaient de 10 heures non mutualisées », indique Luis Jeronimo, administrateur réseau de la CNCC.

La mise en oeuvre : aisée pour l'utilisateur, pas pour l'administrateur

Mieux vaut disposer d'un parc de cartes homogène. Aliapur en avait fait l'expérience avec le GPRS. « À cette époque, nous utilisions quatre modèles de cartes, ce qui rendait l'administration des postes et les mises à jour délicates. Certaines cartes étaient incompatibles avec nos tablettes PC d'origine HP. A priori, les cartes 3G fonctionnent avec l'ensemble de notre parc, qui comporte également des portables Sony VAIO », indique Thomas Duval, responsable informatique d'Aliapur.

Pour l'utilisateur comme pour l'administrateur, il est appréciable que le site Web de l'opérateur soit bien fourni en informations concernant l'assistance technique. « Celui d'Orange offrait des réponses aux interrogations éventuelles des utilisateurs, mais il n'apportait pas grand-chose de concret pour l'administrateur, notamment lorsque je cherchais des informations et des téléchargements de logiciels pilotes au début du projet. Il semble que les informations techniques aient été mises en ligne récemment, mais elles ne sont pas faciles à localiser, se situant dans une zone plutôt commerciale. Et je n'ai pas trouvé de section sur les questions techniques courantes et les problèmes connus », reproche Luis Jeronimo.

En ce qui concerne l'utilisateur final, l'emploi des cartes UMTS semble d'une simplicité enfantine. « L'application fournie avec la carte VMCC de SFR montre le type de réseau disponible et la qualité de la réception. On se connecte d'un simple clic », indique Patrice Bara.

Orange fournit l'équivalent avec Business Everywhere, qui gère également les connexions Wi-Fi lorsque l'on se trouve sur un hot spot de l'opérateur (tout comme la dernière version de la carte VMCC de SFR). « Dans l'idéal, il serait intéressant que le petit logiciel fourni avec la carte gère également la connexion à un réseau local, ce qui permettrait à l'utilisateur de voir tous les réseaux disponibles au travers de la même interface », note Luis Jeronimo.

A quand la tout-automatisation ?

Manque aussi un niveau d'automatisation supérieur. « Le repli de l'UMTS sur le GPRS se fait automatiquement chez un même opérateur, mais ce n'est pas le cas pour le passage à une connexion Wi-Fi, c'est à l'utilisateur de s'en charger, souligne Damien Rilliard, chef de projet mobilité chez l'intégrateur Ipelium. Par ailleurs, les logiciels fournis par les opérateurs ne permettent pas d'associer une application à un mode de connexion, alors que les applications ont des besoins différents, notamment en termes de bande passante. Or, il n'est pas concevable de laisser à l'utilisateur le soin de juger quelle est la connexion appropriée », ajoute-t-il.

C'est pourquoi Ipelium a développé, pour l'un de ses clients, un gestionnaire de connexions appuyé sur Business Everywhere ou un autre logiciel du même type, et qui détecte en permanence la nature et l'état des connexions disponibles. En fonction de ces informations, il fournit une liste d'applications utilisables. « Bien souvent, les entreprises disposent de plusieurs outils d'accès, y compris pour une même application, par exemple, dans le cas de la messagerie, le mode synchronisation, l'accès en ligne, ou le client lourd. Notre gestionnaire de connexions assure que les outils logiciels utilisés sont bien adaptés au débit disponible, pour un confort d'utilisation maximal », explique Damien Rilliard.

Les limites : couverture insuffisante et terminaux peu nombreux

La couverture UMTS est généralement jugée satisfaisante dans les grandes agglomérations. Mais, il en est autrement dans les zones plus reculées. Le repli vers une connexion GPRS peut dépanner, mais, selon l'application, le débit moindre n'autorise parfois que des fonctions limitées. Ainsi, le Logement Français ne peut pas, dans ce cas, effectuer d'impressions sur Citrix MetaFrame. « La compression des éditions est assez faible et il faut transmettre toutes les données, contrairement aux fonctions d'affichage qui se contentent d'informations de rafraîchissement. De plus, il arrive que les imprimantes gèrent mal les délais. Nous avions déjà eu des problèmes pour les impressions Citrix via une connexion RNIS à 64 kbit/s », indique Patrice Bara. Or, le GPRS affiche des temps de latence deux à trois fois plus élevés que ceux de l'UMTS.

Pour la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, le repli sur le GPRS ne sert à rien, car le débit du GPRS est insuffisant pour l'usage voulu. La couverture UMTS a donc constitué un critère de choix essentiel lors de la sélection de l'opérateur. À l'époque des tests, SFR ne couvrait que neuf agglomérations, tandis qu'Orange desservait vingt et une agglomérations correspondant aux compagnies régionales de la CNCC.

Par ailleurs, le service UMTS semble un peu moins satisfaisant dans les zones où la clientèle est plus dense. « Nous avons eu davantage de problèmes en plein coeur de Paris, à côté de Châtelet, qu'à Lille ou à Dijon, par exemple », indique Luis Jeronimo. Il a constaté une amélioration de la couverture depuis l'automne 2004, mais s'inquiète quelque peu de voir Orange promouvoir Edge. « L'opérateur semble vouloir l'utiliser pour compléter son réseau UMTS, et je me demande, du coup, si les déploiements concernant ce dernier ne vont pas ralentir », s'interroge Luis Jeronimo.

Des contraintes matérielles

Autre problème évoqué par les entreprises utilisatrices, le manque de diversité des terminaux. Lors des essais, le Logement Français avait utilisé des tablettes PC tc1100 de Compaq, surtout destinées, à terme, au personnel technique (lire encadré). Pour les gardiens, la société préfère opter pour des Netbook Pro de Psion avec Windows CE, matériels moins susceptibles d'éveiller les convoitises. Mais ces terminaux n'accueillent que des PC-Card 16 bits, alors que les cartes UMTS sont en 32 bits. En attendant que les constructeurs de terminaux installent les nouvelles cartes, la seule solution est de se rabattre sur des services et des cartes Edge, de Bouygues Telecom, car celles d'Orange sont en 32 bits. « Le débit d'environ 120 kbit/s d'Edge pourrait suffire, même si, avec un débit deux fois supérieur, l'UMTS serait plus confortable », estime Patrice Bara.

Autre limite au niveau des terminaux : les PDA ne bénéficient pas encore de connectique UMTS. Or, c'est précisément un PDA durci qu'Aliapur souhaite retenir lorsque sa nouvelle application - destinée à la saisie des informations de collecte par les chauffeurs - sera opérationnelle. « Nous hésitons entre trois terminaux d'autant de constructeurs, qui ne sont pour le moment disponibles qu'en version GPRS. Les constructeurs nous ont affirmé être en train de les porter vers l'UMTS, mais ces versions ne seront pas disponibles avant 18 à 24 mois », indique Thomas Duval. L'application sera donc pleinement déployée en 2006.

En attendant, Aliapur va démarrer en GPRS avec des forfaits de 20 Mo mensuels par utilisateur. Les informations transmises seront dans un premier temps peu volumineuses, avec seulement quelques données chiffrées sur les quantités de pneus collectés. Elles se présenteront sous forme de fichiers texte. Plus tard, le passage à l'UMTS permettra d'envoyer des photos, « pour qualifier et documenter les problèmes que les chauffeurs peuvent rencontrer sur le terrain, par exemple des pneus mal entreposés », explique Thomas Duval.

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1- Un débit proche de celui de l'ADSL

Avec un débit de 250 à 300 kbit/s, l'UMTS permet quasiment de faire oublier à l'utilisateur qu'il est en déplacement, puisque ce débit se rapproche de ce qu'il a pu connaître avec l'ADSL d'entrée de gamme.

2- Un repli vers le réseau GPRS

Pour remédier à la couverture incomplète de l'UMTS, les opérateurs assurent une bascule automatique vers le réseau GPRS, qui couvre une grande partie de l'Hexagone. Le débit est inférieur, environ 40 kbit/s, et les temps de latence bien plus importants, mais cela permet de continuer à réaliser des opérations peu exigeantes au niveau du réseau, comme la synchronisation de messagerie ou de base de données.

3- Un choix limité de terminaux

On trouve à l'heure actuelle deux grandes familles de terminaux UMTS : les téléphones et les smartphones, dont l'usage professionnel tourne surtout autour de l'accès à la messagerie électronique ; et les PC-Card 32 bits pour PC portables. Les PDA sont pour le moment laissés pour compte, et les entreprises qui tiennent à les utiliser n'ont d'autre solution que de les relier à un téléphone UMTS, via Bluetooth, par exemple.

4- Une couverture encore insuffisante

La principale doléance des entreprises ayant souscrit un service UMTS pour des applications professionnelles concerne l'insuffisance de la couverture dans les zones reculées. Et, bien que celle-ci se soit améliorée, elle reste encore essentiellement cantonnée aux principales agglomérations.



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