La technologie de marquage RFID (Radio Frequency Identification) n'est pas réservée aux objets mobiles. Pour preuve, les platanes, marronniers et autres arbres bordant les rues de la capitale que la mairie de Paris a équipés de ce type de puce. Avec, pour objectif, de permettre aux jardiniers et aux bûcherons de les localiser plus facilement, de les identifier grâce à un terminal adéquat et, surtout, d'accéder directement à leur « dossier médical personnalisé » contenu dans une base de données centrale.
En effet, contrairement à leurs cousins qui poussent dans les parcs et les squares (et qui ne sont pas concernés par ce marquage), les arbres des rues sont sujets aux agressions extérieures (pollution, dégradations, etc.) et font donc l'objet de soins réguliers.
La gestion informatisée des arbres a commencé à Paris dès 1996. « Chaque arbre avait déjà une fiche phytosanitaire, saisie dans une base de données rudimentaire. Sur un alignement de 300 ou 400 arbres, si le bûcheron en ratait un, il devait recompter depuis le début pour repérer l'arbre qu'il cherchait. La localisation géographique s'imposait », explique Caroline Lohou, chef de la circonscription à la Direction des parcs, jardins et espaces verts à la mairie de Paris. Pour identifier les arbres, un transpondeur a été préféré aux codes à barres ou aux étiquettes, trop facilement sujets au vandalisme.
Concrètement, la puce RFID a la forme d'un cylindre de verre de 2 cm de long et est placée dans l'arbre à 2 cm de profondeur. Cette puce, accessible en lecture seule, ne contient qu'une information, un numéro d'identification. La lecture est possible jusqu'à 15 cm de distance : compte tenu de la croissance d'un tronc d'arbre, la puce sera lisible pendant de nombreuses années. Aujourd'hui, tous les arbres disposent d'une puce, sauf les plus jeunes.
Une base de données mieux renseignée
En 2000, il est décidé de faire migrer la base de données maison vers une base Oracle, hébergée par la Direction des systèmes et technologies de l'information (DSTI) : « La base initiale contenait certaines caractéristiques de l'arbre, telles que la date de plantation et son état sanitaire. La nouvelle base nous a permis d'ajouter d'autres informations, comme les interventions des bûcherons sur l'arbre : arrosage, élagage, fertilisation, traitements, ancienne adresse si l'arbre a été transplanté », décrit Caroline Lohou.
Sur le terrain, les bûcherons disposent depuis le début de l'année d'une tablette PC Itronix avec écran tactile. Celle-ci héberge une version répliquée de la base de données et est couplée à un SIG. La synchronisation entre la base centrale et la base Oracle9i Lite des tablettes PC s'effectue pendant la nuit lorsque les terminaux sont posés sur leur station d'accueil. Un gain appréciable quand on songe que la base initiale n'était auparavant mise à jour qu'une fois l'an, à partir de listings papier. Le client 9i Lite est également installé sur un poste fixe, à des fins d'administration, ainsi que sur d'autres PC de la Direction des parcs et jardins.
Les bûcherons informatisés
« Pour accéder aux informations concernant un arbre, le bûcheron passe un lecteur RFID au-dessus du transpondeur. Son numéro d'identification est envoyé par liaison Bluetooth vers la tablette PC. Un logiciel développé par la société IDS récupère les données dans la base et les affiche à l'écran », explique Caroline Lohou.
Concernant l'ergonomie, « L'interface utilisateur de la tablette est constituée de boutons et menus déroulants, accessibles grâce à un stylet », indique Caroline Lohou. Le SIG permet aussi d'accéder aux arbres depuis les postes fixes. Certaines opérations sont en effet réalisées sur les PC par les agents de maîtrise : par exemple, sélectionner une rue pour indiquer que tous les arbres ont été élagués plutôt que de procéder unité par unité à partir des puces RFID.
Le projet a été mis en place en collaboration avec les bûcherons, et semble bien accueilli. La mise au point du logiciel a pris un peu de temps, un premier appel d'offres, lancé en 2002, s'étant révélé infructueux, aucune solution proposée ne convenant en termes de prix ou de fonctionnalités. C'est lors d'un second appel d'offres en 2003 qu'a été choisie la société IDS, avec laquelle la Direction des parcs a précisé les fonctions à attendre du logiciel. Il a fallu corriger des erreurs présentes dans l'ancienne base ou apparues lors de la migration.
Un gain de temps
Aujourd'hui, le système apporte un gain de temps considérable, en évitant beaucoup de paperasserie. « En trois minutes, l'agent de maîtrise peut trouver tous les arbres de moins de trois ans qu'il faut arroser, et donner à ses gars une carte précise. Avant, il devait procéder par recopie de plan en indiquant les arbres au stylo rouge », relève Caroline Lohou.
D'autres fonctions sont désormais possibles. Comme de permettre aux surveillants de travaux de localiser les arbres abattus dont il faut enlever la souche, et de détecter des canalisations de gaz ou d'eau dans le voisinage de l'arbre. Il est également possible de générer des bilans indiquant tout ce qui a été planté entre deux dates précises. Le système apporte une meilleure connaissance des arbres d'alignement, notamment en repérant les essences à risque et les arbres en mauvais état, susceptibles de tomber lors d'une tempête. Il permet également d'effectuer des statistiques « lors des élections notamment, une période pendant laquelle chaque maire souhaite savoir combien il a d'arbres, pourquoi il en a moins que l'arrondissement d'à côté, et s'ils sont en bonne santé », confie Caroline Lohou.
D'autres villes empruntent la même voie que la mairie de Paris, comme Strasbourg, qui a démarré son programme après la chute d'un platane lors d'un orage qui avait fait treize morts en juillet 2001.
Activité :
gestion et entretien des espaces verts de la capitale.
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Effectif :
3 800 personnes.
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Budget :
214 millions d'euros.
380 000 euros, pour le projet dans son ensemble : 41 tablettes et lecteurs de puces RFID et 14 postes fixes équipés du SIG et du logiciel d'interface IDS. Prix d'une tablette : 4 000 euros HT
environ.
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15 tablettes et 6 postes fixes sont actuellement en activité.
Identification immédiate de chaque arbre.
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Le
« dossier médical personnalisé »
de chaque arbre est mieux renseigné qu'auparavant et accessible directement.
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Moins de paperasserie pour les agents de maîtrise.
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Possibilité d'effectuer des statistiques.
1996 :
décision d'identifier les arbres.
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1998 :
les premières puces sont posées.
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2000 :
début de la migration des fiches de chaque arbre vers une base Oracle.
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2002 :
tous les arbres sont munis d'une puce. Fin de la migration de la base de données.
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2005 :
fin de la période des tests et déploiement des tablettes PC.
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