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Orange teste l'urgence médicale assistée par satellite
Une centaine de testeurs expérimentent un système de téléassistance médicale associant téléphonie mobile et localisation par GPS.

Jean-Baptiste Dupin , 01net., le 04/07/2005 à 19h28

Le temps a beau s'être rafraîchi après les premières chaleurs de l'été, la problématique de l'aide aux personnes les plus fragiles mise en évidence par la canicule demeure. Dans ce contexte, la téléassistance, qui permet d'entrer en contact avec un service d'aide en cas de problème, est une des solutions les plus efficaces. Des systèmes existent déjà, mais Orange et Axa Assistance annoncent le lancement d'un projet expérimental dans la ville d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) qui fait franchir un nouveau cap au concept.

Jusqu'à présent, les systèmes classiques de téléassistance utilisaient les lignes de téléphonie fixe comme canal de communication et étaient donc réservés à un usage domestique. Qu'il s'agisse en effet d'un simple système de téléalerte - sans véritable communication possible - ou d'un dispositif téléphonique à part entière, on ne pouvait s'éloigner au plus d'une centaine de mètres de la prise sur laquelle était branché le boîtier-relais.

Depuis le mois de mars, Orange et Axa Assistance expérimentent un nouveau service qui ne bride plus les déplacements de ses abonnés puisqu'il est basé sur le réseau de téléphonie mobile (GSM). L'abonné est en fait équipé d'un téléphone mobile légèrement modifié. Tout d'abord, l'appareil intègre une antenne GPS qui permet de repérer son propriétaire. Le couplage du GPS et du GSM permet à la fois d'affiner le positionnement et de l'accélérer (le temps de chargement des coordonnées GPS est ramené à quelques secondes grâce à une première localisation par GSM).

Des capteurs pour prendre le pouls ou la température du corps

Deuxième innovation : le téléphone dispose d'un bouton d'alerte sur lequel deux pressions rapides suffisent à lancer la procédure d'assistance. L'appel est dirigé vers un centre d'Axa Assistance où un opérateur est informé de l'identité et de la position de l'appelant. Cette mise en relation rapide et personnalisée lui permet d'évaluer la nature de l'appel, son urgence et ainsi d'alerter les services d'intervention adéquats (le Samu ou les pompiers par exemple).

Cette expérimentation, prévue pour se dérouler sur une période de six à douze mois, doit permettre aux deux partenaires d'évaluer la technologie, les usages et le coût du dispositif avant d'envisager un déploiement à plus grande échelle. Une centaine de testeurs âgés de plus de 65 ans seront recrutés sur la base du volontariat.

D'autres systèmes sont à l'étude, notamment à l'étranger. Ils mettent en oeuvre des capteurs de données personnelles et physiologiques (mouvement, chute, pouls, tension, température corporelle...) ou environnementales (température extérieure, pollution...). Ainsi, à Rome, quatre mille personnes viennent d'être équipées d'un bracelet qui tient une clinique au courant de l'évolution de certains paramètres physiques et déclenche une alerte en cas d'anomalie.

Passer le cap de l'expérimentation

Les projets de téléassistance, aussi séduisants soient-ils, ont peu de chance de connaître rapidement un développement de grande ampleur, comme le souligne Christophe Boutineau, directeur général adjoint de Filassistance, filiale de la CNP et de GMF Azur spécialisée dans la téléassistance et secrétaire général de l'Afrata (Association française de téléassistance). « Dès que l'on sort du domicile ou que l'on manipule des données médicales, se posent de gros problèmes légaux et de responsabilité pour des opérateurs privés », remarque-t-il.

Le rôle de l'opérateur de téléassistance est en effet de coordonner l'action des services publics d'intervention, pas de se substituer à eux. Il faut donc d'une part que les uns et les autres se mettent d'accord sur le rôle de chacun, dans le respect de la loi, et d'autre part que la technologie fournisse des données suffisamment fiables pour que les acteurs privés puissent engager leur responsabilité, ce qui n'est pas encore le cas.

Resterait alors à régler le problème, qui n'est pas le moindre, du financement de tels services. « Bien entendu, nous sommes attentifs à toutes les évolutions technologiques, mais des appareillages très simples permettent déjà de rendre des services immenses. Et seulement deux cent mille des deux millions de personnes potentiellement concernées sont équipées en France aujourd'hui », conclut Christophe Boutineau.



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