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Les secrets du très haut débit
DébitMax, ADSL Max, ADSL2+, jusqu'à 8 ou 20 mégabits... Vous ne comprenez rien aux nouvelles offres ADSL ? Les voici expliquées en détail.
Olivier Lapirot , Micro Hebdo, le 30/06/2005 à 07h00
Où sont donc passées les offres ADSL claires et nettes, proposant un débit précis de 512, 1024 ou 2 048 kbit/s ? Pourquoi les fournisseurs d'accès nous vantent-ils des débits jusqu'à 8 ou 20 Mbit/s ? Que signifie ce « jusqu'à », et pourquoi un tel écart ? Ces imprécisions sont dues à l'existence de deux versions de la technologie ADSL. On connaît déjà celle qui permet d'atteindre 8 Mbit/s. Le faramineux débit de 20 Mbit/s correspond, lui, à une nouvelle technologie en cours de déploiement.
Petit rappel historique
Pour comprendre cette envolée des débits, un petit historique technologique s'impose. L'ADSL utilise l'infrastructure de nos vieilles lignes téléphoniques : la simple paire de fils de cuivre qui relie physiquement chaque abonné au central dont il dépend. C'est la « boucle locale ». Quand on passe un coup de fil, la conversation est transmise sur les fils avec un signal électrique analogique. Le téléphone de nos grands-mères utilise une gamme de fréquences basses comprises entre 400 Hz et 4 kHz pour véhiculer la voix. Cette plage très étroite laisse inutilisées les fréquences supérieures. Le principe de l'ADSL est simple : il tire parti des fréquences libres pour véhiculer des données sous la forme d'un signal non plus analogique mais numérique. Les fréquences du téléphone et de l'ADSL étant distinctes, il est même possible de téléphoner tout en surfant sur Internet.
Les débits étaient bridés...
La bande passante de l'ADSL s'étend de 14 kHz à 1,1 MHz. Les fréquences entre 14 kHz et 140 kHz correspondent à l'émission de données. Au-delà, jusqu'à 1,1 MHz, elles sont dévolues à la réception. De la largeur de la bande de fréquences (en gros, 1 MHz en réception pour l'ADSL) dépend le débit maximal obtenu. Pour la technologie ADSL, ce débit théorique est de l'ordre de 8 Mbit/s : exactement le débit vanté par les publicités des fournisseurs d'accès ! Jusqu'à l'an dernier, les débits proposés étaient en fait bridés. Pourquoi ? D'abord, parce qu'au lancement de l'ADSL, il fallait assurer le bon fonctionnement de l'ensemble. Ensuite, parce que des débits aussi élevés n'avaient pas d'intérêt en soi il y a 5 ans. La guerre commerciale et le développement des usages d'Internet ont enfin incité les fournisseurs d'accès à proposer le maximum de 8 Mbit/s.
8 Mbit/s ? Pas pour tous !
Tout le monde peut-il bénéficier de ces 8 Mbit/s ? Non, car le débit réel dépend surtout de la longueur des fils de cuivre jusqu'au central téléphonique. Plus la distance est grande, plus le signal véhiculé est sujet à affaiblissement. Ce qui diminue le débit. Pour l'ADSL, les 8 Mbit/s sont une réalité uniquement pour les foyers situés à moins de 1500 mètres du central. Au-delà, le débit chute (voir schéma). Les offres « jusqu'à » tant de Mbit/s - comme celles affublées du terme « max » - sont à comprendre comme une garantie de bénéficier du débit techniquement le plus élevé possible.
Et l'ADSL évolua à 20 Mbit/s
Fin 2004, l'ADSL2+ apparaît en France. Le but : augmenter encore le débit. Pour cela, l'ADSL2+ augmente le nombre de fréquences véhiculant les informations. L'allocation est la même, sauf en réception : la bande passante double de largeur, pour aller jusqu'à 2,2 MHz, ce qui fait exploser le débit maximal théorique à 20 Mbit/s ! Ce nouvel ADSL exige des modifications mineures des équipements, surtout au niveau des centraux téléphoniques, où il faut changer les cartes ADSL des Dslam . Seul bémol : ce débit de 20 Mbit/s est disponible pour très peu de foyers. Car l'ADSL2+ est aussi soumis à l'affaiblissement lié à l'éloignement, avec une contrainte supplémentaire : plus les fréquences sont hautes, plus l'affaiblissement est prononcé. Les éligibles aux réels 20 Mbit/s de l'ADSL2+ sont donc encore moins nombreux. Et passé le premier kilomètre, le débit maximal théorique s'effondre à des niveaux similaires à ceux de l'ADSL (voir schéma) .
Et bientôt... un nouvel ADSL !
Au-delà de 5 km d'éloignement, il est impossible de bénéficier de l'ADSL ou de l'ADSL2+. Mais depuis l'annonce du Reach Extended ADSL (Re-ADSL), l'espoir renaît pour les oubliés du haut débit. Il ne s'agit plus d'augmenter le débit, mais d'améliorer la portée, à savoir dépasser les 5 km actuels. Le Re-ADSL utilise les mêmes fréquences que l'ADSL, soit de 14 kHz à 1,1 MHz. Mais alors que les fréquences des signaux ADSL et ADSL2+ bénéficient toutes d'une puissance identique, le Re-ADSL introduit un déséquilibre : les fréquences les plus basses sont renforcées au détriment des fréquences les plus élevées, ce qui permet de diminuer l'affaiblissement et de conquérir plusieurs centaines de mètres supplémentaires. En pratique, le Re-ADSL pourrait permettre, d'ici à la fin de l'année, à près de 500 000 foyers français d'accéder à un débit de 512 kbit/s. Les autres pourront se tourner vers des solutions alternatives comme l'Internet par satellite.
Débit
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Quantité d'informations circulant par unité de temps. Le débit se mesure en bits par seconde (bit/s), en kilobits par seconde (kbit/s) ou en mégabits par seconde (Mbit/s). Aujourd'hui, on qualifie de haut débit les
connexions Internet qui offrent des débits descendants (en réception) de 512 kbit/s à 2 Mbit/s, et de très haut débit celles qui dépassent 2 Mbit/s.
Dslam
Digital Subscriber Line Access Multiplexor
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Présent dans les centraux téléphoniques, le Dslam est un répartiteur qui fait la jonction entre la boucle locale propre à chaque abonné et les réseaux téléphoniques ou ADSL du fournisseur d'accès.
Pour vous faire une idée du débit maximal auquel vous pouvez prétendre, rendez-vous sur le site www.degrouptest.com Entrez votre numéro de ligne fixe ainsi que le code postal de votre commune, et le site vous renseignera immédiatement sur la longueur de votre boucle locale, les débits que vous pouvez espérer obtenir et les offres des FAI qui vous concernent.
Les données échangées entre le micro de l'internaute et le Web utilisent le protocole IP et sont transmises sous forme de paquets. Jusqu'à présent, les débits annoncés par les fournisseurs d'accès (FAI) correspondaient à des « débits IP », c'est-à-dire à la vitesse de transmission de ces paquets comme l'internaute peut la percevoir. Sauf que pour circuler sur la boucle locale, les données utilisent un autre protocole appelé ATM. Les paquets IP sont rempaquetés dans des paquets ATM, qui circulent à la même vitesse, mais sont légèrement plus gros. Du coup, certains FAI n'annoncent plus un débit IP, mais un débit ATM.
Une piètre astuce qui permet de gonfler artificiellement les annonces de très haut-débit. Ainsi un débit ATM de 10 Mbit/s correspond en réalité à un débit IP classique de 8 Mbit/s... Il n'y a pas de miracle : les contraintes techniques de la boucle locale sont les mêmes pour tous les FAI.
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