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Réaliser son bilan carbone
Marie-Christine Marquat
Réaliser son bilan carbone
Marie-Christine Marquat,
Caractère,
le 20/12/2008 à 00h00
La profession conduit depuis plus de dix ans une réflexion sur le développement durable et saisit ce nouvel outil comme une opportunité.
Responsables et mobilisés, une fois encore les imprimeurs se lancent dans une nouvelle aventure, l'analyse de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Au contraire des papetiers, qui n'ont pas bien su communiquer auprès du grand
public et gardent, malgré tous leurs efforts, l'image de destructeurs de forêts, les imprimeurs, eux, ont su transmettre, cahin-caha, depuis une dizaine d'années, une image positive. La fibre écologique s'est peu à peu enracinée dans le coeur des
chefs d'entreprise à travers Imprim'Vert.
Les avancées technologiques encadrées par des constructeurs et des imprimeurs ont offert aux métiers graphiques une nouvelle impulsion. Les équipes ont appris les bons gestes. Certains sont allés au-delà et ont mobilisé chaque membre
de l'entreprise afin d'obtenir la norme environnementale 14001, tels IME (Baume-les-Dames, 25), Agir Graphic (Laval, 53), Grenier (Gentilly, 94), Deux-Ponts (Bresson, 38), Wauquier (Bonnières-sur-Seine, 78), Delort (Castanet Tolosan, 31), Dugas IPC
(Villeurbanne, 69), Goubault (La Chapelle-sur-Erdre, 44), IMAV (Feyzin, 69), Impression Durable (Gennevilliers, 92), Point 44 (Champigny-sur-Marne, 94), Raynard (La Guerche-de-Bretagne, 35) ou encore la Sego (Taverny, 95).
La certification de la chaîne de contrôle des approvisionnements de papier certifiés FSC et PEFC semble rencontrer le même succès médiatique qu'Imprim'Vert, car ces logos apposés sur les imprimés soulignent l'engagement conjoint du
donneur d'ordre et de son prestataire. Quelques imprimeurs investissent dans la construction de bâtiments haute qualité environnementale (HQE), comme le groupe Corlet (Condé-sur-Noireau, 14), Quadriscan (La Brillanne, 04) et Pure Impression
(Montpellier, 34).
Une démarche responsable
Le Bilan Carbone s'inscrit donc dans la démarche d'une entreprise responsable qui veut mesurer sa sensibilité par rapport à l'énergie et aux transports. Ainsi, au vu de son bilan, un imprimeur au milieu des champs réfléchira par deux
fois avant, par exemple, de s'équiper en numérique. Les courts tirages impliqueraient pour lui plus de transport et un Bilan Carbone revu à la hausse. À l'exportation, la question va se poser, car les kilomètres parcourus vont peser sur
l'entreprise. Des partenariats locaux et lointains pourraient être préparés, dès aujourd'hui, afin de minimiser les coûts à venir.
Les imprimeurs ont su apprendre à gérer leurs déchets, leurs pollutions chimiques, rejets, effluents, etc. Dans la plupart des cas, ils sont arrivés à maîtriser les niveaux sonores, et certains comme BM (Canejan, 33) ont réalisé leur
Bilan Carbone dès que les outils ad hoc ont été disponibles.
Ce bilan n'est qu'une pièce d'un puzzle général qui doit permettre de réduire le volume d'émissions d'abord au niveau national puis au niveau mondial. Le premier bilan peut faire apparaître quelques lacunes qu'il faudra tenter de
combler par la suite, mais il se veut exhaustif et ne doit pas négliger les déchets. Le transport pèse sur les résultats, car les émissions sont calculées en fonction des kilomètres parcourus (aller et retour), quels que soient le cas et les
tonnages véhiculés. Il ne faut pas, non plus, intégrer dans les résultats des transports déjà pris en compte dans un autre Bilan Carbone. Il n'est donc pas question de comparer son bilan à celui du voisin. Cela n'offre aucun intérêt. Seuls les
moyens utilisés pour réduire ces émissions intéressent.
Les donneurs d'ordre ont, eux aussi, découvert cet outil, telles de grandes marques du luxe comme Louis Vuitton. Une fois établi, le bilan fournit un tonnage équivalent CO
2
. Il faut alors trouver comment compenser
efficacement les émissions calculées et préparer les solutions à mettre en place pour améliorer les prochains résultats. Parmi les expériences intéressantes, signalons celle menée par le groupe Prisma Presse, qui compte d'ici la fin de l'année
apposer le label FSC ou PEFC sur tous ses titres et qui en conduit les bilans. Cet été, l'éditeur a souscrit, pour ses compensations carbone (notamment les déplacements aériens des équipes en 2007 ; 850 tonnes en équivalent
CO
2
), au projet Action Carbone de l'association GoodPlanet.org créée à l'initiative de Yann Arthus-Bertrand, et finance ainsi un projet au Sénégal.
Une compensation volontaire
L'association travaille directement avec les porteurs de projet pour la constitution de leur portefeuille de crédits carbone (vérifié). À ce propos, GoodPlanet rappelle que la Charte de la compensation volontaire de l'Ademe définit la
compensation comme
« un mécanisme de financement par lequel une personne physique ou morale substitue partiellement ou totalement une réduction à la source de ses propres émissions en achetant auprès d'un tiers une quantité
équivalente de crédits carbone. Le principe sous-jacent à la compensation carbone est qu'une quantité donnée de gaz à effet de serre émise dans un endroit peut être " compensée " par la réduction ou la séquestration d'une
quantité équivalente de GES en un autre lieu. Ce principe de la neutralité géographique est au coeur des mécanismes mis en place par le protocole de Kyoto »
.
Mais, avant de compenser, il faut faire son bilan. Quatre responsables d'entreprise ayant une typologie différente (imprimeur en continu, imprimeur offset et hélio, brocheur) nous parlent de leur premier Bilan Carbone.
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L'essentiel
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La mise en oeuvre |
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Avant toute chose, définissez le périmètre de l'étude. Préparez vos équipes à l'analyse des postes concernés. Et choisissez un responsable qui pourra être guidé et formé par le prestataire extérieur, agréé par l'Ademe, que vous
aurez choisi.
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Les moyens |
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La méthode Bilan Carbone permet de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre, émissions directes ou induites par votre activité. L'outil Bilan Carbone comprend un tableau Excel principal, des utilitaires et des manuels
d'utilisation des différents tableurs.
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Le budget |
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L'Ademe subventionne les entreprises. Le coût de la prestation est plafonné à 15 000 euros. Une aide maximale de 50 % peut être accordée après instruction du dossier par l'organisme.
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L'objectif |
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Le premier diagnostic permet de hiérarchiser les postes d'émissions en fonction de leur importance et il servira de conducteur afin de mettre en place les actions les plus efficaces de réduction des émissions.
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« Offrir une première prise de vue de nos émissions »

Hervé Baly
, responsable qualité sécurité environnement de l'imprimerie Didier Mary, groupe CirclePrinters (77).

Sophie Duez
, responsable qualité sécurité environnement à Hélio Corbeil (94).

CA 2007 Didier Mary :
187 millions d'euros.

CA 2007 Hélio Corbeil :
31 millions d'euros.

Effectif Didier Mary :
580 salariés.

Effectif Hélio Corbeil :
148 salariés.
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« Un système de récupération des calories émises par les générateurs d'air comprimé »

Nuno Barata
, directeur technique du groupe Brofasud (Bondoufle, 91).

CA 2007 :
8,2 millions d'euros.

Effectif :
70 salariés.
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« Le taux de remplissage des véhicules est un des plus délicats à établir »

Julien Moran
, consultant qualité et environnement d'IPBI (Lagny-sur-Marne, 77).

CA 2007 :
8,5 millions d'euros.

Effectif :
35 personnes.
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« Améliorer les résultats en jouant sur différents leviers »

Pierre Ballet
, cogérant de Printimage & Co (Paris XIII
e
).

CA 2008 :
3,8 millions d'euros.

Effectif :
18 personnes.
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