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Les rotatives de presse
Guillaume Prudent
Les rotatives de presse
Guillaume Prudent,
Caractère,
le 19/11/2008 à 00h00
Face à la concurrence d'Internet, le journal se cherche un nouveau look plus conforme aux attentes des annonceurs et des lecteurs. Désormais, la plus grande flexibilité des rotatives doit aller de pair avec une plus grande productivité.
Avec l'arrivée d'Internet, on a beaucoup parlé de la fin du papier et du quotidien en particulier. Pourtant, la concurrence exacerbée entre les médias ne voit pas systématiquement le triomphe des cybermédias aux dépens de l'imprimé.
Il y a d'ailleurs longtemps que des éditeurs de presse se sont lancés avec succès dans l'aventure d'Internet, développant en même temps de nouveaux produits ou services.
Si la publicité en ligne a tendance à prendre le pas sur celle de l'imprimé (notamment pour les petites annonces dans les quotidiens), on note toutefois la montée en puissance de nouveaux produits imprimés tels que les journaux
gratuits qui touchent de nouveaux groupes cibles et génèrent des volumes de publicités supplémentaires.
En effet, l'essor spectaculaire des journaux gratuits compense, du moins en partie, la baisse des tirages payants dans de nombreux pays. Le consommateur pratique depuis longtemps déjà le mélange des genres pour s'informer ou acheter,
sans en avoir toujours conscience. S'il apprécie l'univers coloré et la rapidité d'Internet, il n'en éprouve pas moins l'envie de se relaxer à la lecture de son journal favori, ailleurs que devant son écran.
La presse en plein bouleversement
L'imprimé demeure un vecteur fort d'informations et de publicités. La concurrence entre les médias stimule l'imagination des consommateurs mais aussi celle des acteurs impliqués, donnant naissance à des idées, modèles et concepts
d'avenir qui viennent enrichir le secteur de l'imprimerie. Les techniques mises au point donnent davantage de valeur ajoutée au journal pour offrir une qualité supérieure pouvant séduire les annonceurs. Les rotatives récemment installées sont
désormais configurées pour faire un maximum de pages en quadrichromie. En France, les investissements, assez nombreux ces dernières années, répondent à plusieurs objectifs : monter les titres en qualité, favoriser la proximité géographique et
réduire les coûts de fabrication. L'arrivée d'une nouvelle rotative coïncide souvent avec une réduction du format du journal. La tendance au petit format est indéniable. Grand nombre d'entreprises de presse européennes, et maintenant aussi
américaines, passent au format berlinois ou à des formats tabloïd spéciaux.
Outre la maniabilité, avantage important, ces formats sont adaptés aux suppléments, magazines et aux travaux de labeur pour des commandes de sous-traitance. En principe, il est possible d'imprimer des produits tabloïds sur n'importe
quelle rotative double laize. Les rotatives pour produits tabloïd peuvent être associées à des équipements d'agrafage pour apporter une plus value aux produits et faciliter leur manipulation.
L'une des tendances constatées dans l'industrie de la presse consiste à doter des sections ou des rotatives entières de sécheurs heatset et autres matériels pour s'ouvrir les portes des marchés du semi-commercial (tels les journaux
immobiliers). On voit là l'intention d'obtenir un meilleur taux de charge des rotatives, qui, la nuit, impriment les journaux et, le jour, des produits de type labeur (encarts publicitaires pour la distribution, suppléments, etc.).
Pour les produits imprimés en mode semi-commercial, l'actualité et la communication rapide de l'information importent plus que le plaisir visuel éprouvé en feuilletant le produit. Même pour l'oeil critique du producteur, une
impression acceptable suffit sans la qualité supérieure d'une rotative labeur classique.
Bien des entreprises de presse qui exploitaient des rotatives labeur sous-traitent maintenant les suppléments ou produits similaires. Mais, elles peuvent, en investissant dans une machine semi-commerciale raisonnablement équipée,
économiser des coûts et élargir la base de leur activité.
Un grand éventail de techniques
Afin de répondre à la diversité des demandes, les constructeurs de rotatives proposent des concepts très variés en termes de laize, de développement, de productivité et d'encombrement. À cela s'ajoute une foule de dispositifs :
changement automatique ou semi-automatique des plaques, laize variable, encrage numérique, système de contrôle qualité, mouillage par pulvérisation, flux d'impression entièrement contrôlé par logiciel, rotative offset sans eau compacte et bientôt la
gravure intégrée. Avec de tels équipements, les centres d'impression améliorent la flexibilité de leur offre, tout en réduisant leurs frais de main-d'oeuvre, la gâche et les coûts de fabrication unitaires. Toutes les techniques tendent à atteindre
les mêmes objectifs, à savoir une baisse des effectifs, une réduction des coûts de production, autant d'automatisation que possible, une réduction de l'intervention subjective, et un contrôle des processus intégré tout au long du flux du prépresse.
Sur ce dernier point, il est fort à parier que l'industrie de la presse parviendra bientôt à l'intégration de tous les systèmes de production, une pratique que les autres industries ont déjà adoptée.
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L'essentiel
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Comprendre la technologie |
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Déclinées dans de nombreuses paginations et configurations, les rotatives de presse bénéficient désormais de nombreuses fonctions automatiques et du système de contrôle du repérage. En offset humide ou en offset sec, en tours en H
ou satellite, elles font l'objet de nombreuses évolutions.
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Guide d'achat |
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Bien connaître ses besoins permet de mieux trier parmi les offres proposées. Les distinctions entre les marques de rotatives demeurent assez restreintes, l'équipement étant assez similaire. L'encombrement de la machine joue
souvent un rôle décisif dans le choix final.
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L'avis des utilisateurs |
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Malgré un contexte souvent peu favorable, les éditeurs ont beaucoup investi ces dernières années notamment pour renforcer leur capacité quadri et réorganiser leur production.
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Le lexique
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Encre coldset :
ce terme désigne un processus dans lequel les encres sèchent naturellement par évaporation.
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Encre heatset :
cette appellation signifie un processus dans lequel les encres sèchent rapidement grâce à des systèmes de séchage d'air forcé.
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Impression 4/4 :
on parle de l'impression quadrichromie recto verso.
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Développement :
cette caractéristique technique évoque la circonférence des cylindres.
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Barres de retournement :
cet équipement permet de changer le sens de défilement de la bande de papier.
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Régulateur :
dispositif indispensable sur une rotative, car il permet de garder stable la bande dans la presse et d'offrir une bonne qualité du repérage. Une régulation imparfaite génère des défauts tels que la
variation du repérage, le mouvement de bande transversal ou le doublage.
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Production avec ou sans accumulation :
dans un procédé sans accumulation, le feuillet est immédiatement éjecté en faisant un deuxième pli perpendiculaire au pli du cône. En effet, dans un procédé avec
accumulation, la feuille n'est pas éjectée tout de suite. Elle est conservée et au tour suivant se trouvera derrière une autre. Ce qui permet de faire deux cahiers (par exemple à l'intérieur d'un quotidien, on aura un supplément sport).
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Plieuse x:x:x :
Le premier x représente le coupeur (le diamètre du cylindre de coupe). Le deuxième x évoque le premier cylindre des cahiers et le dernier correspond au dernier pli.
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