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applications Web
Google prépare un service de traduction faisant appel à des humains
La société teste une plate-forme permettant d'obtenir des documents dans la langue de son choix, grâce à de véritables traducteurs.
David Maume,
01net., le 05/08/2008 à 17h00
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Très nombreux sur Internet, les sites de traduction automatique qui proposent de convertir une page Web ou un document bureautique d'une langue vers une autre sont finalement peu utilisés par les entreprises, faute
d'efficacité.
Conscient des attentes en la matière, Google - qui propose pour sa part un service automatisé baptisé Google Translate - a décidé de faire appel à des traducteurs en chair et en os, équipés d'un cerveau et
de dix doigts.
Le blog américain Blogoscoped a en effet découvert que le géant de l'Internet expérimentait discrètement un service collaboratif de traduction baptisé Google Translation Center. Bien que ce dernier ne soit pour l'instant
accessible qu'à un public restreint, Blogoscoped a publié
la FAQ de Google
présentant le service, ainsi que des captures décrivant en détails son fonctionnement.
Une interface conçue pour faciliter le travail des traducteurs
Google Translation Center propose ainsi aux personnes qui souhaitent traduire un document de remplir un formulaire qui décrit leur projet.
Celui-ci permet d'indiquer la langue source et la langue cible souhaitées, de charger le document à traduire, de fixer une date de remise souhaitée et surtout de solliciter des traducteurs et des relecteurs potentiellement situés
aux quatre coins du monde.
Une fois la demande effectuée, Google fournit un outil de suivi indiquant l'avancement de la traduction sous la forme d'un pourcentage du travail réalisé.
Les traducteurs et les relecteurs ont quant à eux accès à une interface collaborative permettant d'éditer facilement le document et sa traduction (ils sont affichés en vis-à-vis) en profitant d'outils dédiés intégrés et
notamment d'un outil de traduction automatique censé s'améliorer au fur et à mesure que les traductions réalisées par des humains augmentent. Plus de 40 langues (parlées par 98 % des internautes selon Google) seraient ainsi
prises en charge par la version bêta privée du service.
La mise en relation est gratuite mais certains traducteurs pourront demander à être payés
D'après les informations de Blogoscoped, les traducteurs pourront être des professionnels demandant une rétribution ou des volontaires bénévoles souhaitant par exemple bénéficier de l'interface du site pour traduire
efficacement à plusieurs un document. Un système de classement devrait permettre d'identifier les traducteurs les plus sollicités, voire les plus compétents.
Selon les conditions d'utilisation publiées dans la version bêta (qui peuvent évidemment changer dans la version finale), Google n'entend pas prélever de commission sur les transactions entre clients et traducteurs. Il
devrait vraisemblablement se contenter de diffuser de la publicité ciblée ce qui reste son modèle d'affaire privilégié.
« Il s'agit d'une rumeur (*) que nous ne souhaitons pas commenter pour l'instant »,
nous a indiqué un porte-parole de Google France. Le géant américain n'a
visiblement pas apprécié l'initiative de Blogoscoped puisqu'il a partiellement désactivé la page d'accueil de la version bêta de son
Google Translation Center.
Une mauvaise nouvelle pour les plates-formes payantes
Bien qu'encore officieux, le projet ne manquera pas d'inquiéter les sociétés qui mettent en relation des entreprises et des prestataires de service en échange d'une commission comme Companeo, Bobex ou ePresta en
France.
La traduction est en effet une part importante de leur activité.
« L'arrivée d'un acteur de la taille de Google n'est évidemment pas une bonne nouvelle mais nous restons confiants dans la
mesure où nous effectuons un gros travail de qualification pour nous assurer que nos clients trouvent des prestataires qui répondent à leurs besoins »,
explique par exemple Olivier Winzelberg, directeur associé
d'ePresta.com.
(*) Article mis à jour le 7 août. Contrairement à ce qui nous avait été indiqué initialement, Google ne confirme pas l'existence de ce service, dorénavant qualifié de "rumeur" et non plus de "fuite".