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logiciel
Sérieux coup de frein pour le progiciel en ligne de SAP
Plate-forme, mise en oeuvre, réseau de distribution... Rien ne va pour Business ByDesign, qui devait prendre son envol en 2008.
Gilbert Kallenborn,
01net., le 30/04/2008 à 17h35
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C'est un beau rétropédalage. En annonçant ses résultats financiers pour le premier trimestre 2008, l'éditeur SAP a avoué qu'il lui faudrait plus de temps pour diffuser Business ByDesign (BbD), son
premier PGI en mode Saas
(software as a service,
ou « mode
hébergé »).
150 clients dans le monde
Destinée aux PME de 100 à 500 employés, cette solution est disponible à ce jour en test dans six pays, à savoir la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et l'Inde. Selon le journal allemand
Frankfurter Allgemeine Zeitung,
l'éditeur aurait capté 150 clients pilotes dans ces contrées. Il était prévu que cette solution soit progressivement étendue au reste du monde au cours de cette année. Au niveau commercial,
l'objectif initial était d'atteindre un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars pour 10 000 clients d'ici à 2010.
Mais SAP a visiblement mal calculé son coup. L'éditeur allemand annonce qu'il lui faudra de 12 à 18 mois de plus pour atteindre ses objectifs. Par ailleurs, il concentrera dans un premier temps ses efforts commerciaux sur les
six pays déjà couverts et ne compte pas distribuer la solution ailleurs avant 2009. Pire, SAP table en 2008 sur un nombre total de projets pour BbD largement inférieur aux 1 000 prévus. En langage économique, cela s'appelle un bide.
La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre. Ce retard commercial a été jugé très décevant par les analystes financiers. Certains journaux économiques parlent d'un « choc ». En conséquence, le cours de
Bourse a instantanément baissé de 5,6 % par rapport à hier.
Bien analyser les retours d'expérience
Chez SAP, pourtant, on se veut rassurant.
« Nous ne sommes pas très pressés, car nous n'avons pas de concurrent dans ce domaine. Nous voulons, avant tout, assurer la bonne qualité du
produit »,
affirme Pascal Rialland, directeur général de SAP France. L'éditeur avoue que la plate-forme sous-jacente de cette nouvelle solution en ligne était encore trop chère pour assurer une rentabilité à grande
échelle.
Par ailleurs, la reprise des données existantes chez les clients ne se fait pas encore de manière satisfaisante, et la mise en oeuvre se révèle plus compliquée que prévu. Enfin, l'adaptation des partenaires et des forces de vente
internes à ce nouveau modèle économique n'est pas encore au point. En clair, rien ne va.
L'éditeur préfère donc avancer pas à pas. Il veut maintenant analyser en détail les retours d'expérience des clients avant de passer à la vitesse supérieure. Un éventuel plantage pourrait être fatal, d'autant plus que le développement
de BbD lui a déjà coûté plus de 300 millions d'euros.
Sur ce point, la société de Walldorf s'ouvre une petite porte en précisant que
« les technologies qui ont été développées pour BbD seront intégrées dans les solutions existantes »,
avec des
revenus significatifs à la clé. Tout n'est donc pas perdu.