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Si l'on en croit les prévisions du cabinet d'analyse Gartner, la vague de l'open source n'est pas prête de se briser. Au contraire, les logiciels libres vont se généraliser, à tel point que les entreprises ne sauront même plus qu'elles en utilisent. A l'occasion de l'Open Source Summit (1), le cabinet américain a pronostiqué que, d'ici à 2011, plus de 80 % des logiciels commerciaux vont contenir des briques de logiciels libres.
Ce taux élevé risque d'effrayer les détracteurs de l'open source, car cela signifie que, dans quelques années, personne ne pourra plus s'en passer. Prédiction folle ? « La tendance d'une généralisation des logiciels libres existe effectivement. Et 80 % est un taux plausible », confirme Eric Brisson, directeur du groupe de travail Open Source au sein du Syntec Informatique.
Le principe du moindre effort
Pour coloniser la planète logicielle, les Pingouins, les Gnous (GNU, GNU is Not Unix) et autres animaux de l'open source vont s'appuyer sur un principe bien connu des physiciens : celui du moindre effort. Si de plus en plus d'éditeurs ont tendance à intégrer des logiciels libres dans leurs produits, c'est parce qu'ils permettent de mutualiser les efforts et de gagner du temps.
« Le modèle de développement open source est très efficace pour produire des briques logicielles de base que les éditeurs peuvent facilement encapsuler dans leurs propres offres », explique Stéfane Fermigier, PDG de l'éditeur open source français Nuxeo. L'éditeur pourra se différencier par la manière dont il intègre ces briques de base et par les fonctions avancées qu'il implémentera par-dessus.
Toutefois, cette alchimie logicielle est loin d'être simple. L'interopérabilité entre les briques n'est pas toujours garantie. Les nombreuses licences libres - plus d'une soixantaine sont certifiées par l'Open Source Initiative - compliquent le schéma. Ainsi, beaucoup d'éditeurs évitent la licence GPL, qui est pourtant la plus utilisée. Comme elle oblige à distribuer sous licence GPL tout logiciel propriétaire mixé avec un logiciel GPL, elle ne permet pas de garder secret certaines parties du code.
Les éditeurs, qui veulent protéger leur spécificité, se rabattent donc sur d'autres licences, telles que BSD, Apache, Eclipse, etc. Elles sont plus flexibles et permettent, notamment, de choisir la licence du produit intégré final. Ainsi, un éditeur pourra tranquillement utiliser des briques open source, développer une partie propriétaire par-dessus et commercialiser le tout sous une licence commerciale traditionnelle.
Garder le contrôle sur les actifs logiciels
Pour les utilisateurs finals, cette diffusion massive de logiciels libres n'est pas sans poser quelques problèmes. Certaines entreprises n'acceptent pas ces applications, estimant que la communauté n'est pas un garant suffisant pour la pérennité technique d'un produit. D'autres encore sont anxieuses quant aux conséquences juridiques relatives aux licences ou aux brevets.
Face à la généralisation de l'open source, ces entreprises devront donc redoubler d'efforts pour garder le contrôle sur leurs actifs logiciels. « L'utilisation d'un logiciel libre devra être évaluée en fonction de plusieurs critères comme la maturité du projet, le type de licence, le dynamisme de la communauté ou la proximité avec le coeur de métier », précise Erice Brisson.
(1) Organisé par le Gartner, l'Open Source Summit a eu lieu du 19 au 21 septembre à Las Vegas.
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