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FTTH : l'Arcep s'efforce de baliser le terrain
Au-delà de l'opportunité de se lancer dans le Fiber to the home (fibre optique jusqu'à l'abonné) et du flou autour des investissements à consentir, le régulateur tricolore préconise une mutualisation du génie civil et du câblage des immeubles.

Henri Bessières , 01 Réseaux (n° 167), le 01/12/2006 à 00h00

C'est peu dire que le très haut débit est dans l'air du temps et que les annonces se multiplient, en France ou à l'étranger. Après celle de Free, qui prévoit d'investir un milliard d'euros dans le FTTH dans les zones les plus denses, essentiellement à Paris, France Télécom ne devrait pas tarder à réagir. Un contexte dans lequel de nombreux intervenants se mobilisent, tout en observant de près les stratégies déployées hors de nos frontières, en particulier aux États-Unis et au Japon. Quant à l'Arcep, sans avoir de position définitive sur la régulation de cette infrastructure (hormis de lui conserver un caractère ouvert), elle vient de lancer une campagne de sensibilisation afin de pousser les différents acteurs à mutualiser certaines ressources comme le génie civil et les fourreaux. « Nous souhaitons que se crée un contexte favorable au développement des réseaux à très haut débit en favorisant la mutualisation du génie civil, et notamment la réutilisation, si elle s'avère possible, des fourreaux existants dans la boucle locale. Si ces mesures s'avèrent efficaces, elles éviteront, dans une large mesure, la recréation d'un monopole sur la boucle locale fibre » , a déclaré Paul Champsaur, le président de l'Autorité de régulation, à l'occasion des récentes Journées internationales de l'Idate.

Il est vrai que l'Arcep avait, quelques jours auparavant, créé la surprise en chiffrant à 2 000 euros le coût moyen d'un raccordement en fibre optique, compte tenu du poids du génie civil. Un ordre de grandeur à relativiser cependant puisque ce poste - qui peut atteindre la moitié de l'investissement à consentir - est à géométrie variable selon la configuration du réseau, la préexistence de fourreaux, la possibilité de passer par les égouts, etc.

Le calendrier du déploiement à définir

Autre préconisation du régulateur : la mutualisation du câblage interne des immeubles compte tenu du niveau de l'investissement (de l'ordre de 350 euros par prise). Bref, une mutualisation de ces coûts permettrait, à condition que les différents acteurs jouent le jeu, d'abaisser significativement les barrières à l'entrée. « 2007 sera l'année de la bataille des syndics de Paris » , pronostique-t-on ironiquement chez France Télécom...

Au-delà de la valse des chiffres (oscillant entre 600 à 3 500 euros selon la topographie du pays, la configuration du réseau, l'ampleur du déploiement et la technologie retenue), le calendrier reste à définir. « La question n'est pas de savoir si on déploie de la fibre jusqu'à l'abonné, mais quand » , relève Michael Kunigonis, responsable des produits d'accès de Corning, qui constate que le prix des raccordements optiques aux États-Unis est tombé de 2 câblo-opérateurs000 $ en 2004 à 800 $ aujourd'hui. Un ordre de grandeur que confirme l'opérateur américain Verizon, qui s'est lancé dans un vaste plan de déploiement visant à raccorder dix-huit millions de foyers d'ici à 2010 moyennant un investissement global de 23 milliards de dollars. « C'est clairement un outil de reconquête du marché [face aux câblo-opérateurs, NDLR] », explique Terry Denson, vice-président de Verizon, en charge de la stratégie et du marketing du projet. Une analyse qui fait peu ou prou penser à la démarche de NTT au Japon, le FTTH étant censé créer une rupture par rapport à l'ADSL, afin de ramener au bercail les millions de clients partis à la concurrence, notamment chez Yahoo!

Free manifeste un intérêt soudain pour la quatrième licence UMTS

Alors que ses dirigeants répétaient à l'envi que « le cellulaire n' [était] pas [leur] métier » , Free vient de manifester un intérêt pour la quatrième licence UMTS, toujours en jachère. Difficile cependant de savoir à quel jeu joue l'opérateur, par ailleurs titulaire de la seule licence WiMAX nationale. Un contexte dans lequel l'articulation entre WiMAX nomade, WiMAX mobile (avec possibilité de déployer du 802.16e sans pouvoir offrir de services correspondants) et UMTS n'est pas évident. Et cela, d'autant moins que les candidats ne se bousculent guère autour de cette licence à 619 millions d'euros (hors coût de déploiement du réseau).



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