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Avec son nouveau serveur de messagerie Exchange 2007, fraîchement commercialisé, Microsoft promet un produit plus abouti. Normal. Les nouveautés portent sur l'administration en grappes, la maintenance, la protection contre les virus et les pourriels, la messagerie unifiée et l'exposition de fonctions sous la forme de services web. Malgré ces atouts, les entreprises ne souhaitent pas forcément acquérir à terme cette offre, aussi complète soit-elle.
Dans le cadre de notre banc d'essai, nous avons donc examiné trois scénarios de migration depuis Exchange Server 2003, vers les serveurs logiciels Lotus Domino Express 7.0.1 d'IBM et MailServer 6.1 de Kerio, ainsi que vers le boîtier Message Server M50 de Mirapoint. Et ce, pour un périmètre de 500 boîtes aux lettres ou bien pour 250 utilisateurs.
Pourquoi migrer ? Les prix jouent un rôle. Car le serveur Exchange 2003 de Microsoft, hors environnement, est facturé plus de 17 000 € HT suivant notre périmètre de test, et ce, hors modues optionnels, tels que le client HTTP Microsoft Outlook Web Access. Les alternatives testées sont nettement plus économiques. Ainsi, à périmètre comparable, le serveur MailServer de Kerio est vendu 4 369 € HT, tandis que le boîtier Mirapoint coûte 4 830 € HT.
Seul le serveur Domino Express, destiné aux PME, est plus onéreux avec un prix de 24 342,50 € HT. Celui-ci s'explique par la présence de modules optionnels de workflow documentaire et de bases de connaissances. Par rapport à la version standard, cette version est limitée à 1 000 utilisateurs et ne fonctionne pas en grappes.
Une migration poste par poste
Autre raison de migrer, la volonté de s'équiper de serveurs alternatifs, indépendants du fournisseur Microsoft. Contrairement aux idées reçues, la migration s'effectue facilement, mais reste consommatrice de temps, car elle se fait poste par poste. En effet, en l'absence de logiciels qui centralisent la migration, celle-ci repose sur l'installation d'un outil dédié sur un poste, disposant d'un client Outlook et connecté au serveur Exchange.
Cet outil permet d'importer la liste des comptes depuis le contrôleur de domaine Active Directory, puis les données de messagerie à partir du serveur Exchange 2003. Cet écueil pourra être contourné par l'utilisation d'un logiciel de télédéploiement et de prise de contrôle à distance. L'outil de migration d'IBM est facilement paramétrable par profils, tandis que celui de Kerio effectue son travail de migration de manière automatique et peut aussi s'installer directement sur Exchange 2003. Quant à celui de Mirapoint, il est constitué de scripts Perl, et nécessite l'intervention d'un technicien qui va gérer la migration.
Dans tous les cas, l'authentification du poste qui a migré s'effectue à l'aide du contrôleur de domaine Windows et de l'annuaire Active Directory. Les solutions Lotus Domino Express et MailServer M50 sont les plus performantes dans la migration des comptes, car elles peuvent travailler en parallèle avec le serveur Exchange, ce qui facilite un plan de transition transparent pour l'entreprise.
A l'issue de la migration, les serveurs alternatifs récupèrent tous la quasi-totalité des informations stockées au sein du serveur Exchange : courriels, boîtes aux lettres avec leurs quotas de stockage, réunions, tâches et notes. La solution de Mirapoint est la seule à ne pas récupérer les calendriers partagés. Point faible, après migration, les courriels ne sont plus chiffrés par le serveur de Kerio, ce qui est préjudiciable en termes de sécurité.
Autre obstacle lors d'une migration, la conservation des attributs de messages est problématique. Par exemple, aucune des solutions de ce comparatif ne récupère la totalité des indications graphiques qui indiquent qu'un courriel est important, qu'il a été lu ou transféré. Les boutons de réponse proposés par le client Outlook 2003 restent cependant actifs après migration au sein des serveurs alternatifs. Seul le serveur d'IBM importe les abrégés et les raccourcis de noms d'utilisateurs. Un procédé pratique qui permet d'identifier un utilisateur à partir de son acronyme.
En matière fonctionnelle, IBM et Kerio ont développé des connecteurs pour exploiter les fonctions principales du client Outlook 2003. IBM assure, en supplément de l'offre standard de Microsoft, des fonctions de workflow documentaire et une base de connaissances déjà évoquée. Kerio gère très bien les fonctions du client de Microsoft et se démarque en matière de tri et de suivi des tâches.
Pour sa part, Mirapoint conseille son client web, et non pas l'usage d'Outlook 2003 pour lequel il ne dispose pas de connecteurs. Cela est préjudiciable car, ledit client web ne prend pas en charge le glisser-déposer de courriels.
Une administration plus aboutie
Les fonctions de supervision des trois serveurs sont supérieures à celles offertes par MS Exchange 2003, peu évolué de ce point de vue. Un défaut auquel la version Exchange 2007 entend d'ailleurs remédier. En effet, outre la gestion des boîtes aux lettres, des utilisateurs, des quotas, et également des paramètres d'authentification, les logiciels de Kerio et d'IBM proposent un outil de sauvegarde intégré. Par une intégration avec l'administration de l'annuaire Active Directory, les serveurs d'IBM et de Kerio peuvent aussi importer et administrer des informations personnelles de l'utilisateur.
Quant à Mirapoint, il se distingue en prenant en charge des alertes en rapport avec le fonctionnement du logiciel et du matériel (disque, ventilateur, mémoire). Hormis le boîtier de Mirapoint, qui ne dispose que d'une interface d'administration web, ses concurrents proposent également une console propriétaire. Développée en langage Java, la console Domino Administrator Client d'IBM se révèle complète, mais lente et peu ergonomique.
La console d'administration Web de Kerio n'offre qu'une simple gestion des utilisateurs. Autant opter donc en l'espèce pour le client lourd. Enfin, dernier avantage face à Exchange Server 2003, Mirapoint et Kerio intègrent des logiciels antivirus et antipourriels, issus du logiciel libre, et propriétaires.
Nous avons demandé aux éditeurs de nous fournir des solutions de messagerie alternatives à Microsoft Exchange Server 2003. Les serveurs devaient comporter des logiciels de migration permettant de récupérer les données de
messagerie et les comptes d'utilisateurs à partir d'annuaires Active Directory existants. Le laboratoire de
Décision Informatique
a reçu quatre logiciels et matériels serveurs de messagerie.
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L'un d'eux, Ipswitch Collaboration Suite 2006, a été testé, puis écarté avant parution par la rédaction. En cause, l'absence d'outils de migration, ce qui l'handicapait d'office par
rapport à ses concurrents, tous dotés d'outils dédiés. Les logiciels OpenXchange ou Sendmail de Red Hat n'ont pas été retenus pour des raisons comparables. Enfin, nous n'avons pas trouvé de distributeurs pour des nouveaux venus
tels que Scalix.
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