Vous parlez de plein emploi. Que faites-vous des 30 000 informaticiens chômeurs ?

Jean Mounet :
En un an, le secteur informatique a bénéficié d'une baisse du chômage, qui est passé de 9,5 à 9 %. Cette année, sur une population de 700 000, l'ANPE recense 30 000 demandeurs
d'emploi en informatique. Parmi eux, seuls 27 % sont issus de notre profession, où le taux de chômage est très bas (2 à 3 %). Soit 8 000 informaticiens, dont 50 % sont à l'ANPE depuis moins de six mois. Il est vrai que cette
population concerne les plus de 30 ans. Syntec se doit d'étudier ce phénomène, notamment face au paradoxe de la pénurie de certains profils.
Comment allez-vous remédier à cette pénurie ?

JM :
Des opérations sont déjà menées avec les écoles d'ingénieurs et l'enseignement général. Nous nous efforçons aussi de recruter les femmes ingénieurs. La moitié des bacheliers de série S sont des femmes, qui, par
la suite, délaissent les filières scientifiques (25 % seulement de femmes). A ce jour, le secteur des logiciels et services regroupe 20 % de femmes ingénieurs. Ce chiffre doit augmenter.
Les marchés publics vont-ils s'ouvrir aux PME françaises ?

JM :
Ce n'est pas sûr. Mais les pouvoirs publics français et européens sont sensibilisés. Dans le cadre du Small Business Act, les pouvoirs publics américains réservent une part de leurs commandes aux PME. C'est ainsi
qu'Oracle ou Intel ont pu se développer. Nos 2 500 éditeurs français méritent d'être aidés. Nous avons signé le Pacte PME avec les grands comptes du Cigref. Mais des réticences intraeuropéennes subsistent.