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[ ARCHITECTURE ]
Appexchange donne naissance aux PGI en ligne
La plate-forme de Salesforces.com autorise 250 applications à partager un même modèle de données et une même interface. Ainsi, les clients peuvent les paramétrer comme dans un PGI.

Frédéric Bordage , 01 Informatique (n° 1875), le 06/10/2006 à 00h00

Le rôle de la plate-forme Appexchange déborde la simple mise à disposition d'applications en ligne. Certes, Salesforces.com propose aux éditeurs d'héberger gratuitement leurs applications. Mais - élément le plus innovant - il mise sur l'intégration de ces applications qu'il héberge. « Salesforce.com réinvente le modèle du progiciel de gestion intégré en l'adaptant aux technologies et aux architectures d'aujourd'hui » , observe Jean-Michel Bérard, PDG de l'éditeur Esker.

Un modèle de données mis en commun

Le spécialiste de la gestion de la relation client ne se contente pas de proposer un annuaire d'applications hébergées. Ilfournit surtout un socle technique qui, à l'image d'Eclipse, standardise de fait les applications Appexchange en leur imposant certaines contraintes techniques : une base de données et une interface utilisateur uniques. Comme dans un progiciel de gestion intégré (PGI). Tel est le cas du module de paie Employee Services for Appexchange, de l'éditeur The Payroll Company, ou du module de gestion d'agences immobilières REO Agent, de Remend. Avec quelques modules supplémentaires, une agence immobilière peut, en quelques heures, se tailler un système d'information métier sur mesure. L'ensemble des modules est paramétrable directement par l'entreprise, comme dans un véritable progiciel. Pour Chip Gliedman, vice-président de Forrester Research, « c'est un atout considérable pour les PME n'ayant pas les ressources techniques et financières suffisantes pour installer, intégrer et maintenir en interne les logiciels hétérogènes de multiples éditeurs » . Utilisateur de Salesforce.com, l'éditeur d'origine lyonnaise Esker apprécie ce modèle. Il a dépassé la gestion de la relation client (GRC) pour gérer en ligne ses projets, son service d'assistance et son personnel. « Nous y injectons même les données de notre PGI pour créer nos rapports et tableaux de bord à l'aide du module de reporting de Salesforce.com » , témoigne Jean-Michel Bérard.

Afin de favoriser l'intégration au système d'information de l'entreprise, Salesforce.com expose la totalité des données des applications Appexchange via des services web. « Un point particulièrement sensible pour les utilisateurs qui souhaitent des intégrations de bas niveau » , souligne Chip Gliedman. Preuve que ces interfaces de programmation revêtent un réel intérêt pour les entreprises : « Elles génèrent déjà 45 % de nos transactions » , indique Marc Benioff, PDG de Salesforce.com. Plus de vingt-cinq éditeurs, de Business Objects à Pervasive, en passant par Scribe, Informatica et Bluewolf, proposent ainsi des passerelles/connecteurs qui facilitent l'intégration à des progiciels tels que R/3 de SAP.

Plusieurs niveaux d'intégration

D'un point de vue technique, les éditeurs ont le choix entre deux niveaux d'intégration. Le premier, dit natif, consiste à exécuter entièrement l'application sur le système Appexchange OS, qui fournit l'interface utilisateur, la base de données, les objets et traitements associés, et le modèle de sécurité. Le développement de l'application s'effectue alors sans aucun codage, à l'aide de l'environnement de développement Appexchange Builder. « Dans un certain sens, la plate-forme de développe ment d'Appexchange signe le renouveau des ateliers logiciels en proposant une boîte à outils d'objets métier vraiment faciles à intégrer » , estime Christophe Averseng, DSI de Cartesis. L'éditeur français compte 165 utilisateurs de Salesforce.com.

La deuxième approche consiste à créer une application composite, dont l'interface et les données se situent sur Appexchange OS, mais dont les traitements sont fournis par les services web hébergés par l'éditeur partenaire. Cette architecture a été retenue par Esker. L'éditeur lyonnais, convaincu en tant qu'utilisateur de Salesforce.com, a sauté le pas. Il fait partie des premiers éditeurs français à proposer leurs applications de dématérialisation (impression, e-mails, fax) sur Appexchange. En pratique, lorsque l'utilisateur recourt, entre autres, au service d'envoi de fax, il appelle une page web sur les serveurs d'Esker en passant un jeton de sécurité dans l'URL. La récupération des données nécessaires s'effectue en interrogeant les services web d'Appexchange. Les traitements sont réalisés chez Esker, puis, si nécessaire, des données sont renvoyées à Appexchange en utilisant des services web. Cette approche convient aux éditeurs qui souhaitent maîtriser leurs services et les décliner sur différentes plates-formes techniques.

Pour étoffer son écosystème, Salesforce.com. vient de compléter son offre avec Appexchange OEM, une infrastructure qu'elle propose en marque blanche à d'autres éditeurs. Commercialisé à partir de 25 dollars par utilisateur et par mois, Appexchange OEM rassemble Appexchange OS, Appexchange API, Appexchange Builder et les capacités sous-jacentes pour stocker des données. « Cette approche représente le futur du logiciel, affirme Marc Benioff, car elle élimine les investissements nécessaires à la constitution d'une infrastructure d'hébergement d'applications à la demande. Les partenaires bénéficient d'une plate-forme, dans laquelle nous avons investi 50 millions de dollars. »

Un écosystème en train de naître

Comme iTunes dans le domaine de la musique en ligne ou eBay pour les ventes aux enchères, Salesforce.com espère s'imposer comme le principal intermédiaire entre l'offre et la demande d'applications hébergées. Lancée voici un an, la plate-forme Appexchange accueille 250 applications en ligne, qui se déploient en quelques clics. Et selon l'éditeur, à terme, des milliers seront disponibles. De grands noms comme Adobe ou Business Objects proposent déjà des applications à la demande sur la plate-forme de Salesforce.com. « Appexchange pourrait former le prochain écosystème majeur de l'industrie du logiciel » , estime Laurie McCabe, analyste chez AMI Partners.

En tout cas, les éditeurs partenaires de Salesforce.com semblent y trouver leur compte. « Le glissement vers le modèle à la demande représente une tendance lourde, qui s'impose à tous les éditeurs. D'ici cinq à dix ans, les ventes de licences deviendront marginales » , estime Jean-Michel Bérard. Pour lui, seul le modèle des services à la demande demeure viable, et Appexchange constitue une réelle opportunité dans ce domaine. « En moins d'un an, nous avons conquis 62 nouveaux clients sans débourser un euro en marketing », se félicite-t-il. Avec cette plate-forme, les petits éditeurs peuvent enfin toucher un marché de niche. La théorie de la « longtail », chère aux adeptes du web 2.0, devient une réalité. Certains éditeurs, tels Kieden, EnterpriseCRM ou Dreamfactory, y croient tellement qu'ils ne développent leurs logiciels que sur Appexchange.

Microsoft valide le modèle

Preuve de l'intérêt croissant pour ce modèle, Microsoft a récemment lancé sa propre plate-forme hébergée. L'ambition d'Office Live se limite, pour l'instant, à permettre aux 28 millions de très petites entreprises à travers le monde de bâtir une présence en ligne avec des fonctions de gestion commerciale. Mais l'éditeur prévoit à court terme d'étoffer son offre d'une vingtaine d'applications métier offrant la possibilité de gérer des projets, des ventes, des clients, des dépenses, du temps ou de la facturation. L'éditeur a aussi récemment laissé penser que l'on y retrouverait son intégré bureautique Works. « Un éditeur de progiciels devrait s'intéresser de près à Office Live » , estime Alain Le Hegarat, responsable marketing et ventes au sein de la division développement et plates-formes d'entreprise chez Microsoft France. La communauté des éditeurs est prévenue.

redaction@01informatique.presse.fr

www.01blog.fr/1875

Bien plus qu'un catalogue d'applications en ligne
1. L'accès aux applications

L'utilisateur final accède aux applications via une interface web unifiée : toutes les applications d'Appexchange sont dotées d'une interface graphique et d'une ergonomie commune. L'installation et la désinstallation des applications s'effectuent toujours de la même façon. L'ensemble des applications disponibles se trouve recensé dans un annuaire.

2. La plate-forme Appexchange

Appexchange OS standardise l'architecture technique des applications. Celles-ci s'appuient toutes sur les mêmes objets métier et techniques, et sur les mêmes contrôles graphiques. Et toutes les applications partagent également la même base de données.

3. Les services des partenaires

Les éditeurs alliés avec Salesforce.com peuvent développer leurs applications entièrement sur Appexchange OEM à l'aide de l'environnement de développement Appexchange Builder, ou interfacer leurs traitements avec Appexchange, qui fournit alors les services communs : sécurité, stockage des données, couche graphique, etc.



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