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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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Premier emploi : faites le bon choix

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La difficile sélection de son employeur
Très sollicités par les recruteurs, de plus en plus de jeunes diplômés ont l'embarras du choix. Sur quels critères décider du premier employeur ? Voici quelques conseils prodigués par les anciens, les recruteurs et les responsables des écoles.

Sandrine Chicaud et Corinne Zerbib , 01 Informatique, le 05/07/2006 à 07h00

Les jeunes diplômés de la promotion 2006 n'ont pas à se plaindre. « Ils sont mieux informés par leur école que leurs aînés », affirme Sandrine Letrillard, la DRH de la SSII Neurones. Cependant, ils restent perdus face à leur premier employeur potentiel, allant, parfois, jusqu'à exprimer des desiderata sans aucune commune mesure avec les réalités du secteur. Ainsi, raconte un recruteur, certains jeunes réclament-ils un poste de directeur de projet à la sortie de l'école !

Les informations dont disposent les jeunes diplômés foisonnent : pour leur projet professionnel, sur la réalité des entreprises, sur les types de postes ou les salaires... Et depuis le début de la crise, ces informations n'ont jamais été aussi utiles. Pour la première fois depuis bien des années, les jeunes diplômés ont souvent le choix entre plusieurs propositions d'embauche, que les recruteurs ont tendance à leur envoyer dès la fin de leur cursus de recrutement passé. Conscients de l'enjeu de ce premier choix, leur dilemme est compréhensible : comment se décider, alors qu'ils sont peu au fait du monde du travail ?

Des sessions pour découvrir l'entreprise

Acquis durant leurs années d'études, leur bagage les aide déjà à se frayer un chemin dans le dédale de la recherche d'emploi. Selon Yves Buisson, le DRH d'Unilog, les jeunes sont plus matures, et leurs choix sont plus rationnels que ceux de leurs prédécesseurs - en particulier, ceux de la génération de la bulle Internet. Surtout, l'ensemble des recruteurs souligne leur très forte demande d'informations sur l'entreprise, ses métiers, sa culture... « La bonne figure ou la supercampagne de publicité ne suffit pas. Ils veulent du tangible, de la preuve », observe encore Yves Buisson.

De l'avis général, les jeunes posent énormément de questions aux interlocuteurs des entreprises partenaires de leur école, qui organisent souvent des sessions d'échanges ou de formation sur les modalités du recrutement. Des questions qui visent à mieux comprendre - et donc mieux choisir - leur futur employeur. D'ailleurs, précise Anne Méheust, la DRH de Stéria, « ils accordent leur confiance très rapidement. Le lien se crée tout de suite ou pas du tout ». Mais ce lien, créé en quelques heures d'un parcours de recrutement, suffit-il à bien jauger l'entreprise et son potentiel ?

Cigale en SSII ou fourni en entreprise

Le premier conseil, donné tant par les écoles que par les recruteurs des entreprises, porte sur l'adéquation du poste et de l'entreprise au projet professionnel élaboré tout au long du cursus, en école ou à l'université. D'où l'importance de prendre son temps. Certaines entreprises envoient une proposition de contrat valable uniquement huit jours ! Pas question, donc, d'obtempérer sous la pression. Un échec à ce stade peut coûter bien cher par la suite.

Le type d'entreprise constitue aussi l'un des critères déterminants dans le choix du premier emploi. Travailler en SSII ou en entreprise utilisatrice relève de deux logiques diamétralement différentes, et dont les perspectives à trois ou cinq ans auront des conséquences tout aussi opposées. D'un côté, une vie plutôt trépidante en SSII, où s'enchaînent les missions de quelques mois chez des clients, assortie d'un niveau de stress souvent élevé, mais qui aide à acquérir rapidement une expérience formatrice - pour peu que la SSII joue bien le jeu afin que les jeunes débutants aient la possibilité de se perfectionner.

De l'autre, la capacité de se former dans une entreprise utilisatrice, mais sur un rythme souvent plus régulier, et en approfondissant ses connaissances souvent sur un seul et même projet. Ici, les perspectives diffèrent également : les grands comptes et importantes PME comptent sur leurs jeunes informaticiens pour évoluer vers la maîtrise d'ouvrage et, ainsi, s'orienter progressivement vers les métiers opérationnels de l'entreprise.

Tout dépend donc, une fois encore, du projet professionnel. Pour ceux qui considèrent que l'informatique constitue un tremplin vers d'autres destinées, les grandes entreprises sont alors incontournables. Pour les autres - amoureux des technologies ou avides de postes à responsabilité -, la SSII reste la voie royale. Quitte, d'ailleurs, à profiter d'une mission chez un client pour se faire finalement embaucher par ce dernier...

Quid alors du salaire ? Entre deux entreprises du même type, ne vaut-il pas mieux opter pour la plus offrante ? Certainement pas, répondent bien sûr en choeur les recruteurs. Mais le son de cloche est le même chez les interlocuteurs en école : le salaire est certes important, mais ce n'est pas le critère déterminant. Surtout que bien des jeunes se fient aux premiers chiffres lancés par le service recrutement, sans chercher à savoir s'il s'agit du salaire fixe ou s'il inclut une part variable... Ce que tous appellent désormais le « package salarial ». Des barèmes existent selon les formations suivies. L'essentiel est de vérifier que la première rémunération proposée se situe bien dans les fourchettes admises sur le marché - en moyenne, actuellement, entre 32 000 et 38 000 euros par an.

Bien accompagner les premières missions

Avant d'entrer en SSII, un certain nombre de questions s'imposent. A commencer par le mode de prestation - régie ou forfait. Si la régie aide à s'intégrer aux équipes du client, elle impose un sens aigu du service et de la communication. Le forfait, pour sa part, exige un strict respect des délais et des méthodes de programmation. Il impose un cadre de travail exigeant, stressant, mais souvent passionnant. Question de personnalité, en somme.

Par ailleurs, parmi les SSII, mieux vaut privilégier celle qui recherche un profil plutôt que les nombreuses qui ne visent qu'à repérer des CV en vue d'un éventuel projet futur. En effet, il arrive que la SSII qui promet une embauche liée à une mission précise chez un client défaille : si, in fine, le contrat n'est pas signé, l'embauche ne se fera pas, ou bien le jeune sera licencié durant sa période d'essai. L'embauche sur profil doit être systématiquement favorisée. Facile de détecter ce point : tout dépend de la façon dont la première mission est mise en avant - de façon prioritaire ou secondaire - par les recruteurs.

Autre élément important dans la décision, l'accompagnement prodigué au jeune débutant peut déterminer sa réussite lors de ses premières missions. Tutorat ou apprentissage accompagné, à chacun sa formule. Mais, avant de se jeter à l'eau, il faudra toujours vérifier que l'entreprise a prévu de mettre un référent à la disposition du jeune. Histoire de ne pas se retrouver, dès la première mission, lâché dans la nature chez le client ou au sein d'un projet.

Mieux encore : certaines entreprises prévoient d'emblée des sessions de formation de quelques jours à plusieurs semaines. A minima, il s'agit de découvrir l'entreprise, ses métiers, et ses fonctionnements. Au mieux, l'ex-étudiant retourne à l'école interne pour parfaire ses connaissances dans un domaine particulier. Ainsi en va-t-il, par exemple, pour les futurs consultants en PGI.

Tous les conseils sont bons à prendre

Reste la fameuse culture d'entreprise, à la fois si fondamentale et si difficile à évaluer en quelques heures, surtout pour des débutants. Lors de l'embauche, certains recruteurs favorisent les rencontres avec des ingénieurs opérationnels entrés dans l'entreprise depuis un an ou plus. La présentation de leur parcours en dit souvent long sur l'entreprise. Description des projets réalisés, vocabulaire, explication des relations hiérarchiques... De tels entretiens donnent généralement une bonne idée des habitudes et des valeurs maison.

Avant de choisir son futur employeur, de nombreux points clés sont donc à prendre en considération. L'ancienne école peut apporter une aide précieuse. Mais on peut aussi la trouver auprès de personnes dotées d'une certaine expérience en entreprise, quel que soit leur métier. « Les jeunes prennent souvent leur décision en fonction de leur entourage personnel - famille et amis. » Tous les avis sont bons à prendre !

Les entreprises préférées des informaticiens en 2005

1 - Sanofi-Aventis

2 - L'Oréal

3 - Inria

4 - Areva

5 - EADS

6 - Microsoft

7 - LVMH

8 - Total

9 - Michelin

10 - PSA Peugeot Citroën

Ces sociétés sont en tête du classement établi par 01 Informatique et CadresOnline en avril et mai 2005. La prochaine édition de ce classement sortira dans le numéro du 7 juillet 2006.



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