Une page se tourne pour le groupe qui tirait sa force de sa double casquette de distributeur et de SSII. Le pôle historique de distribution et intégration de matériels, qui pèse plus de 70 % du CA d'Ares, est en crise. Ses ventes
de matériels se sont effondrées de 25 % au cours des trois premiers mois de l'année et des mesures draconiennes vont être prises. La réorganisation est la conséquence directe d'un changement à la tête du groupe. Le fondateur d'Ares, Maurice
Bourlier, conserve la présidence du conseil d'administration et laisse à son numéro deux, Jean-Jacques Salomon, la direction exécutive de l'entreprise. Ce dernier a donc entrepris un plan de restructuration visant à sortir la société du rouge. Son
intention est d'abord de cesser la distribution de matériel micro-informatique, soit en cédant cette activité qui représente environ 100 M d'euros à un grossiste, soit en concluant un accord avec un distributeur non concurrent. Ares continuera
néanmoins à distribuer les serveurs, les équipements de réseaux et les matériels de stockage, qui nécessitent des services associés.
L'activité de distribution souffre de la baisse des prix et des marges sur les produits dits de commodité (PC, portables, imprimantes), mais plus inquiétant, également sur les produits à plus forte valeur ajoutée : serveurs et
stockage.
« La baisse des prix s'accélère sur les produits haut de gamme qui nous permettaient auparavant de conserver des marges correctes,
souligne Jean-Jacques Salomon, nouveau directeur général d'Ares.
En outre, le recours de plus en plus fréquent à la vente directe aux grands comptes par les constructeurs nous a fait beaucoup de tort. »
Les activités de distribution emploient environ 400 personnes sur un total de
1 900 salariés, dont 250 en région parisienne. C'est cette dernière structure, jugée trop importante et mal adaptée à la vente de services, qui devrait connaître une cure d'amaigrissement.
« Il faut appliquer à Paris le
modèle des agences commerciales de province, où les services et les produits d'infrastructure sont vendus par les mêmes commerciaux, dans le cadre d'une solution globale »,
précise Jean-Jacques Salomon. Ares se donne six mois
pour redresser la barre.