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Wanadoo vit ses dernières heures. Demain 1 er juin, la marque créée il y a tout juste dix ans disparaîtra définitivement, au même titre que MaLigne TV ou Equant. France Télécom a en effet choisi la marque Orange pour désigner toutes ses activités (1) - accès Internet, TV sur ADSL, téléphonie sur IP, mobile. Une marque unique pour porter les ambitions de l'opérateur, pour ne pas dire sa résurrection.
Mis en danger par la mort programmée de la téléphonie traditionnelle et par les coups de boutoir de la concurrence, l'opérateur historique prépare depuis longtemps sa contre-attaque. Elle se résume sous le terme de convergence, son but étant de vendre tout ce qui nécessite un réseau : de la téléphonie fixe (classique ou sur IP) ou mobile, de l'accès à Internet et du contenu (TV fixe ou mobile). Bref, la même stratégie que ses concurrents, à la différence que ceux-ci ne possèdent pas leur propre réseau de téléphonie mobile. Il ne lui restait plus qu'à mettre en place un vrai guichet unique, pour partir à la conquête de clients désemparés par la diversité des offres du marché... et des siennes.
Maintenant bien regroupé, France Télécom a la force de frappe nécessaire pour lancer ses nouveaux services « convergents ». Parmi lesquels, Unik, un téléphone mixte GSM/Wi-Fi, attendu pour l'automne prochain. Concrétisation du projet HomeZone de l'opérateur, ce téléphone permettra à l'abonné de passer des appels indifféremment en GSM ou en Wi-Fi, s'il est dans la zone de portée de sa LiveBox Dans ce cas, les communications transitent par Internet et sont soumises au forfait de téléphonie sur IP France Télécom de l'abonné.
Unik est très proche des autres téléphones mixtes annoncés par neuf cegetel (le Twin) et Free (pas encore de terminal annoncé), à quelques différences près : « Trois téléphones seront proposés dès le départ [signés Nokia, Motorola et Samsung, NDLR], aux alentours de 100 €. L'abonné pourra basculer du GSM au Wi-Fi et vice versa en cours de communication, sans interruption », souligne Louis-Pierre Wenes, le patron d'Orange France. Le coût du service Unik n'est pas encore communiqué.
Un abonnement fondu dans les forfaits
Appelée handover, la possibilité de passer d'un réseau à l'autre sans s'en rendre compte n'est pas à l'ordre du jour à neuf ni à Free, pour des raisons techniques et commerciales (lire l'encadré « Des réseaux difficiles à coudre entre eux »). « Elle n'a que peu d'intérêt », minimise-t-on à neuf cegetel, qui estime que très peu d'appels nécessitent cette continuité. « Si on est chez soi, on appelle en Wi-Fi, si on est dehors, on appelle en GSM. » Pourtant, elle permet aussi d'éviter les coupures dues à une mauvaise réception du GSM dans certaines pièces de son appartement ou aux perturbations des ondes Wi-Fi derrière certains murs.
Mais contrairement à ses concurrents, France Télécom ne compte pas laisser beaucoup de liberté aux utilisateurs d'Unik. Ils devront posséder un forfait mobile Orange (neuf autorise n'importe quel opérateur GSM) et ne pourront téléphoner en Wi-Fi que via une LiveBox et, plus tard, dans les aéroports.
Outre Unik, l'opérateur a aussi annoncé de nouveaux forfaits, cette fois tout compris (intégrant le prix de l'abonnement téléphonique). Il propose ainsi des forfaits de téléphonie classique avec, par exemple, des appels illimités vers
les fixes en France et 120 minutes de communications vers tous les mobiles (forfait Optimale Illimité + 120, facturé 59 €/mois). Les Optimales Orange - les prix ne sont pas encore dévoilés - comprennent
de la téléphonie classique (4 heures vers les fixes et les mobiles en France), de l'accès Internet ADSL 8 Mbit/s, de la télévision et de la vidéo à la demande. Enfin, des options TV sur mobile font leur apparition, pour obtenir, par
exemple, sur son cellulaire 50 chaînes et de la vidéo à la demande (10 €/mois l'option) ou les matchs de la Ligue 1 de football (+ 9 €/mois).
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(1) Seule la téléphonie fixe traditionnelle reste pour le moment estampillée France Télécom. Les activités entreprise passent sous la marque Orange Business Services.
France Télécom s'enorgueillit d'annoncer le premier service de téléphonie convergent fixe-mobile, capable de passer du GSM au Wi-Fi sans couper une communication en cours. Must de la convergence, cette continuité (ou handover) est plus simple à mettre en oeuvre par l'opérateur historique, qui possède son propre réseau GSM. « Pour garantir la continuité, il doit y avoir un échange de signalisation permanent entre le système de l'opérateur fixe [le FAI, NDLR] et celui de l'opérateur mobile », explique Guillaume Lacroix, directeur innovation de neuf cegetel.
Dès que l'abonné se déplace, l'opérateur fixe doit en effet pouvoir le tracer en récupérant notamment des données de localisation transmises par les cellules GSM qu'il ne gère pas lui-même, à part France Télécom grâce à Orange. Cet échange est difficile à mettre en place même par neuf cegetel, qui « loue » le réseau mobile d'un de ses actionnaires (SFR) mais qui reste malgré tout un concurrent sur le marché de la convergence.
De plus, techniquement, France Télécom exploite la technologie UMA (Unlicensed Mobile Access) pour fédérer ses réseaux fixe et mobile. Elle consiste à encapsuler des messages GSM dans un tunnel IP pour les transmettre en Wi-Fi, puis à les repasser en bout de course sur le réseau GSM. Free et neuf cegetel, quant à eux, n'ont aucun intérêt à adopter ce schéma, qui générerait du trafic supplémentaire sur le réseau GSM de la concurrence. Ayant opté pour la technologie SIP, ils doivent donc attendre l'arrivée de son évolution convergente (IMS) pour pouvoir facilement gérer les échanges entre opérateurs, donc les handover, et bien plus encore...
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