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[ NOUS AVONS TESTÉ LE SUCCESSEUR DU PENTIUM 4 ]
Conroe : la revanche d'Intel
Le prochain processeur d'Intel, prévu pour septembre, affiche des performances de 20 à 30 % supérieures aux plus puissants modèles actuels, tout en étant moins cher. Vivement la rentrée !

Samuel Demeulemeester , L'Ordinateur Individuel (n° 183), le 01/05/2006 à 00h00

Pour Intel, tout était réglé comme du papier à musique. Le Pentium 4, sorti en 2000, était conçu pour atteindre 10 GHz en 2010. Cette augmentation de fréquence exponentielle devait être permise par la diminution progressive de la finesse de gravure. Malheureusement, un grain de sable est venu gripper cette évolution qu'on disait inéluctable : la dissipation thermique. L'architecture « NetBurst » des Pentium 4 n'y a pas survécu. La cinquième génération de P4 (Tejas) a dû être annulée en catastrophe par Intel en 2004. Motif : elle chauffait beaucoup trop. Pris au piège des contraintes thermiques, Intel a alors eu l'idée de se rabattre sur le Pentium M qui équipe les portables estampillés Centrino. Partageant bien plus de points communs avec le Pentium III (dont il est d'ailleurs une déclinaison) qu'avec le Pentium 4, ce processeur a justement l'avantage de chauffer peu. Intel a alors repensé le Pentium M, pour en faire le successeur du Pentium 4, et reprendre la course à la performance. Conroe était né. Avec une mémoire cache bien plus performante que celle du Pentium M et un coeur conçu pour être efficace à basse fréquence, ce nouveau processeur va, à coup sûr, donner du fil à retordre à son concurrent de toujours : AMD.

Bien plus rapide que les processeurs actuels

Nos tests sont formels : qu'il s'agisse de compression vidéo ou de jeux, Conroe s'avère au bas mot entre 20 et 30 % plus performant que les processeurs haut de gamme actuels destinés aux PC de bureau. Avec des logiciels optimisés pour lui, ce gain pourrait même dépasser 40 %.

Plusieurs améliorations expliquent ces bons résultats. Conroe est équipé de deux coeurs et de 4 Mo de mémoire cache. Cette mémoire est unifiée pour les deux coeurs, contrairement au Pentium D et à l'Athlon 64 X2, qui disposent de mémoires cache séparée pour chaque coeur.

Le coeur d'exécution, véritable « moteur » du processeur, a également été revu. Il a été équipé d'unités 128 bits, ce qui lui permet d'exécuter plusieurs instructions par cycle d'horloge. Enfin, comme le Pentium D et contrairement au Pentium M, Conroe est capable de traiter des instructions en 64 bits.


Des processeurs dès septembre pour les PC de bureau...

Dès la rentrée, les constructeurs devraient proposer des machines équipées de processeurs Conroe (qui devraient avoir « Core » pour nom commercial). Bonne nouvelle, contrairement à son habitude, Intel ne devrait pas vendre son nouveau processeur à des tarifs prohibitifs. Non seulement Conroe ne sera pas hors de prix, mais il se permettra même d'être moins cher que ne l'est le Pentium D actuellement. Par exemple, le modèle E6700, le plus puissant, sera vendu aux intégrateurs 530 euros contre 637 euros pour un Pentium D 950 en ce moment. De plus, Conroe ne sera pas lancé qu'en version haut de gamme ; on trouvera dès la sortie des modèles plus modestes, fonctionnant à des fréquences moindres et équipés de seulement 2 Mo de mémoire cache. L'entrée de gamme Conroe (le modèle E6300 par exemple) sera ainsi commercialisée aux alentours de 200 euros. Enfin, des déclinaisons encore plus économiques, avec un seul coeur, remplaceront les Celeron actuels un peu plus tard. On peut donc parier sur la disparition rapide du Pentium 4 et du Pentium M.


...et fin 2006, pour les PC portables

Au départ, l'architecture de Conroe a été conçue pour être embarquée sur des processeurs destinés aux PC portables. Rien d'étonnant donc à ce qu'Intel propose dès la fin de l'année des processeurs mobiles utilisant cette architecture. Leur nom de code : Merom. Ils seront embarqués dans la quatrième mouture de la plateforme Centrino. En exclusivité, nous avons pu mesurer les performances d'un prototype de portable équipé d'un Merom T7200, cadencé à 2 GHz et équipé de 4 Mo de mémoire cache. Nous l'avons comparé avec un autre portable doté d'un équipement similaire, mais embarquant un Core Duo T2500 à 2 GHz et 2 Mo de cache. Résultat : des performances supérieures de 20 % et une autonomie qui passe de 3 h 55 à 4 h 45. Au lancement de Merom, pour bénéficier du nouveau logo Centrino, les portables devront en théorie bénéficier d'une autonomie de cinq heures. Ce qui en dit long sur les ambitions d'Intel. Enfin, au vu de la gamme présentée ci-dessous, il semble que le fondeur ait choisi de rendre disponible rapidement des versions basse et très basse consommation (entre 15 et 35 watts et moins de 15 watts, respectivement) de Merom afin de couvrir le marché des ultraportables et autres Origami...



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