Tout se passe là-bas, dit-on. La Silicon Valley a beau alterner les cycles de crises et de reprises, elle n'en demeure pas moins un mythe pour les jeunes informaticiens, séduits par la douceur de vivre californienne et des rémunérations alléchantes, souvent deux fois plus élevées que dans l'Hexagone.
Près de 40 000 expatriés français résident dans la Silicon Valley, dont quelque 7 000 oeuvrant dans les hautes technologies. « Le business est reparti très fort. On embauche de nouveau à tour de bras - et notamment des ingénieurs français » , se réjouit Ale Gicqueau, le patron d'Interfrench. Ce réseau francophone rassemble à présent 6 200 professionnels travaillant dans la Silicon Valley. A l'inverse des communautés chinoise ou indienne, les Français restent très éparpillés. Ils travaillent autant dans l'édition de logiciels ou la construction de matériel informatique que dans les biotechnologies ou les télécoms. Mais tous se voient confrontés, avec plus ou moins d'intensité, à un choc culturel. Au départ, les jeunes ingénieurs se fondent peut-être plus facilement dans la culture. Puis, vers 35 ans, la situation se complique. Après s'être focalisés sur leur travail pendant plusieurs années, certains traversent un passage à vide. Ils ressentent, selon les termes d'Ale Gicqueau, un « manque émotionnel et culturel » .
Rien d'étonnant à cela. La Silicon Valley possède une véritable identité, une mentalité particulière caractérisée par la soif d'innovation, la volonté de réussir, mais aussi de rebondir après un échec. Un rapport du consulat général de France à San Francisco, publié en janvier 2006, le souligne : « Seuls les meilleurs résistent à la concurrence. Les autres quittent la région, car la pression est trop importante. La charge de travail peut aussi devenir insurmontable, et la culture du " marche ou crève " ne convient pas à tout le monde. »
L'esprit communautaire
Autre spécificité : la Silicon Valley s'apparente à une communauté, concentrant des personnes de nationalités diverses dans une zone géographique limitée, autour du centre historique de Palo Alto. Ce brassage culturel forme l'un des facteurs d'attraction majeurs pour les expatriés français. Dans la Silicon Valley, les pratiques de réseau (ou « networking » ) font partie du mode de vie. Les échanges s'opèrent aussi bien de manière informelle que dans le cadre de rencontres organisées par les membres d'une même communauté sur un thème précis. Ainsi, les premiers lundis du mois, les personnes travaillant dans la téléphonie mobile collaborent aux « Mobile Mondays » .
Un expatrié soucieux de s'intégrer aura tout intérêt à participer deux ou trois fois par semaine à des soirées thématiques. Le site Workit.com , par exemple, répertorie jour après jour tous les événements organisés dans la Silicon Valley pour les professionnels de la high-tech. Bien développé en France, le réseau repose là-bas sur une approche tout à fait différente. L'argent y joue un rôle clé, constituant souvent la principale motivation pour entrer en contact avec quelqu'un. Au contraire de l'Europe, où l'on mise d'abord sur le relationnel avant de parler « business » .
Autant de différences de pratiques et de mentalités qui rendent l'expérience encore plus enrichissante pour les Français tentés par l'aventure. Mais pour ceux qui ne préparent pas sérieusement leur retour au pays, l'atterrissage se révèle parfois difficile.
s.chicaud@01informatique.presse.fr
Adopter une attitude positive.
Un trait inhérent à la mentalité nord-américaine : on ne comprend pas les gens qui se plaignent.
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Développer en bon relationnel.
Au quotidien, il est bien plus facile de lier connaissance avec des inconnus qu'en France. Engager la conversation avec sa voisine dans la file d'attente d'une banque ne surprendra
personne.
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Se montrer davantage porté vers l'action que vers la pensée.
Jouer totalement la carte réseau.
Participer au moins deux fois par semaine à des rencontres organisées par des communautés.
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Vouloir réussir à tout prix.
Le rêve américain doit vous attirer...
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Parler argent sans tabou.
Aimer la réussite financière devient là-bas une chose tout à fait avouable.
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Garder le contact avec des expatriés.
Un bon moyen de conserver le moral, surtout dans les phases difficiles.
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Accepter que tout soit remis en cause du jour au lendemain.
Cela suppose d'avoir le goût du risque. Mieux vaut éviter de raisonner en termes de
« sécurité de
l'emploi »
.
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Bannir le costard-cravate au travail.
On ne vous ferait pas confiance ! Une tenue décontractée - tee-shirt et jean - reste monnaie courante. A part, peut-être, dans le secteur du conseil.
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Être dynamique, agressif.
Avoir un
« esprit entrepreneur »
constitue un impératif.
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Accepter une lourde charge de travail.
Quand on participe à un projet important, ne pas compter ses heures !
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Entre Français, se moquer gentiment des Américains.
C'est une attitude fréquente. Sûrement pour créer des liens entre expatriés.
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Profiter de la vie culturelle de San Francisco.
Les possibilités de sorties, très nombreuses dans la ville, sont un bon moyen de faire des rencontres.
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