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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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VAE, l'expérience vaut bien un diplôme
La validation des acquis de l'expérience permet d'obtenir un diplôme sans reprendre ses études. Une solution séduisante, mais ardue. Témoignages.

Claire Chevrier , 01 Informatique, le 05/05/2006 à 07h00

Bilan mitigé pour la VAE (validation des acquis de l'expérience). Sa mise en place, en 2002, était censée faciliter la reconnaissance des compétences récoltées sur le terrain par la délivrance d'un diplôme. Or, dans les faits, peu de salariés y ont eu recours. Et ceux qui ont réussi soulignent la longueur de la démarche.

Elle exige un gros investissement pour un bénéfice incertain à court terme. Et même avec le diplôme en poche, la reconnaissance professionnelle n'est pas toujours au rendez-vous. « On le fait d'abord pour soi, témoigne Alain Cadio, ingénieur systèmes au sein d'une collectivité territoriale. Tant mieux si, par la suite, on obtient plus de responsabilités ou un meilleur salaire. »

Ne pas sauter les étapes

La première étape d'un projet de ce type consiste à faire le point sur ses compétences en vue de trouver le diplôme qui cadre le mieux avec son profil. Doté d'un baccalauréat, Matthieu Jardin a obtenu un BTS qui sanctionnant son savoir-faire dans l'administration de systèmes. Un scénario malheureusement pas si courant : les contenus des formations n'épousent pas toujours les compétences acquises sur le terrain.

Il n'existe pas, par exemple, de diplôme spécifique pour les chefs de projet. Toute la difficulté consiste alors à déterminer le niveau d'études que l'on peut cibler sans se perdre dans la profusion des formations existantes. « Je ne savais pas à quel niveau de diplôme prétendre, confie Myriam Deparis, aux dix ans d'expérience comme chef de projet et titulaire d'un BTS d'informatique de gestion. J'ai préféré mettre toutes les chances de mon côté en choisissant une maîtrise plutôt qu'un bac + 5. » Elle aurait pu tenter le niveau ingénieur. Mais elle voulait une validation totale, et du premier coup.

De son côté, Matthieu Jardin visait initialement un bac + 5. Il a vite compris que son niveau bac, l'obligerait à procéder par étapes. « J'ai préparé un bac   2 avec l'idée de l'utiliser comme tremplin vers un niveau bac + 5. » Grâce à son BTS décroché en validation totale, il a pu, toujours en utilisant la VAE, suivre des cours de niveau bac + 4 en ressources humaines. Aujourd'hui, il poursuit une année de spécialisation en dehors de son temps de travail.

Pour aider les candidats à la VAE dans leurs recherches, des centres de conseil ont été créés un peu partout en France. Mais ils ne sont pas forcément sensibilisés au secteur informatique. Même si un conseiller peut aiguiller les candidats à la VAE, eux seuls savent vraiment ce que leur expérience leur a apporté. C'est une démarche qui nécessite du temps et de l'introspection.

Une fois le diplôme choisi, encore faut-il identifier les établissements qui le proposent. « Un vrai parcours du combattant, se souvient Myriam Deparis. J'ai eu beaucoup de mal à trouver les bons interlocuteurs. » Les écoles et les universités n'ont pas mis en place les structures d'information et d'accueil nécessaires. Pour ne pas trop se disperser, Matthieu Jardin conseille les salons spécialisés en formation : « Les coordonnées des responsables sont disponibles sur les stands VAE des écoles. »

Reste à comparer précisément les programmes avec sa propre expérience. Alain Cadio, ingénieur systèmes dans une collectivité, a choisi le Deust d'Orsay, car c'était le seul diplôme coïncidant à 90 % avec ses compétences. « Si votre profil ne recoupe que 50 % de la formation, vous avez peu de chances d'obtenir le diplôme en validation totale, prévient-il. Vous risquez de devoir retourner sur les bancs de l'école. » Ainsi tous les chefs de projet ne peuvent-ils prétendre à devenir ingénieurs Cnam. « Cela nécessite de solides connaissances techniques », estime Hugues Pecqueur, titulaire d'un bac + 4, qui vient, lui, de décrocher le diplôme en validation totale.

Lorsqu'un candidat vise une validation directe, sans repasser par la case études, le choix du diplôme est primordial. Et mieux vaut ne pas restreindre sa recherche à un critère géographique. D'autant que le postulant n'a besoin de se déplacer que deux ou trois fois - pour l'entretien de motivation, puis, une fois retenu, pour la soutenance.

Il est donc préférable, plutôt que de chercher à rester au plus près de chez soi, de choisir des formations reconnues dispensées dans des établissements dotés de bonnes infrastructures VAE. En effet, certaines écoles ou universités sont encore réticentes à décerner un diplôme à des étudiants qui n'ont pas suivi leurs cours. C'est pourquoi Myriam Deparis s'est montrée prudente.

Une fois le type de diplôme qu'elle visait identifié - une maîtrise en méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises -, elle a demandé aux universités qui le proposaient le nombre de dossiers déposés, le nombre de dossiers acceptés, et les taux de réussite. « J'ai finalement présenté la Miage à Orsay, qui semblait disposer d'une vraie structure de VAE et avait un taux de réussite significatif, raconte-t-elle. La sélection des dossiers et les entretiens de motivation étaient très sévères. Ils n'acceptaient qu'une dizaine de candidats par an, mais 80 % d'entre eux décrochaient leur diplôme. »

Un an pour constituer son dossier

Pour s'inscrire, il faut prouver que l'on a le niveau. Selon les organismes, cela passe par un prédossier, un entretien, etc. Le diplôme universitaire bac + 4 de Hugues Pecqueur lui a permis d'obtenir une équivalence pour la plupart des unités de valeur du diplôme d'études supérieures techniques nécessaire pour postuler au diplôme d'ingénieur du Cnam. « Lors d'un entretien, un professeur a évalué mes compétences techniques et ma capacité à décrocher le diplôme d'ingénieur. J'ai ensuite rédigé en trois mois un mémoire de 120 pages sur des projets que j'avais menés, dont un plus en détail. »

La deuxième grande étape d'une démarche VAE est, en effet, la rédaction d'un dossier documenté, sur lequel le jury va se fonder pour évaluer les compétences du candidat. Un travail de titan. Alain devait retracer l'évolution de sa carrière. « J'ai dû retrouver tous les projets sur lesquels j'avais travaillé pendant vingt ans, avec les dates précises. Reconstituer tout mon parcours m'a demandé plus d'un an. » La phase la plus pénible pour lui a été la mise en forme de l'information. Il s'est alors appuyé sur certains de ses supérieurs, même s'il effectuait cette VAE à titre personnel.

Pour sa part, Matthieu Jardin estime avoir consacré plus de 150 heures à rédiger son dossier et rassembler tous les documents nécessaires. « J'y ai travaillé un peu tous les jours pendant un an. Il faut être autonome, car personne n'est là pour vous guider. » Aux 80 pages répondant aux différentes questions posées, il a joint des documents : schémas de réseaux, fiches projets qu'il avait mises en place...

Plus une centaine de pages d'attestations de formations suivies chez différents éditeurs et constructeurs. « Il faut tout garder. Le dossier VAE doit être le plus riche possible, car il servira de base au jury pour poser ses questions. » S'il existe un référentiel métier correspondant au diplôme, il est bon de se le procurer. « Il faut prouver que l'on maîtrise chaque élément de ce référentiel », explique-t-il.

Lorsqu'il rédige son mémoire, le candidat ne doit pas se contenter de décrire les projets sur lesquels il a travaillé, mais insister sur le rôle qu'il y a joué. Ce sont, en effet, les seules informations dont disposent les membres du jury pour juger de l'expérience et des compétences du candidat. Enfin, ce dossier doit être synthétisé et soutenu devant le jury composé d'enseignants et de professionnels. Lequel décide s'il valide ou non l'expérience, et s'il délivre tout ou partie du diplôme.

Pour en savoir plus

- La VAE dans l'enseignement supérieur (ministère de l'Education nationale).

Où s'adresser académie par académie.

Le bilan en Ile-de-France.

Les textes d'application.

Un dossier monté par Syntec Informatique et L'Etudiant.

Répertoire national des certifications professionnelles.

Les services VAE des écoles et universités en Ile-de-France.

« VAE, les clés d'un dossier gagnant », Thierry Berth et du Prat-Mirail.

Retrouvez toutes ces informations sur : www.01blog.fr/1853


Guide pratique

La VAE, c'est quoi ?

La validation des acquis de l'expérience donne la possibilité aux personnes ayant au moins trois ans d'expérience professionnelle de convertir leurs compétences en diplôme. Celui-ci peut être validé totalement ou en partie.

Quels sont les diplômes concernés ?

Tous les diplômes de l'enseignement supérieur, toutes les certifications à finalité professionnelle inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), ainsi que les certificats de qualification professionnelle (CQP) des branches professionnelles.

Comment procéder ?

Rencontrer un conseiller VAE, et identifiert le diplôme ou la certification qui correspond le mieux à son expérience. Retirer ensuite un dossier ou un ir prédossier de candidature auprès du ou des établissement(s) choisi(s). Le candidat retenu rédige alors un mémoire étayé en vue d'une soutenance orale. Le jury valide l'obtention du diplôme, totalement ou partie. Dans ce dernier cas, le candidat a cinq ans pour obtenir le complément (par une reprise de cours, une nouvelle VAE...)

Où s'informer ?

Auprès d'un point relais conseil (PRC) ou du service des ressources humaines de son entreprise, dans une antenne ANPE, ou encore sur internet.

Combien ça coûte ?

Les frais d'inscription et de validation varient selon les établissements (universités, écoles, Afpa, Cnam, etc.). Ils s'étendent de 400 à plusieurs milliers d'euros. Chaque organisme a sa propre organisation et ses propres tarifs.



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