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Optimiser l'achat d'énergie Alain Candille ENTREPRISES
Optimiser l'achat d'énergie

Alain Candille
, Caractère, le 04/04/2006 à 08h00

Dans un marché à peine ouvert à la concurrence, les prix s'enflamment, au grand désespoir des consommateurs professionnels, qui n'ont, pour l'instant, d'autres choix que d'encaisser les hausses.

Depuis 2001, pour les gros consommateurs, et 2004 pour les autres, il est possible d'acheter électricité et gaz ailleurs que chez EDF ou GDF. A priori , on pouvait légitiment se frotter les mains et se réjouir de la fin du monopole. Vive la concurrence ! Malheureusement, les entreprises qui ont exercé leur exigibilité ont vite déchanté. Car la baisse des prix n'a duré qu'un temps, à la grande surprise de nombreux acteurs du marché, et en premier lieu, des clients concernés. Les particuliers pourront quant à eux faire jouer leur éligibilité à partir de 2007. Dans un marché bouleversé par les hausses.

Les tarifs du mégawattheure se sont envolés à partir de 2003 sur Powernext, le marché boursier de l'électricité, créé en novembre 2001 en France. Rien qu'en 2005, la hausse a atteint plus de 60 %. Et rien n'indique que cette spirale va s'arrêter. Car le marché boursier de l'énergie est hautement spéculatif, et uniquement soumis à la loi de l'offre et de la demande. Alors que les tarifs régulés, imposés par l'État, stagnaient, voire baissaient dans le même temps.

Mais avec le spectre d'une crise énergétique, alimentée par l'appétit de la Chine et de l'Inde, les incertitudes sur les politiques de certains pays producteurs au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, etc., le baril de pétrole flirte en ce début 2006 avec les 70 dollars. Et le mégawattheure se situait, à la date du 26 janvier, entre 56,55 et 79,69 euros, selon les indices Baseload et Peakload pour l'année 2007.

En fait, l'ouverture à la concurrence ne s'applique qu'à la production et à la fourniture. N'importe qui peut donc produire, vendre et acheter de l'électricité, sans passer par EDF. En revanche, les activités de gestion des réseaux de transport et de distribution restent dans le cadre d'un environnement monopolistique. La situation est, à peu de choses près, semblable à ce qui s'est passé pour le téléphone il y a quelques années. Les nombreux acteurs pratiquent donc des prix libres, guidés par le marché, et donc, en fonction de l'offre et de la demande.

Selon les données actuelles, sur 4,5 millions de clients éligibles - ce qui représente une consommation d'électricité annuelle de 295 térawattheures -, seulement 329 700 d'entre eux auraient franchi le pas en octobre 2005. Car rien n'oblige les clients professionnels à faire jouer leur éligibilité. Et 106 150 ont opté pour un fournisseur alternatif.

Quant au gaz naturel, depuis juillet 2004, les consommateurs finaux non résidentiels sont à même de choisir librement leur fournisseur. Ce qui représente 640 000 sites et une consommation de gaz d'environ 380 térawattheures. À l'échéance d'octobre 2005, seuls 39 000 sites avaient exercé leur éligibilité.

Lors de l'introduction en Bourse d'EDF, le gouvernement a d'ailleurs rappelé que les tarifs régulés seraient maintenus pour les cinq années à venir. Mais après, il faudra faire sans. Et la facture risque d'être salée. D'où l'intérêt de se pencher déjà sur le problème.

Un aller sans retour

Beaucoup de gros consommateurs ont abandonné les tarifs régulés dès 2001, lorsque cela s'est révélé être économiquement une bonne opération. Depuis, nombreux sont ceux qui s'en mordent les doigts et tentent de limiter la casse. Car l'aller s'effectue sans retour possible. On constate d'ailleurs que les contrats se négocient sur des durées plus longues, pour se mettre à l'abri des augmentations.

L'une des conséquences de ces hausses a été que Stora Enso s'apprête à arrêter cette année deux de ses trois lignes de production sur son site français de Corbehem (62). En invoquant notamment la flambée des prix de l'énergie. Le papetier avait opté pour le contrat « libre » d'EDF.

Limiter la casse

Côté parade, plusieurs pistes sont à l'étude. La première qui vient à l'esprit concerne les gisements d'économie à trouver au sein de l'entreprise. Par exemple, sur l'éclairage, sur l'air comprimé. On peut également recycler la chaleur dégagée par les sécheurs des rotatives, etc. La seconde piste a trait aux énergies alternatives susceptibles d'être mises en place pour assurer la fourniture à moindre à coût dans les années à venir. Ces énergies deviendront rentables si les hausses se poursuivent, malgré leur coût de mise en route.

Depuis l'ouverture du marché, une kyrielle de fournisseurs d'électricité et de gaz s'est ruée sur le marché français. EDF démarche à présent les entreprises pour leur vendre du gaz, et GDF, de l'électricité. C'est à n'y plus rien comprendre si l'on ne s'est pas bien préparé. Plus d'une cinquantaine de fournisseurs, producteurs ou courtiers vendent strictement le même produit, à la base. Avec des offres plus ou moins claires. D'ailleurs, certains brouillent les pistes et souvent, sciemment. La CRE (Commission de régulation de l'énergie) s'est fendue d'un Guide du consommateur pour accompagner les clients éligibles dans leur démarche d'acheteur d'énergie. Du temps du monopole, les fournisseurs historiques n'ayant rien fait pour réellement intéresser ou préparer les consommateurs, alors captifs.

Quoi qu'il en soit, l'énergie est bien une matière première, au même titre que le papier. Et sa part est appelée à peser de plus en lourd dans le coût de fabrication des imprimés. Ceci se traduit par une baisse des marges - déjà très étroites - des entreprises graphiques. Résultat : l'achat d'énergie est devenu un élément stratégique dans la conduite d'une affaire.

L'essentiel

L'éligibilité

Depuis 2004, tous les professionnels peuvent acheter leur électricité et leur gaz chez un autre fournisseur qu'EDF pour l'un et GDF pour l'autre.

Le marché

Il existe actuellement deux types de marché. L'un bénéficie encore de tarifs régulés, dont l'augmentation est réglementée par l'État. L'autre, qui concerne les clients ayant fait jouer leur exigibilité, pratique des tarifs libres.

Les acteurs

À côté des fournisseurs historiques, on trouve des dizaines d'entreprises (soit producteurs, soit courtiers) qui se disputent les clients désireux de quitter le giron des anciens détenteurs du monopole.


« Suite à l'envolée des cours, le coût énergétique dans le prix de revient d'un imprimé représente à présent entre 8 et 10 % »

Daniel Dauget, responsable technique chez Maury Imprimeur (45).

Jean-Michel Thibaut, directeur industriel de Maury Imprimeur (45).

« L'énergie est devenue un produit hautement spéculatif entièrement soumis à la loi de l'offre et de la demande  »

Blaise Zago, directeur général du groupe Agir Graphic (53).

« Avec, dans notre région, un taux d'ensoleillement de 280 jours par an, nous pourrions nous passer du gaz »

Michel Dugrain directeur de l'imprimerie Les Mimosas (26).

« Nous apprécions la qualité du service EDF et la réactivité de ses techniciens »

Jean-Yves Le Corre gérant de l'imprimerie IFCLI (29).

« Nous réfléchissons à la possibilité de remplacer notre chauffage électrique par une autre de forme de chauffage pour rester dans le tarif jaune »

Jacques Dossal dirigeant de Bemo Graphic (61).




du même auteur, pour approfondir :
France : un tarif avantageux pour l'électricité
dans le même dossier : Optimiser l'achat d'énergie (3 articles)
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