
Chaque année, le volume des fichiers dans l'entreprise croît de 60 à 80 %. Cette inflation impose une organisation plus stricte des centres de données. Deux à trois niveaux de stockage sont désormais mis en place, via un système entièrement voué au stockage, aux sauvegardes et à l'archivage : le SAN (Storage Area Network). Ce réseau dédié alloue dynamiquement des espaces disques aux serveurs d'applications en fonction de leurs besoins. Il gère les échanges entre disques et serveurs de requêtes des utilisateurs, soulageant ainsi le réseau local. D'année en année, le SAN accompagne l'augmentation de la volumétrie, sans fondamentalement remettre en cause les équipements. Pourtant, il pose encore plusieurs questions aux responsables de données. Comment le faire évoluer et contenir les dépenses inhérentes au stockage ? Comment tirer le meilleur parti des disques durs modernes, et quelles bonnes pratiques mettre en place dorénavant ? Plusieurs raisons poussent les fabricants de disques durs et leurs clients, constructeurs et intégrateurs de solutions de stockage, à adopter des disques série en lieu et place des anciens disques en parallèle.
Une connectique plus fiable, et moins chère
Ces raisons sont avant tout d'ordre industriel et économique. Les disques série s'appuient sur une connectique plus fiable et moins chère (avec des câbles et des connecteurs moins volumineux) que les médias d'hier, Parallel ATA et SCSI. Ce qui simplifie les opérations d'installation et de maintenance. Autre atout, ils permettent d'assembler davantage de disques durs dans une même baie. En outre, l'entreprise apprécie de pouvoir remplacer elle-même ses disques durs, entre autres, en cas de défaillance. Elle le fait désormais à chaud, sans interrompre ses serveurs, car l'exploitation des disques redondants en réseau se généralise. Les modes Raid 1, Raid 5 ou Raid 6 sont logiquement proposés dans les dernières baies de disques SAN. Rappelons que le Raid 6 - le plus récent - pare à l'éventuelle faille simultanée de deux disques durs dans une même unité logique grâce à une double parité. « Les disques Sata sont issus de chaînes de production moins exigeantes en termes de qualité, analyse Patrick Dufour, le directeur technique avant vente du groupe A2P Stordata. Ils sont vendus et perçus comme un peu moins fiables que les disques Fibre Channel. D'où la généralisation du Raid 6, chez Network Appliance ou HDS, car cette technologie améliore d'un facteur 2 000 la fiabilité des disques Raid 4 et Raid 5. » Le directeur technique observe aussi que les entreprises confiant leur sauvegarde veulent chiffrer leurs données. Par exemple, pour réduire le risque de fuite d'informations bancaires relatives aux clients. Et cela passe par un équipement de sécurité spécifique, comme une appliance Decru.
Le réseau de stockage démocratise
Hier encore, l'intégrateur répondait à l'augmentation de volume en livrant de nouvelles unités de stockage plus généreuses. Nul besoin d'une grande inventivité pour placer de nouvelles baies dans le centre de données. Il cherche toujours à savoir combien de téraoctets l'entreprise exigera dans un an, ensuite dans trois ans. Mais, aujourd'hui, il s'implique davantage dans l'architecture réseau, dans la finalité du stockage et l'optimisation des coûts de maintenance, allant jusqu'au réglage fin de l'infrastructure.
Le marché du SAN s'ouvre à des solutions plus économiques, fondées sur des disques Sata et une connectivité simplifiée. Cependant, l'interface Fibre Channel reste au coeur de la baie, tandis que le protocole IP prend le relais sur la connexion entre la baie et les serveurs. Ces solutions, dites SAN IP, ne disposent pas de fonctions de snapshot (copie instantanée) ou de réplication avancée ou de double parité. Elles conviennent donc surtout aux PME. Dans une entreprise comptant un millier de salariés, avec autant de boîtes aux lettres, les performances d'entrée-sortie sont cruciales. « On peut multiplier les solutions de stockage d'entrée de gamme. Mais le coût de possession augmente alors, car cela exige davantage de personnel pour les gérer ou de se contenter d'une administration imparfaite » , prévient Patrick Dufour, d'A2P Stordata. A ce stade, mieux vaut, selon lui, se tourner vers une baie SAN de haut de gamme, évolutive jusqu'à plusieurs centaines de téraoctets.
Le facteur d'évolution des SAN : son prix
Une fois prise la décision d'installer un SAN, le choix des disques durs demeure possible en fonction de la nature des applications. Les programmes transactionnels - stratégiques pour l'entreprise - s'appuient de préférence sur un stockage primaire performant. Le plus souvent, celui-ci se matérialise par une baie SAN avec des disques Fibre Channel. Les applications moins exigeantes en performances d'entrée-sortie se contentent, pour leur part, de disques Sata. Ces applications peuvent requérir une haute volumétrie, mais leur temps de réponse s'avère moins critique. C'est le cas, par exemple, de la sauvegarde sur disque. Un domaine où la faculté de récupérer les fichiers prime sur le temps de chargement des données. En l'espèce, l'entreprise table sur des sauvegardes en deux temps : d'abord vers des disques de back up ; et, ensuite, de ces derniers vers des bandes Worm, à écriture unique par conformité légale. Le disque Sata est vendu comme un disque de second rang, que l'on peut néanmoins fiabiliser par une grappe de médias redondants. Récent et encore méconnu, le disque SAS couvre les besoins d'applications intermédiaires, où performances et volumétrie exigent d'être conciliées. A terme, il devrait s'insérer entre les disques Sata et les disques Fibre Channel.
Le fabricant EMC prévoit de mixer des disques Fibre Channel et SAS dans ses futures baies Clariion pour offrir plus de granularité à ses clients. « Il faudra suivre l'évolution des prix afin de vérifier si la technologie SAS peut ou non porter ombrage aux disques Sata, déjà bien présents dans les baies de disques pour le snapshot ou la copie de données » , anticipe Gérard Porcel, le responsable chargé du centre de compétences stockage au sein de MIBS Infrastructure & Services, filiale de IB Group. Pour lui, la vraie révolution du stockage réside dans le fait que les configurations NAS et SAN retiennent plusieurs technologies de disques. Et qu'elles répondent donc simultanément à plusieurs besoins applicatifs - gestion de données, services de fichiers, messagerie, archivage, etc.
Différentes voies possibles d'évolution
Pour augmenter les performances du SAN, il est possible de faire évoluer son infrastructure. Les technologies Fibre Channel à 1,2 et 4 Gbit/s sont compatibles entre elles. Dorénavant, les commutateurs livrés par Brocade, McData ou Cisco proposent tous des ports à 4 Gbit/s. Pour autant, passer d'une infrastructure à une autre, lorsqu'on aligne 50 serveurs, peut coûter cher s'il faut racheter 50 adaptateurs à haut débit. Faire évoluer un réseau SAN relève chaque fois du cas particulier, observe Gérard Porcel, de MIBS Infrastructure & Services : « On s'intéresse d'abord aux équipements du réseau, et ensuite aux technologies des disques pour analyser ce qui est récupérable ou non. » Un examen de la compatibilité des serveurs et des attachements s'impose alors pour dimensionner le réseau SAN en fonction des applications.
Autre voie d'évolution, le « trunking réseau » . Cela consiste, par exemple, à agréger plusieurs liens à 2 Gbit/s pour soulager les serveurs sollicitant le plus les ressources de stockage. Néanmoins, le stockage de données en temps réel, comme les tickets d'appel d'un opérateur, devient parfois un impératif fiscal et légal. Demain, il faudra se poser la question du stockage des données éphémères. Et, sans doute, purger les traces devenues inutiles. « Pour l'instant, on stocke tout, car cerner l'utilité de certaines données, en dehors de la date de référence du dernier accès, apparaît trop complexe » , déclare Patrick Dufour, d'A2P Stordata. La mise en place de règles d'organisation des archives et d'administration de la vie des données s'imposera progressivement.
1. Le disque d'entrée de gamme Sata
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Il rejoint le PC et les tiroirs amovibles d'unités NAS ou SAN.
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Il correspond aux applications exigeant de gros volumes contre un budget serré.
2. Le disque SAS
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C'est le remplaçant du disque SCSI pour les applications requérant un faible temps de réponse. Pour l'instant, il est disponible en attachement direct sur quelques serveurs récents.
3. Le disque Fibre Channel
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Il est destiné aux baies de stockage SAN de haut de gamme. Plus onéreux, il correspond aux applications nécessitant de hautes performances, une grande fiabilité, et d'importants volumes. Plusieurs paramètres interviennent dans
les performances et la fiabilité des disques : la vitessse de rotation, la mémoire du contrôleur, les logiciels embarqués, et la redondance des médias.
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