Pour mettre en place leurs réseaux haut débit, les collectivités ont à leur disposition un nombre croissant de technologies. La fibre optique est toujours présente. Comme technologie incontournable pour la construction des
dorsales haut débit, mais aussi pour le réseau d'accès jusqu'au domicile, au bâtiment ou à la zone d'activité, et ce, pour longtemps encore. Partout où elle est mise en place, elle s'avère être la solution la plus pérenne. Pour les lieux
inaccessibles à la fibre, les autres technologies s'appellent le courant porteur en ligne (CPL), le Wi-Fi, le WiMAX, etc.
« Il y a deux ans, je n'aurais pas parié sur le CPL ! »,
raconte Ariel
Turpin, chef de service TIC du conseil général de Seine-et-Marne, qui a testé et mis en place la plupart des technologies.
« Mais depuis, le CPL a progressé, aujourd'hui il est bluffant ! En revanche, les coûts de
maintenance restent élevés, et le raccordement du transformateur au réseau Internet peut se révéler compliqué »,
poursuit Ariel Turpin. Le conseil général de Seine-et-Marne a intégré huit couvertures CPL dans son projet haut
débit. Ce département n'est pas le seul à miser sur cette technologie. Des projets de grande envergure sont en cours, notamment celui du Sipperec (Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication),
qui est en effet en train d'installer du CPL sur les 86 communes qu'il dessert au travers du réseau électrique. Les premiers déploiements devraient intervenir avant fin 2006. Objectif : fournir des débits de 200 Mbit/s théoriques (40 à
45 Mbit/s réels).
Wi-Fi Mesh est le WiMAX qui s'ignore
Autre technologie montante : le Wi-Fi. La libération de la bande de fréquences 5,470-5,725 GHz en janvier 2006 permet désormais une utilisation du 802.11a en extérieur. Plusieurs réseaux de ce type sont en cours de
déploiement. D'autres normes Wi-Fi, 802.11g et b, sont également utilisées.
« Les déploiements en 5,4 GHz sont encore trop récents pour que l'on puisse juger de leur efficacité. Les autres déploiements Wi-Fi sur la bande
de fréquences 2,4 GHz conviennent mieux aux petites communes sans obstacle. En revanche, elles sont très sensibles aux intempéries et sont vite saturées en utilisateurs »,
prévient Ariel Turpin. Variante du Wi-Fi, le
Wi-fi Mesh est mis en oeuvre dans certains projets, comme en témoigne Philippe Le Grand, directeur général de Manche Numérique :
« Le Wi-Fi Mesh est du WiMAX qui s'ignore. Et l'on peut facilement basculer vers le WiMAX
à partir d'une infrastructure Wi-Fi Mesh. »
WiMAX : un coût élevé
Quant au WiMAX, si les procédures d'attribution de licences d'exploitation sont en cours, certains projets ont déjà été menés, en particulier avec l'opérateur Altitude Telecom. Notamment en Seine-et-Marne où le WiMAX est utilisé
pour la desserte. Le coût élevé des stations de base et des raccordements reste problématique, mais il devrait baisser avec l'attribution des licences.
« La technologie WiMAX est très intéressante, notamment par son débit et
sa portée. Mais l'interopérabilité, qui n'est pas encore totalement définie, peut être un frein à son déploiement »,
assure Daniel Wulsztat, directeur chargé du dossier WiMAX pour la région Picardie. Le satellite, lui, prête
le flan à de nombreuses critiques : technologie décevante, gestion des applications au travers d'un lien satellite difficile, etc. Cette technologie se présente donc comme le dernier recours.
« Elle pourrait, par exemple,
convenir pour nos maisons forestières, situées en pleine forêt de Fontainebleau et inaccessibles à toute autre technologie »,
envisage ainsi Ariel Turpin.