L'affaire
Un système de protection implanté sur le DVD du film Mulholland Drive rendait impossible toute copie. Alors même que de telles mesures techniques portent directement atteinte aux droits fondamentaux à la copie privée, ainsi que la définissent les articles L. 122-5 et L. 211-3 du code de la propriété intellectuelle. Portée devant les tribunaux, l'affaire a opposé un consommateur et l'association UFC-Que Choisir aux sociétés Studio Canal, éditeur du DVD, et Universal Pictures Vidéo France, en qualité de défenseur.
Une exception de principe
Pour justifier le droit à la copie privée, la cour d'appel de Paris avait mis en exergue deux éléments particuliers : la copie privée est une exception légale aux droits d'auteur, et ne saurait être limitée « alors que la législation française ne comporte aucune disposition en ce sens » . La cour d'appel fait remarquer que les producteurs du DVD ne rapportent pas la preuve d'un « dévoiement répréhensible » . Et que, en l'état, « une copie à usage privé n'est pas de nature à porter atteinte à l'exploitation normale de l'oeuvre sous forme de DVD (...) » .
Le refus
La Cour de cassation a refusé cette analyse. Elle considère que le droit à la copie privée n'est pas « un droit reconnu de manière absolue à l'usager » , et que l'atteinte à l'exploitation normale de l'oeuvre peut justifier les mesures techniques permettant de supprimer l' « exception de copie privée » . Selon la Cour de cassation, cette possibilité doit s'apprécier « au regard des risques inhérents au nouvel environnement numérique quant à la sauvegarde des droits d'auteur et de l'importance économique que l'exploitation de l'oeuvre, sous forme de DVD, représente pour l'amortissement des coûts de production cinématographique » (*) .
(*) Cass. civ. 1er ch., 28 février 2006, pourvois n° D 05-15.824 et X 05-16.002.
Les dispositifs de protection dont sont dotés les DVD ne constituent pas une violation de l'exception de copie privée. Mais ils doivent être signalés clairement sur la jaquette du DVD. En effet, le consommateur doit être informé avant l'achat de la présence du dispositif et de ses éventuelles conséquences (art. L. 111-1 C. conso.).
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La jurisprudence a condamné une maison de disques à rembourser à une consommatrice le prix d'un CD au motif qu'il était affecté d'un vice caché. Le CD contenait des protections anti-copie, générant des restrictions d'utilisation comme l'impossibilité de lecture par certains autoradios ou lecteurs
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La même maison de disques a été condamnée pour tromperie, au sens de l'article L. 213-1 du code de la consommation. Et obligée d'inscrire au verso de l'emballage du CD la formule :
« Attention, il ne peut être lu sur tout lecteur ou autoradio »
, en caractères de 2,5 mm
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(1) TGI Nanterre, 6e ch., 2 septembre 2003.(2) TGI Nanterre 6e ch., 24 juin 2003.
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