
Les applications à interface web se sont imposées grâce à leur faible coût de déploiement et à l'usage de technologies standards. « Mais elles ne sont pas assez ergonomiques pour répondre à tous les besoins » , estime Randy Heffner, analyste chez Forrester Research. Révélé par Google Maps, Ajax (Asynchronous Javascript and XML) propose de combler cette lacune.
Cette nouvelle architecture applicative s'appuie exclusivement sur des technologies web - XHTML, CSS, DOM et ECMAscript - et sur l'appel de services web pour fournir aux utilisateurs une interface digne des clients lourds. Un simple navigateur suffit pour déployer l'application. « C'est le client riche du pauvre » , synthétise Philippe Mougin, architecte chez Zenexity. Le motif de conception Single Page Interface (SPI) fournit le cadre de l'application. Il préconise de la développer en assemblant des contrôles graphiques indépendants. Et comme ces derniers dialoguent directement avec le serveur au travers de services web ou de flux RSS, il n'est plus nécessaire de rafraîchir toute la page à chaque action de l'utilisateur.
Les mêmes principes qu'un client riche
« Ajax aide à utiliser le modèle MVC (Model View Controller) côté serveur pour générer la navigation entre les différents écrans, et un modèle événementiel côté client pour rafraîchir indépendamment chaque composant » , résume Sébastien Brunot, architecte chez Octo Technology. Il ne s'agit plus de générer des pages web dynamiques, mais d'assembler des composants graphiques à la volée et de les alimenter par des flux XML. Ajax repose donc sur les mêmes principes qu'un client riche : « runtime » déployé dans le navigateur à chaque appel de l'application, composants graphiques (code HTML et CSS) embarqués dans le runtime...
A chaque « runtime » Ajax correspond un framework de développement. Il en existe plus de 40, dont aucun ne s'est imposé. Les outils de développement graphique restent aussi très limités. Cependant, le rôle du framework Ajax demeure prépondérant. « Développer une application Ajax à la main relève de la gageure , prévient Didier Girard, directeur technique d'Improve. Il faut absolument s'appuyer sur un framework. » Car Javascript et DHTML ne sont pas faciles à maintenir, et de nombreuses disparités d'interprétation subsistent entre les navigateurs.
Contrairement au client riche, Ajax ne supporte pas, pour l'heure, le mode déconnecté. « Mais des systèmes de fichiers et des embryons de base de données écrits en ECMAscript commencent à apparaître » , tempère Jérémy Chatard, directeur technique de la SSII Breek.
Le framework Ajax Rialto reproduit le comportement d'un client lourd au sein d'une page HTML : clic droit, glisser-déplacer, onglet, tableaux triables par colonne, etc. Le tout en ne rafraîchissant que le composant qui le nécessite.
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