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[ NOM DE DOMAINE ]
Marc van Wesemael (Eurid) : « Les premiers .eu seront vraiment en ligne le 4 février »
Marc van Wesemael, PDG d'Eurid, fait le point sur les dépôts de noms de domaine avant le grand rush du 7 avril. Le .eu sera alors ouvert à tous.

Propos recueillis par Hélène Puel , 01net., le 03/02/2006 à 18h24

01net. : Selon les premiers retours des registrars (sociétés d'enregistrement de noms de domaine) français, le .eu rencontrerait moins de succès que le .fr ou le .com. Partagez-vous cette opinion ?

Marc van Wesemael : Nous avons enregistré depuis le 7 décembre près de 170 000 noms de domaine. Ce sont les chiffres que nous attendions. Il faut savoir que l'enregistrement n'est pour l'instant ouvert qu'aux services publics et aux détenteurs de marques. Le 7 février prochain, il concernera les « droits étendus », comme les noms de société ou les noms d'oeuvre. Nous espérons plus ou moins 200 000 enregistrements sur cette deuxième période. Lors de la phase finale, qui sera ouverte à tous [le 7 avril, NDLR], nous devrions recevoir plus d'un million de demandes. L'un des registrars avec qui nous sommes en contact a près de 250 000 noms de domaine en attente.

Quel intérêt y a-t-il pour un particulier à posséder un nom de domaine en .eu ?

Il n'y a pas moins ni plus d'intérêt que d'avoir un .fr. La question serait plutôt : Pourquoi avoir un nom de domaine personnel ? Essentiellement pour avoir une adresse e-mail personnalisée, plutôt que celle d'un fournisseurs d'accès Internet.

Vous avez dit dans une interview que vous deviez atteindre un certain nombre de demandes d'enregistrement, sans quoi vous seriez obligé de relever le prix du dépôt, aujourd'hui de 10 euros. Quel est ce seuil ?

Notre modèle économique est calculé sur la base d'un million de noms de domaine. Mais nous réussirions toutefois à ne pas augmenter le prix du dépôt de l'enregistrement avec 500 000 .eu.

Eurid est une association à but non lucratif. Mais nous avons des partenaires à rembourser. Nous avons été financés par les .be, .it, .se, auprès desquels nous avons contracté des emprunts. Nous devons encore financer de lourds investissements, en serveurs notamment.

Eurid est le seul .eu en ligne à ce jour*. Quand verrons-nous apparaître les premiers noms de domaine dotés de l'extension européenne ?

Les premiers .eu seront essentiellement des sites gouvernementaux. Ils seront vraiment disponibles dès le 4 février prochain.

Certains font part d'un embouteillage au niveau de l'enregistrement. Qu'en est-il vraiment ?

Le système est tel que les gens doivent au préalable envoyer une demande d'enregistrement par courrier électronique. Puis, ils disposent d'un délai de 40 jours pour faire parvenir par envoi postal les documents attestant qu'ils sont bien propriétaires d'une marque.

Nombre d'entre eux ont attendu le dernier moment pour expédier leurs documents, si bien que nous traitons aujourd'hui 1 000 demandes par jour. Aucun délai supplémentaire ne sera accordé à ceux qui ont tardé ou oublié d'envoyer ces papiers.

L'instauration d'une échéance est nécessaire pour un système efficace. Sans quoi un nom de domaine pourrait être bloqué à l'infini. Là, au bout de quarante jours, si nous n'avons reçu aucun document, le deuxième prétendant sur la liste d'attente peut faire valoir ses droits sur le nom de domaine en question.

A ce propos, le principe du premier arrivé premier servi est-il juste ?

Oui. Plusieurs sociétés peuvent faire valoir leurs droits sur une même marque au sein des 25 membres de l'Union européenne. L'attribution du nom de domaine par ordre chronologique nous semble le plus juste.

Comment, sinon, estimer qu'une société est plus légitime qu'une autre ? Il est vrai que nous vivons un moment un peu spécial. Nous sommes au début du .eu. Les demandes sont envoyées en même temps. Et pour certaines, l'attribution du nom de domaine se joue à quelques secondes.

Justement, Eurostar.eu a fait l'objet d'une contestation devant les tribunaux français. La marque a échappé aux compagnies ferroviaires, au profit d'un joaillier belge homonyme...

Si les deux marques ont été enregistrées auprès des autorités compétentes [Institut national de la propriété industrielle en France, NDLR] , elles ont légitimement le droit d'exister. Le problème c'est qu'une même dénomination peut exister dans diverses catégories d'activité, alors qu'il n'existe qu'un seul espace en .eu.

Quels sont les recours possibles dans un cas similaire ?

Le dépôt d'une plainte devant les tribunaux n'exclut pas une procédure ADR (Alternative Dispute Resolution) devant notre partenaire tchèque. Cette cour d'arbitrage évalue en deuxième instance si une société, ou plus tard un particulier, peut légitimement prétendre à un nom de domaine.

Avez-vous déjà remarqué des cas de cyberquatting ?

Tout dépend ce que vous appelez cybersquatting. Si quelqu'un a déposé une marque imitant celle d'une enseigne connue, mais avec une différence orthographique, et que cette demande a été acceptée par les instances compétentes, nous ne pouvons nous opposer à l'enregistrement de son nom de domaine.

Quelques-uns sont toutefois déjà en ligne.


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