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C'est reparti... ou presque. Après la panique déclenchée fin décembre par le vote d'amendements à la loi Droit d'auteur et droits voisins légalisant les échanges en peer to peer sur Internet (la licence globale), le Gouvernement tente de reprendre la main.
Dans un communiqué publié samedi 14 janvier, le ministre de la Culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, fait part des pistes qu'il est en train d'explorer pour proposer « un projet sur le droit d'auteur dans la société de l'information considérablement enrichi et clarifié pour proposer l'équilibre attendu entre liberté et régulation ».
Cette clarification consiste en une série d'amendements, l'essentiel déjà annoncé dès avant les débats fin décembre, d'autres plus précis, certains nouveaux. Mais tous reflètent l'agacement d'un ministre très remonté contre l'idée selon laquelle il proposerait un texte « liberticide ». Et son premier mot est pour la copie privée. Le ministre ne cesse de le marteler : le projet de loi respecte l'exception pour copie privée (le droit de reproduction accordé au consommateur). « C'était tellement évident que ce n'était pas écrit dans loi », indique-t-on au ministère. Du coup, un amendement devrait corriger le tir. Le ministre promet également de garantir un « nombre suffisant de copies ». Mais pas en l'inscrivant dans la loi. Ce sera plutôt au collège des médiateurs, créé par des amendements déjà déposés pour arbitrer les conflits sur l'exercice de la copie, d'en décider. Tout en ayant en tête que, pour le ministre de la Culture, le bon chiffre, c'est cinq copies...
« Sur le fond, on ne peut être que d'accord, depuis que le projet de loi est déposé on dit que ce n'est pas si clair que ça », remarque-t-on à Consommation logement et cadre de vie (CLCV). Sauf que l'association de consommateurs tique sur la définition d'un nombre de copies. « La copie privée, ça n'est pas ça, c'est le fait de laisser une liberté d'usage, sans un nombre précis et variable selon le type de support, en plus. »
La réponse graduée toujours en chantier
Le collège des médiateurs va être appelé à une autre appréciation : le nombre de fichiers téléchargés illégalement à partir duquel l'internaute s'expose à la « réponse graduée » (mails d'avertissements de l'industrie du disque, puis poursuites judiciaires). Le Gouvernement n'a pas encore tranché sur la manière de le mettre en oeuvre, l'amendement est toujours en chantier.
En revanche une nouveauté : le ministre promet de faire un distinguo entre téléchargement et mise à disposition. « Merci beaucoup, ironise-t-on au CLCV, mais les tribunaux font déjà le distingo... Le ministre ne fait que respecter la jurisprudence. Et il reste une incertitude juridique : souvent, l'utilisateur n'a pas le choix, il ne peut pas télécharger sans mettre à disposition. »
Si ces mesures se présentent comme autant de garanties du ministre que l'esprit de son texte n'est pas au tout-répressif, il en est une encore plus claire à propos des mesures techniques de protection. Celles-ci sont toujours légitimées par le texte, leur contournement est toujours jugé illégal. Mais, jusqu'à maintenant, dans l'absolu, les peines prévues peuvent aller jusqu'à 300 000 euros d'amende et trois ans de prison. De quoi faire peur, même si tout le monde, du Gouvernement à l'industrie du disque, s'accorde à dire que jamais on n'irait jusque-là.
Le ministre de la Culture envisage alors un amendement prévoyant de ramener cette somme à une amende de 38 euros, dans le cas d'un « crackage » pour usage personnel (faire sauter le dispositif anticopie d'un de ses DVD, par exemple). Soit une simple contravention de première classe. En revanche, il reviendrait à des amendes de plusieurs milliers d'euros en cas de contournement pour diffusion à grande échelle de fichiers protégés. Et pour la promotion, voire la publication de moyens de contournement, ce serait 100 000 euros d'amende et un an de prison.
Il reste que rien n'est encore calé. Une réunion interministérielle (Industrie et Culture) doit se tenir dans les prochains jours qui viennent et la date de la reprise des débats parlementaires n'est toujours pas fixée, même si le ministère lui-même a une préférence pour début février.
Le député du Nord est rapporteur de la loi Droit d'auteur et droits voisins.
01net. : Où en est-on du calendrier pour le débat sur le droit d'auteur ?
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Christian Vanneste :
Nous
[les députés, NDLR]
avons eu une réunion informelle au ministère la semaine dernière et, à l'Assemblée nationale, nous avons une réunion de travail le 17 janvier.
Mais globalement, il n'y aura pas de modifications considérables dans le texte. Il y avait un vrai problème, celui du logiciel libre, mais qui a été réglé par des amendements de Richard Cazenave et Bernard Carayon.
Le texte qui doit continuer d'être discuté par les députés va-t-il contenir la licence globale, votée par amendement fin décembre ou, vu l'agitation, le débat peut-il reprendre de zéro ?
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Il est tout à fait possible de retirer cet amendement en fin du vote, de toute façon. C'est un texte très difficile, très technique, avec énormément d'intervenants et autour duquel tournent énormément de lobbies. Les gens de l'UMP qui
ont voté pour la licence globale n'étaient même pas là aux réunions de travail. Ca m'a franchement mécontenté.
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Cet amendement a été voté pour un cumul de raisons. La première, c'est la démagogie. Entre quelques artistes d'un côté et des dizaines de milliers d'internautes de l'autre, les députés
[qui ont voté la licence globale,
NDLR]
ont vite fait leur compte...
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Ensuite, il y a un manque d'habileté du Gouvernement : choisir une procédure d'urgence à la veille de Noël... Sans parler des amendements arrivés à la dernière minute. Je pense notamment à celui sur la réponse graduée. Ca
a rendu les députés soupçonneux. Enfin, cela s'inscrit dans un mécontentement plus général du pouvoir législatif vis-à-vis de l'exécutif.
On a reproché aux pouvoirs publics d'avoir consulté tout le monde sauf les premiers intéressés : les internautes. Vous avez prévu de corriger le tir ?
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Oui, et j'ai une réunion prévue avec les gens qui ont lancé la pétition sur le logiciel libre
[l'association EUCD.info, NDLR].
Mais moi, je reçois ceux qui se manifestent. J'ai rencontré l'UFC-Que Choisir, j'ai vu
la Spedidam, l'Adami.
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Art
Tour de marché à la FIAC.
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