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Héritage de la crise, la reprise en main des services informatiques par les directions achats fait des ravages chez les petits prestataires. Pour desserrer l'étau du référencement et ne pas être exclues des appels d'offres des grands donneurs d'ordres, les SSII de taille modeste n'ont que deux solutions : s'adosser à un grand nom du marché et travailler pour lui en sous-traitance, ou s'unir.
Sur le principe « l'union fait la force », on a ainsi vu se multiplier depuis 2002 les créations de GIE (groupement d'intérêt économique) tels Optimus, Dalia ou First Services.
Sur le papier, la création d'un groupement ne présente que des avantages. En s'unissant, des petites entreprises régionales acquièrent une dimension nationale. Elles peuvent aussi jouer sur la complémentarité de leurs compétences pour répondre à l'ensemble des besoins de leurs clients.
Le GIE permet aussi de mutualiser notamment le marketing et la communication. Enfin, l'effet de nombre aide, en plus de négocier des conditions d'achat préférentielles auprès de grossistes, à bénéficier de contrats groupe chez les loueurs de voitures ou les assureurs.
Ne pas faire entrer le loup dans la bergerie
Mais dans la réalité, les cas de réussite sont rares.
Habituées à être en concurrence, les SSII peinent à travailler de concert. Elles jugent souvent que le groupement d'intérêt économique, « auberge espagnole » aux règles juridiques peu contraignantes, ne permettrait pas de faire émerger une ligne directrice claire. Enfin, le nez dans le guidon, les gérants de petites structures peinent à dégager du temps pour se consacrer au GIE.
Contre-exemple, VDN a réussi à éviter ces écueils. A la différence des autres groupements, spécialisés pour leur part dans une famille de métiers - les SSII, les spécialistes Linux, les VAR Apple -, ce GIE rassemble des intégrateurs, des éditeurs et des SSII aux enjeux et compétences complémentaires.
« Un adhérent peut introduire chez son client un autre membre du GIE en toute confiance, sans risquer de faire entrer le loup dans la bergerie » , confirme Henry-Michel Rozenblum, son secrétaire général.
Favoriser les synergies et conserver l'« esprit club »
Un autre atout : l'homogénéité. Le groupement est composé d'entreprises de même taille - la plus petite a cinq salariés, et la plus grosse 55 -, aux préoccupations identiques, et ciblant toutes les PME.
VDN a aussi rapidement fait le choix stratégique de recruter un permanent en la personne de Henry-Michel Rozenblum, plutôt que de s'en tenir à une présidence tournante.
Bien sûr, reconnaît son secrétaire général, organiser la collaboration entre les individus et les sociétés ne se décrète pas. Pour la favoriser, il a mis en place différentes commissions - achat, marketing, commercial -, et divers outils de communication - internet, intranet.
L'autre volet de sa mission consiste à recruter de nouveaux adhérents. Le GIE VDN est ainsi passé de sept membres, à sa création, à 24 actuellement.
De nouvelles entreprises viendront compléter le maillage géographique et sectoriel - la banque, par exemple -, avec, à terme, un objectif de 35 sociétés. Un trop grand nombre d'adhérents pourrait gripper le fonctionnement du GIE et lui faire perdre de sa convivialité. Un point essentiel pour Eric Boublil, gérant d'In Concept. « Le GIE est devenu un club d'amis. Mon partenaire IBM, je l'aime bien. Je travaille avec lui depuis vingt-deux ans, mais il ne comprend pas toujours mes préoccupations terrain. »
Des règles juridiques simplifiées
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Structure intermédiaire entre la société et l'association, le groupement d'intérêt économique offre un moyen simple, pour des entreprises, de se regrouper autour d'objectifs communs.
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Chacun des adhérents conserve toute latitude dans la conduite de ses affaires et peut partir quand il le veut.
Des formalités administratives réduites
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Le GIE doit être enregistré au Registre du commerce et des sociétés (RCS), mais il n'exige pas nécessairement de capital de départ. Deux personnes physiques ou morales suffisent pour créer un groupement.
Des décisions collégiales
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Les décisions qui engagent le groupement sont prises en commun. Au sein de VDN, chaque partie pèse le même poids, quelle que soit sa taille, selon le principe
« une société, une
voix »
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Un ticket d'entrée accessible
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Pour faire vivre le GIE, une participation financière est demandée à ses membres. Elle est plutôt modeste : 3 000 euros de droit d'entrée pour l'adhésion à VDN, puis 150 euros de cotisation mensuelle.
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Des coûts largement compensés par les marges obtenues à travers les conditions d'achat.
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