
Xavier Chanay est vice-président marketing produit et développement chez Axalto, fabricant de cartes à microprocesseurs.
01 informatique : Quel axe d'évolution discernez-vous pour la carte à puce ?
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Xavier Chanay :
Je fonde beaucoup d'espoir sur le concept de
Network Card
[carte en réseau, et non carte réseau, NDLR].
Il s'agit d'un noeud IP doté de sa propre pile TCP/IP
et de sa propre adresse IP, de façon totalement indépendante du PC. La carte dialogue avec ce dernier via un connecteur USB passif
[intégré à la puce, NDLR].
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Le PC ne représente ainsi plus qu'un simple routeur destiné à assurer la connexion entre la carte et les serveurs applicatifs auprès desquels on veut utiliser ses services. De ce fait, le PC n'est plus du tout impliqué dans le schéma
de sécurité de l'ensemble. En particulier, s'il est compromis, il n'aura pas d'impact sur la sécurité du processus. Cela permet de s'affranchir totalement des menaces actuelles, tels les chevaux de Troie ou les spywares.
La carte sera-t-elle dès lors utilisable n'importe où ?
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Oui, parce qu'elle embarque son propre
middleware
et qu'il n'est plus nécessaire de déployer à l'avance. Cela ne demande aucune mise en oeuvre particulière, hormis la connexion à un port USB. La carte sera ainsi
immédiatement utilisable, dans des petites entreprises ou même depuis n'importe quel PC - dans un cybercafé, par exemple.
Comment cette future carte dialoguera-t-elle avec le monde extérieur ?
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La tendance penche aujourd'hui vers les cartes assorties de connecteurs à haut-débit MMC ou USB. La question étant de déterminer lequel des deux deviendra le standard. MMC, très répandu dans le secteur du stockage de masse, se montre
plus performant. Certains veulent donc en faire le standard dans le monde télécoms mobile, car les cartes SIM deviennent de plus en plus des unités de stockage de masse. Mais USB a été défini avec une utilisation IP en tête. Et lui aussi sait très
bien faire du stockage de masse
[comme le montrent les capacités toujours croissantes des mémoires USB portables, NDLR].
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Pour moi, il n'existe pas de débat possible : dans le monde du PC, on doit privilégier le connecteur USB
[lequel constitue ici l'interface native de la puce, et non une couche supplémentaire chargée de traduire les
informations issues du bus propriétaire de la puce, aujourd'hui doté d'un débit de quelques Kbit/s seulement, NDLR].
Comment évoluera la quantité de mémoire embarquée par les puces ?
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Là aussi, une augmentation significative paraît prévisible. On atteint 1 Go de mémoire utilisateur. Ce qui ouvre la voie aux utilisations de stockage de masse. Mais, bien sûr, cette évolution se trouve forcément liée à l'utilisation
de connecteurs à haut-débit.
Pourquoi vouloir stocker autant d'informations sur une carte à puce, alors que les clés USB le font déjà très bien ?
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La puce autorise un stockage des informations de manière sécurisée. L'augmentation de sa capacité mémoire générera de nouvelles applications. Il deviendra ainsi possible de sécuriser le transfert d'informations entre deux PC dans le
cadre de la mobilité. Ou encore de stocker du contenu multimédia tout en gérant convenablement le DRM [Digital Rights Management,
ou gestion des droits numériques, NDLR].
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Cette approche se révèle d'ailleurs suivie de près par les opérateurs téléphoniques. Ces derniers favorisent en outre le stockage de l'information sur la carte SIM plutôt que sur le téléphone, car cela complique le départ d'un client
vers un opérateur concurrent. Et, pour y parvenir, il leur faut des puces capables de stocker de nombreuses informations.
En tant qu'acteur de la carte à puce, comment envisagez-vous son avenir, confronté aux tokens USB ?
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La carte à puce était auparavant jugée plus onéreuse, parce qu'elle nécessitait le déploiement de lecteurs adaptés. Mais il existe aujourd'hui des connecteurs de type clés USB qui incorporent une puce cryptographique absolument identique
à celles utilisées dans les cartes au format ISO. Dans ce dernier cas, on peut bénéficier immédiatement de tout le portefeuille du fabricant de puces - à l'instar des dernières puces .Net. Et cela sans nécessiter de lecteur, car la puce
intègre l'interface USB dans son circuit. Les tokens USB, quant à eux, sont essentiellement des mémoires de masse.
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