« Le profil roi, c'est le contributeur, déclare Alexandre Zapolsky, PDG de la société de services en logiciel libre (SSLL) Linagora. Indépendamment de sa formation, de son parcours ou de son expérience, un bon contributeur a droit chez nous à un traitement spécial. » Dans les sociétés de services ou chez les éditeurs spécialisés dans le libre, collaborer de manière significative à des projets open source se révèle un sésame. « Les développeurs sont recrutés sur leurs compétences, renchérit Sacha Labourey, qui dirige JBoss en Europe. Je participe à toutes les embauches, et je n'ai jamais demandé un CV. » Pour l'éditeur de serveurs d'applications, c'est la capacité naturelle à organiser une communauté qui s'avère déterminante.
Partage, passion, et investissement personnel
« Lors des entretiens d'embauche, nous recourons à Google pour évaluer rapidement les contributions du candidat » , sourit Sébastien Bahloul, expert en annuaires chez Linagora. Celui-ci anime l'équipe d'architectes de la société et coordonne le projet InterLDAP de gestion des identités sur OpenLDAP. Après une licence d'informatique obtenue en 2002, il intègre Medasys, distributeur de matériel et prestataire spécialiste du secteur médical. Un projet à l'Institut Pierre-et-Marie Curie l'amène à travailler sur les questions d'annuaire et à découvrir le logiciel open source Open-LDAP. « Je me suis alors spécialisé, et, en 2003, Linagora m'a proposé de développer son offre d'annuaire » , explique-t-il. La SSLL lui a offert la possibilité d'approfondir ses connaissances, au point d'être désormais un expert reconnu. « J'ai évolué vers l'avant-vente, de moins en moins technique, et de plus en plus architecte », indique Sébastien Bahloul. Une évolution naturelle, car l'annuaire est au centre de bien des problématiques d'entreprise.
Le stage est aussi un bon moyen de mettre le pied à l'étrier. Ainsi, après sa maîtrise d'informatique en 2002, Gregory Kokanosky a-t-il profité d'un stage de six mois chez IdealX pour développer Cryptonit, un logiciel de chiffrement et de signature sous licence GPL. « Une contribution acceptée apporte la crédibilité » , explique-t-il. Et, depuis octobre 2003, il travaille comme développeur pour la SSLL sur la solution IDX-PKI et des systèmes de sécurité basés sur carte à puce.
Intervenir sur des projets critiques
« J'avais expérimenté l'open source dans le cadre universitaire. Je voulais partager l'expérience des spécialistes de la sécurité chez IdealX, surtout en matière de cryptographie » , continue le développeur. Ce type de recrutement n'est pas rare. Olivier Guilbert, le PDG d'IdealX, le confirme. La société s'est spécialisée dans les questions de sécurité dont les infrastructures à clés publiques (PKI), et attire les jeunes diplômés cherchant à travailler sur des projets critiques. Elle accueille en permanence dix stagiaires, et en embauche chaque année entre un tiers et la moitié.
Les sociétés du libre représentent aussi une voie d'évolution possible pour les ingénieurs s'étiolant dans des SSII classiques. « Elles sont de plus en plus nombreuses à développer leurs compétences sur les logiciels libres. Mais elles ne savent toujours pas intégrer le phénomène dans leurs processus » , note Laurent Pierre, responsable avant-vente chez Linagora. Au sortir de ses études d'informatique, il a d'abord rejoint la SSII ESR avec la compétence d'administrateur de systèmes Unix ou Windows. La société, qui fait surtout de la régie, souhaitait évaluer Linux en vue de développer ses activités au forfait. Elle a donc constitué un pôle d'études, auquel participe Laurent Pierre. « Au départ, je me suis intéressé au libre pour ses solutions techniques. Puis l'ouverture du code m'a permis d'en étudier le fonctionnement. » Membre de l'association Parinux, Laurent Pierre a déjà acquis les réflexes du contributeur. Raison pour laquelle il s'oriente alors vers les SSLL. Alcove tout d'abord, Linagora ensuite, où il a pris conscience d'une nouvelle implication sur des sujets comme les brevets logiciels.
Pour lui, une SSII ne s'implique pas. Elle s'abrite souvent derrière l'éditeur du produit en cas de problème, et tendra toujours à aller au plus facile en termes de vente. A l'inverse, les SSLL sont obligées de s'approprier les solutions qu'elles proposent. Elles font donc preuve d'une meilleure maîtrise technique des produits, souvent à travers des contributeurs actifs. Là plus qu'ailleurs, le partage de l'information, la collaboration et la passion du code sont indispensables. Pour le développeur, cela implique un investissement personnel et une curiosité permanente face aux évolutions des projets intéressants.
Diplômés souvent, autodidactes parfois
« Certaines grosses SSII ont des contributeurs. Mais ils ne sont pas employés en tant que tels » , explique Laurent Pierre. Selon Alexandre Zapolsky, les SSLL représentent une excellente opportunité pour les personnes ayant une bonne expérience de la SSII et souhaitant s'impliquer et s'épanouir. Nombre d'ingénieurs sont, d'après lui, des « contributeurs passifs » : ils connaissent bien les rouages des communautés libres, mais ne sont pas reconnus au sein de leur société. Parallèlement, ils ont à offrir la compréhension des métiers de la SSII.
La spécialisation technique d'un grand nombre de SSLL leur impose souvent de rechercher des collaborateurs dotés d'un haut niveau d'études, couramment bac + 5 ou 6. Cela pose parfois un problème pour les tâches de support, souvent considérées comme moins nobles que le développement proprement dit, mais non moins cruciales pour un éditeur comme JBoss. L'éditeur libère donc une partie du temps de ses ingénieurs support pour le développement. Et il demande à ses développeurs de s'investir dans le support ou la formation.
Toutefois, le niveau d'études s'avère assez élevé. « Les recrues sont plus souvent docteurs qu'autodidactes, reconnaît Olivier Guilbert. Mais pas toujours en informatique : nous en avons en astrophysique et en chimie ! » Nuxeo, éditeur de solutions de gestion de contenu open source, a embauché des non-diplômés qui lui donnent entière satisfaction. Pour son fondateur, Stéphane Fermigier, « le niveau d'études n'est pas le seul à compter. La passion reste le critère numéro un. Il est plus facile de ne pas se tromper avec quelqu'un de passionné ».
Faux Les SSLL mettent en oeuvre avant tout des compétences variées : conseil, architecture, développement, support. Même si beaucoup d'entre elles mettent l'accent sur un domaine d'expertise particulier.
Travailler dans une SSII et dans une SSLL est différentVrai Dans une SSII, les affectations se font en fonction du projet, alors que, dans une SSLL, elles s'opèrent plutôt en fonction des compétences.
Les SSLL ne recrutent que des développeurs confirmésFaux Les développeurs sont importants, mais les SSLL affectent aussi des personnes au support, à l'avant-vente, à la formation, etc.
Il faut avoir contribué à un projet pour briguer un poste dans une SSLLFaux La contribution à un ou plusieurs projets n'est pas indispensable. Des qualités relationnelles sont aussi requises pour les activités commerciales ou la formation.
La connaissance du fonctionnement des communautés s'avère importanteVrai Les SSLL sont très impliquées dans le processus de développement collaboratif de l'open source. Il est donc crucial d'en connaître les enjeux et les principes.
Activité : la sécurité et, en particulier, les infrastructures à clés publiques.
Dirigeant :
Olivier Guilbert
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Plus de quinze ans d'expérience dans le management et le développement commercial en Europe (IBM, Dun & Bradstreet Software, Trilogy). Il est à la tête d'IdealX depuis 2002.
Effectif actuel : 65
Postes à Pourvoir : 5
IngeniwebActivité : conseil dans les développements Zope et Plone pour la gestion de contenu.
Dirigeant :
Marie-Christine Dessein
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Avant de cofonder Ingeniweb en 2001, elle a géré et dirigé le prestataire France Teaser pendant dix ans.
Effectif actuel : 18
Pourvoir postes à : 6
LinagoraActivité : généraliste de la tierce maintenance. Fortes compétences en gestion des identités.
Dirigeant :
Alexandre Zapolsky
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Diplômé de l'Institut national des télécommunications, spécialité management, il est aussi membre de Croissance Plus et président de l'A2SSL.
Effectif actuel : 47
Pourvoir postes à : 100 d'ici à la fin 2006
Open Wide
Activité :
Issue du Groupe Thales, spécialisée dans les applications industrielles et l'hébergement.
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Dirigeant :
Patrick Bénichou
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Avanwt de fonder Open Wide en 2001, Patrick Bénichou pilotait la région Est pour Thales IS.
Effectif actuel : 50
Pourvoir postes à : 20
Pilot SystemsActivité : Intégrateur, spécialisé dans la gestion de contenu sur les technologies Zope et Plone.
Dirigeant :
David Sapiro
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Il est membre du conseil d'administration de Zope Europe, et un ardent promoteur des méthodes de développement agiles.
Effectif actuel : 11
Pourvoir postes à : 3
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