A en croire Google, la société se concentre sur une seule chose : la recherche d'information. Mais à y regarder de plus près, elle propose aussi un lecteur vidéo, une messagerie web, un client VPN, un logiciel de voix sur IP et un gestionnaire d'albums photos. Mieux, elle développe des projets communs avec la Nasa, investit dans des infrastuctures télécoms et rachète un service de mise en relation par téléphone portable (Dodgeball).
Où l'américain veut-il en venir ? Seules quelques personnes chez Google le savent. Car la société cultive le secret sur tous ses développements, partenariats ou rachats. Pas de grandes annonces, ni même de communiqués de presse systématiques. Google ne rend public que ce qu'il veut, quand il le veut. Et en aucun cas, avant qu'un produit ou service ne soit lancé. Pourtant, depuis quelques jours, les signaux s'accumulent d'une offensive majeure sur le poste de travail. On connaissait déjà Gmail, la messagerie web ; Google Desktop, le moteur de recherche pour le poste de travail ; et la Sidebar, qui crée un portail personnel dans une barre flottante sur le bureau. Or, cet ensemble pourrait bientôt s'agrémenter d'un calendrier en ligne et servir ensuite de socle à des applications beaucoup plus lourdes et complexes.
Les premiers indices de cette offensive ont été disséminés il y a une semaine. Vendredi 30 septembre, Philipp Lenssen, blogueur émérite du Google Blogoscoped, révèle la mise en ligne du site calendar.google.com . A ce moment-là, il n'y a rien de probant sur la page. Juste une demande d'identification et de mot de passe avant un renvoi vers la page d'accueil personnalisée de Google. Tout le monde fait alors le rapprochement avec talk.google.com , qui présentait un comportement similaire quelques jours avant son lancement. Les doutes sont définitivement levés lorsque l'on apprend que le nom de domaine Gcalendar.com a été réservé par Data Docket, la société écran qu'utilise Google pour enregistrer en secret des domaines comme Gdrive.com ou Gbrowser.com .
L'alliance avec Sun accouche d'une souris
Google préparerait un agenda en ligne en complément de sa messagerie Gmail et concurrent de celui de Yahoo. Le service donnerait un sérieux coup de jeune aux calendriers actuels, avec une interface ultra-réactive avec glisser/déposer (utilisation de la technologie Ajax comme dans Google Maps), et possibilité d'importer et d'exporter les rendez-vous vers Outlook, comme Gmail le fait avec les contacts. Google en profiterait aussi pour lancer Gdrive, un disque dur en ligne où l'on stocke ses fichiers pour y avoir accès n'importe où. Dans le cas de Gbrowser, les détails sont plus flous. Mais, dans tous les cas, la date de lancement de ces services serait fixée : ce sera le 26 octobre. A cette date, un grand rassemblement, sur invitation, est prévu au siège social de la société. Lors de la précédente réunion, Google avait annoncé sa page personnalisée, puis Google Earth, son logiciel d'exploration de la terre par images satellite. Mais ce n'est là que supputations. Rappel : Google ne parle jamais des services avant qu'ils soient annoncés.
Au début de la semaine, les spéculations montent d'un cran. Mardi matin, Sun et Google donnent rendez-vous le soir même pour une annonce de partenariat, sans donner plus de détails. Là encore la rumeur s'emballe. C'est la première fois que Google passe un accord avec un grand du secteur. Et pas des moindres, puisqu'il s'agit de Sun, le plus grand rival de Microsoft. On s'attend alors à une version d'Open Office réécrite avec les technologies Ajax et utilisable directement en ligne comme une messagerie web. Cette fois, ce n'est plus Yahoo mais Microsoft qui est en ligne de mire. D'ailleurs, les investisseurs ne s'y trompent pas : une heure avant l'annonce, l'action de Microsoft accuse la plus forte baisse du Dow Jones.
Des choses se trament en coulisses
Mais Sun et Google se sont contentés de présenter un banal accord de distribution : d'un côté, la barre Google sera proposée en téléchargement à côté de la machine virtuelle Java de Sun. De l'autre, Google « réfléchit » à la façon dont il fera la promotion d'Open Office. Rien de plus. On a du mal à imaginer que des pontes comme Scott McNealy, Jonathan Schwartz, Eric Schmidt ou Vint Cerf, têtes pensantes et dirigeants des deux sociétés, se déplacent pour un banal accord de promotion croisé. Il est donc probable que, en coulisses, se trame quelque chose de plus important. Plusieurs signaux amènent d'ailleurs à le penser. Tout d'abord, l'accord mentionne une alliance de plusieurs années. La promotion mutuelle ne serait donc qu'une première étape comme l'explique Scott McNeally. « Je vois bien qu'il y a des attentes et elles sont légitimes. Mais on ne peut parler que de ce qui est annoncé aujourd'hui. Les discussions continuent, d'autres choses arriveront. »
De même, interrogé sur une version web d'Open Office, Eric Schmidt, PDG de Google, élude la question sans fermer la porte. « Nous n'annonçons rien de spécifique sur ce terrain. Mais il est clair qu'il fait sens de réduire la barrière entre les applications de type Office et celles proposées sur le web, comme avec la messagerie. » En clair, si Google prépare quelque chose, ce ne sera pas une suite bureautique complète, mais un sous-ensemble de fonctions de création de document proche de ce qui existe dans les applications Office.
Regain d'intérêt de Google pour Java
La société était déjà membre du Java Community Process, qui préside aux destinées de la plate-forme. Il va désormais devenir un membre actif et pourrait même faire la promotion active de Java. Il est, en effet, quasiment impossible de proposer une bonne version d'une suite bureautique à travers un navigateur en utilisant uniquement une technologie comme Ajax. Google le sait, alors il bascule doucement vers l'environnement Java, beaucoup plus puissant. Autre avantage, ses applications Google Talk, Google Earth seraient assurées d'un fonctionnement multiplate-forme si elles étaient réécrites en Java.
Mais ce ne sont encore que des suppositions. Il n'empêche, Microsoft ferait mieux de se méfier. Car Google a une idée derrière la tête. On peut en être certain.
80 Md$
de capitalisation
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3,2 Md$
de chiffre d'affaires
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399 M$
de bénéfices
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169 M$
de R&D
Gmail :
Messagerie Web avec plus de 2 Go de stockage.
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Picasa :
Gestionnaires de photos numériques.
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Google Secure Acces :
Client RPV pour sécuriser une liaison Wi-Fi.
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Google Sidebar :
Moteur de recherche local et portail d'information personnel.
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Google Talk :
Messagerie instantanée avec voix sur IP.
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Google Vidéo :
Recherche de vidéo.
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Google Print :
Recherche dans des livres de bibliothèques.
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Google Wi-Fi :
Projet de fourniture d'accès internet via Wi-Fi couvrant la ville de San Francisco.
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Google Earth :
Logiciel d'exploration des villes à partir d'images satellite.
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Google Blogger :
Moteur et plate-forme d'hébergement de blogs.
Pourquoi est-il difficile de créer une suite comme Office avec Ajax ?
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Ajax mélange Javascript et le HTML dynamique. Il ne permet pas de contrôler totalement l'affichage et les raccourcis-clavier. Se pose aussi le problème de gestion des périphériques et du stockage local. Plusieurs projets de suite
bureautique web comme Ajax Office ont déjà échoué. gOffice reste l'un des rares à continuer, mais ce n'est qu'un simple éditeur de texte.
Qui sont les principaux concurrents de Google ?
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Les deux. Jusqu'ici son premier concurrent était plutôt Yahoo qui le marque à la culotte pour tout ce qui est recherche, publicité ou messagerie en ligne. Mais Microsoft est aussi visé. D'une part via son portail MSN, de l'autre sur
les applications de bureau que Google cannibalise beaucoup plus que Yahoo.
Comment Google va-t-il promouvoir Open Office ?
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Rien n'est encore décidé. Certains parlent de liens sur les barres d'outils Google (Sidebar et Google Bar). D'autres imaginent carrément une version d'Open Office rebaptisée Google Office pour profiter de la notoriété du moteur de
recherche.
Qu'est-ce que le Google OS ?
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Une rumeur de système d'exploitation sur lequel travaillerait Google. Interrogé, Eric Schmidt n'a pas démenti, mais répété que le premier métier de Google est la recherche. Ce qui n'empêche pas les observateurs de penser que les
différentes technologies mises en place par la société s'apparentent à un système d'exploitation web : il n'y a rien à installer sur sa machine mais l'ensemble des outils est fourni par le navigateur.
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