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Portage salarial : l'indépendance sans les risques
La formule consiste à exercer une activité indépendante en conservant le statut de salarié. Cette solution, en quête de respectabilité, a tout pour séduire les informaticiens.

Xavier Biseul , 01 Informatique (n° 1825), le 02/09/2005 à 07h00

Lancé en 1985, le portage salarial a changé la façon de travailler de quelque 15 000 professionnels. Un nombre en hausse régulière. A la base, un principe simple : le « porté » conserve les avantages du salarié ­ couverture sociale, droit aux indemnités Assedic, prévoyance ­ tout en accédant à l'autonomie du travailleur indépendant. Il prospecte, négocie ses honoraires et gère sa clientèle en toute liberté.

La société de portage le décharge des démarches administratives, comptables, fiscales et transforme les honoraires en fiche de paie. Une fois prélevés les charges sociales et les frais de gestion rémunérant la société de portage (de 3 à 15 %), le salaire net du porté s'élève, selon la Fédération nationale du portage salarial (FENPS), à 50 % environ des prestations hors taxes facturées.

Atout : tous les profils sont concernés

Le portage salarial s'adresse avant tout aux créateurs d'entreprise ou aux demandeurs d'emploi qui souhaitent valider leur projet et monter progressivement en puissance. Ils sont âgés en moyenne de 40 à 45 ans. Les cadres en poste à la recherche d'un complément de revenu, les jeunes diplômés en quête d'une première expérience, voire les retraités en mal d'activité peuvent aussi y trouver leur compte. La formule convient idéalement aux métiers « intellectuels » de prestation de service dans le conseil, l'audit ou la formation. D'après le Syndicat national des entreprises de portage salarial (SNEPS), 12,8 % des portés sont issus des nouvelles technologies et du multimédia.

Handicaps : rigidité administrative et mauvaises pratiques

Parachute contre les aléas de la création d'entreprise, autonomie de décision, possibilité de concilier vie professionnelle et vie privée... Sur le papier, le portage salarial a tout pour plaire et l'on peut s'étonner qu'il ne connaisse pas plus d'engouement. A cela, plusieurs raisons. Et tout d'abord l'Administration, qui ne voit pas toujours d'un bon oeil cette façon de travailler. Conseil en management, Laurent de Rauglaudre a ainsi connu quelques déconvenues. En travaillant au début à temps partiel, il a vu la période d'indemnisation des Assedic, dans le cadre du plan d'aide au retour à l'emploi (Pare), passer de 23 à 18 mois. Autre mauvaise surprise : les points retraite. Au moment de sauter le pas et de créer son entreprise, il a sollicité l'aide à la création d'entreprise (Acre), qui permet de ne pas payer de charges sociales. En contrepartie, pas de points de retraite pendant un an. C'est pourquoi il cumule, cette année, le statut d'indépendant et de salarié porté.

Le deuxième handicap tient dans la réputation de certaines sociétés de portage. Néanmoins, pour contrer les pratiques contestables, les syndicats professionnels se sont dotés de codes déontologiques. Par ailleurs, en juin dernier, onze sociétés adhérentes au SNEPS ont signé avec la plupart des organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, etc.) des accords d'entreprise portant notamment sur les modes de rémunération, l'exercice du droit syndical ou la formation professionnelle. Enfin, le gouvernement a lancé un groupe de travail qui pourrait prochainement proposer d'intégrer le portage salarial dans le code du travail. Un pas de plus vers une reconnaissance pleine et entière.

Bien choisir sa société de portage

1. Elle adhère à un syndicat

Il est important de choisir une société de portage membre d'un syndicat professionnel. La FENPS, le SNEPS ou l'UNEPS se sont dotés d'une charte éthique. Cela évite les mauvaises pratiques, comme d'attendre le paiement du client avant de rémunérer le salarié afin d'améliorer sa trésorerie.

2. Elle respecte des garanties collectives

En juin dernier, onze sociétés ont signé avec les principaux syndicats des accords d'entreprises. Lesquels visent à garantir les droits du porté en matière de classifications, mode de paiement, frais de mission, congés payés ou responsabilité civile professionnelle. Chaque accord a été négocié au cas pas cas et certaines sociétés sont allées plus loin que d'autres. Ad'Missions a ainsi repris le droit individuel à la formation (DIF) en accordant 20 heures de formation par an pour les salariés ayant six mois d'ancienneté, continue ou non.

3. Elle est spécialisée high-tech

Certaines sociétés ont mis l'accent sur les métiers liés aux nouvelles technologies. ITG, par exemple, a créé deux clubs destinés aux consultants informatiques, facilitant le partage des informations ou le référencement auprès des services achats des grands comptes. Freelance.com et Kalifeye, sites d'intermédiation pour freelances spécialisés high-tech, ont mis en oeuvre leur propre activité de portage.



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