« La paire de cuivre a été développée à l'origine pour délivrer du téléphone, avec un débit de 3 kbit/s », explique Alain Vellard, directeur du centre de recherche sur les réseaux d'accès de France Télécom. Malgré l'éclosion des nouvelles technologies d'accès (fibre optique, WiMAX), le bon vieux fil du téléphone garde la forme, puisqu'il sera bientôt capable de transporter jusqu'à 100 Mbit/s en descente (du FAI vers l'abonné) et autant en montée.
Ce sont les promesses affichées par le dernier-né de la famille DSL, le VDSL2, que France Télécom teste actuellement dans ses laboratoires, après avoir déjà lancé des expérimentations concernant son grand frère, le VDSL. Le standard a été finalisé fin mai par l'ITU-T, l'instance de normalisation internationale des technologies de télécommunications. Sont désormais attendus pour la mi-2006 les produits (concentrateurs, modems, puces...) qui en permettront le déploiement.
Pour illustrer l'intérêt d'une telle technologie et de tels débits, France Télécom effectue la démonstration, dans ses locaux, de tout ce que pourra transporter à l'avenir un seul lien VDSL2 : deux flux simultanés de télévision haute définition (HD), de la visiophonie HD, un flux de télévision simple définition et du transfert de fichiers à 40 Mbit/s. Côté usages, France Télécom évoque aussi le télé-enseignement, la télémédecine ou encore les réseaux d'entreprise. Le VDSL2 pourra être commercialisé de façon asymétrique (avec des débits montants et descendants différents), en fonction des besoins des utilisateurs.
Une technologie qui pose bon nombre de questions
Mais si la technologie est alléchante, l'arrivée du VDSL2 n'a rien d'imminent, car elle implique bon nombre de contraintes et d'interrogations. Vu que ses performances chutent très vite, au-delà de 500 mètres entre le domicile de l'abonné et le répartiteur, le VDSL2 impliquera, comme pour le VDSL, de tirer de la fibre optique depuis le central téléphonique jusqu'au sous-répartiteur (équipement qui dessert une rue, un quartier) et d'y installer un concentrateur DSL (DSLAM). Un déploiement significatif coûtera donc cher, puisque l'Hexagone compte 120 000 de ces équipements.
Sur le terrain, l'affaire sera tout sauf une formalité, étant donné que le sous-répartiteur est, dans la plupart des cas, une simple armoire de rue : comment y installer dès lors un DSLAM ? Voire plusieurs, si les concurrents de France Télécom souhaitent proposer eux aussi ce type de services dans le cadre du dégroupage ?
Autre question posée par la famille VDSL, 1 et 2 : n'y a-t-il pas un risque de perturbation des services ADSL délivrés en amont, au niveau du central ?
Ce sera au régulateur, l'Arcep, de trancher bon nombre de ces questions dans les mois à venir. A ce jour, par exemple, l'introduction de technologies DSL au niveau des sous-répartiteurs n'est pas prévue par l'offre de référence de dégroupage de France Télécom. Un comité d'experts a été missionné par l'Arcep pour se pencher sur la problématique de la « sous-boucle locale ».
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