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Les entreprises préférées des informaticiens

[ ET DEMAIN… ]
Bruno Ménard (Sanofi-Aventis) : « En un an, le taux de mobilité interne de nos informaticiens parisiens a atteint 25 % »
Le groupe Sanofi-Aventis emploie 3 000 informaticiens, dont 1200 en France, à Paris ou en province (Bordeaux, Montpellier, Lyon). Plus de 120 personnes en central assurent la gestion d'une dizaine de plates-formes SAP, sur une vingtaine au total. Bruno Ménard, DSI groupe et vice-président de Sanofi-Aventis, discute de ce classement 2005.

Hubert D'Erceville , 01 Informatique (n° 1819), le 22/07/2005 à 07h00

01 Informatique : Sanofi-Aventis occupe la première place du classement 2005, au moment même où vous venez de fusionner les équipes informatiques des deux entités. N'est-ce pas paradoxal ?

Bruno Ménard : Pas du tout. En fusionnant, le groupe Sanofi-Aventis a atteint une taille très importante. Il est numéro un en Europe et numéro trois mondial de l'industrie pharmaceutique. Pour les informaticiens, les perspectives de carrière sont importantes, et s'ajoutent à un panel varié de métiers et de technologies. La gestion de leur carrière est au coeur de nos préoccupations. Notre excellent classement sur ce critère le prouve.

Est-ce sur ce terrain que vous choyez vos informaticiens ?

Oui. Et cela avant tout parce que le métier de la pharmacie touche à une multitude de domaines fonctionnels et technologiques : de la bio-informatique à la sécurité des réseaux, en passant par les techniques de RFID. Un collaborateur ayant mis au point une base de données marketing à Paris peut, par la suite, aller à Toulouse développer un nouveau système d'information pour la recherche pharmacologique. Nous utilisons de nombreuses technologies : Java, .Net, Oracle, SAP, logiciels métier, applications internet, outils Microsoft...

Comment pratiquez-vous la mobilité du personnel ?

Après les grands travaux sur le passage à l'euro, l'an 2000, et la mise en place généralisée de SAP, nous devions faire évoluer la carrière de nos informaticiens. En 2003, nous avons travaillé sur leur mobilité. En effet, la charge de travail en technologies de l'information est en perpétuelle évolution au niveau du groupe. Il faut sans cesse créer de nouvelles équipes, lancer de nouveaux projets.

En un an, le taux de mobilité interne de nos informaticiens parisiens a atteint 25 %. Une personne sur quatre a changé soit de poste, soit de localisation, soit de métier. Notre objectif consistait à les faire respirer, à leur donner la possibilité de réaliser autre chose dans le groupe.

Il faut aussi bien les rémunérer...

En matière de salaire, nous sommes un peu au-dessus du marché. Mais l'argent ne peut pas constituer le premier critère pour favoriser la fidélité. Pour cela, il faut savoir gérer les carrières et les envies.

Cela veut-il dire que vos informaticiens vieillissent dans l'entreprise ?

La moyenne d'âge est supérieure à 35 ans, et l'ancienneté reste assez élevée. C'est vrai. Mais il ne s'agit pas du tout d'un handicap. Le personnel est fidèle à l'entreprise. Nous disposons d'une mine de talents sur une gamme technologique très étendue.

Cette politique est-elle voulue par l'entreprise ?

Nous avons toujours souhaité disposé de collaborateurs en interne. Cela se justifie par le besoin d'avoir une équipe informatique connaissant parfaitement les métiers de Sanofi-Aventis. Nos équipes travaillent dans le souci des utilisateurs. Elles savent se mobiliser très rapidement en cas de besoin et être disponibles pour les coups durs.

L'externalisation tente de nombreuses entreprises. Pas vous ?

Nous voulons conserver notre indépendance. Chacun de nos métiers a sa propre valeur ajoutée. L'informatique contribue à les développer. Voilà pourquoi nous souhaitons contrôler le nombre de prestataires externes. Sauf, parfois, sur des missions ponctuelles ou pour certains besoins récurrents, comme le support d'assistance pour la bureautique, par exemple.

Comment faites-vous, alors, pour développer les compétences technologiques ?

De plus en plus, nos informaticiens raisonnent d'abord sur les processus. Si le besoin s'en fait sentir, ils font ensuite évoluer la structure technologique. Et non l'inverse. Pour s'approprier une nouvelle technologie, nous misons souvent sur un travail commun avec des partenaires, sociétés de services ou éditeurs de logiciels. Le but consiste alors à assurer un transfert des compétences en interne. Quitte à mettre en place des équipes doubles : l'une interne, l'autre externe.


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