Montrer à la direction américaine que les filiales sont prêtes à se battre pour leurs emplois. Telle était la volonté affichée pendant les grèves et autres rassemblements qui ont eu lieu la semaine dernière afin de protester contre les restructurations massives. Ainsi, les agences IBM de Toulouse et Marseille ont fait grève le 27 avril dernier avec un certain succès.
Selon la CGT, 33 % des salariés sur Toulouse et 50 % sur Marseille ont cessé le travail. Le service maintenance a été fermé toute la journée pour l'ensemble du sud de la France. « Nous suivons le mouvement initié en Allemagne avec un rassemblement de 750 salariés », explique Wolf Jaecklein, délégué du personnel CGT à IBM Toulouse.
Car c'est une restructuration européenne qui est en cours. Lors de la présentation des résultats du premier trimestre, et d'un chiffre d'affaires qui a déçu les analystes, IBM a montré du doigt les ventes en Europe et annoncé une réorganisation. « Il y a des suppressions de postes prévues en France, en Allemagne, en Angleterre, en Suède et aux Pays-Bas, pour un total de 5 000 postes », affirme Wolf Jaecklein
Première victime, la filiale IBM Europe , baptisée Euroconnexion, qui employait 750 salariés. « Cette structure centrale va être séparée par pays, explique Michel Perraud, de la CFDT IBM. Il va falloir reclasser plus d'une centaine de salariés chez IBM France. » Aux yeux des syndicats, des doublons sont inévitables.
Les syndicats craignent des délocalisations
Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est déjà en cours de négociation avec les syndicats au niveau français sur 769 postes . Selon le syndicat FO, 390 concerneraient les divisions d'IBM Global Services. Des licenciements pourraient avoir lieu dès le mois de juin.
Devant l'absence d'informations directes de la part de la direction sur les ambitions de ce PSE, chacun y va de son analyse. « De même qu'entre 1991 et 2004, IBM a massacré sa branche industrie, le PSE 2005 est la mise en pratique du démantèlement de la partie services », affirme Michel Perraud, délégué CFDT.
« IBM veut délocaliser les emplois de la branche service en Europe de l'Est ou en Asie », s'inquiète pour sa part Wolf Jaecklein. La société l'aurait déjà fait pour les emplois de type administratif (comptabilité, contrôle de gestion).
Les analystes de Pierre Audoin Consultants ont un avis moins tranché : « Le secteur des services marchent bien en Europe, il n'y a donc pas vraiment de raison de recourir à l' offshore, penche Renan Mével. Je crois plus au nearshore. Par exemple, suite au contrat Michelin, IBM pourrait créer un centre de services à Clermont-Ferrand. » Et obliger certains de ses salariés n'habitant pas en Auvergne à y déménager.
Le fabricant chinois a annoncé dimanche 1 er mai avoir bouclé le rachat de la division PC d'IBM, plus tôt que prévu. Selon les termes de la transaction, Lenovo va verser à IBM 1,25 milliard de dollars, dont à peu près 650 millions en cash et 600 millions en actions. Lenovo devient ainsi le troisième constructeur d'ordinateurs personnels, derrière Dell et HP. L'accord prévoit également un échange de bons procédés : Lenovo devenant le fournisseur numéro un de PC auprès d'IBM, et celui-ci le prestataire « préféré » du chinois pour les services.
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