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Casse tête P2P


Éric Larcher* , Univers Mac (n° 160), le 21/04/2005 à 16h14

« Zut, ce matin, je me suis fait flasher ! - Où ça, sur le périphérique ? -Non, sur Kazza ... » Dialogue fictif ? Plutôt futuriste. Vous le découvrirez dans nos pages Essentiels : des éditeurs de logiciels, les maisons de disques, et sans doute bientôt les majors du cinéma s'apprêtent à installer des radars automatiques pour flasher les pirates sur les réseaux peer-to-peer.

La nouvelle indigne diverses associations d'internautes. Des privés faisant la police sur le Net ! Elles y voient des milices, avec tous les risques de dérapage que cela comporte. Mais après tout, quelle différence avec la pratique - couramment admise - de confier la surveillance des caisses des grands magasins à des vigiles ? Ces derniers, me direz-vous, officient dans des établissements privés. Autre point de vue : on retrouve dans les deux cas une défense d'intérêts marchands qui, confiée au privé, permet aux deniers publics de se concentrer sur la protection des citoyens.

Autrement dit, avec les « milices du P2P », on touche à un débat de société qui dépasse largement Internet et ne saurait être tranché en deux mots. Mais si on s'inscrit à fond dans le courant de pensée qui mélange privé et public, on peut se demander : pourquoi pas, au bord de nos routes, des radars installés et gérés par les assureurs d'automobiles et les associations de prévention routière ?

Ces rapprochements en appellent un autre. Sur les routes, les excès de vitesse (qui peuvent mettre en danger la vie d'autrui) sont souvent sanctionnés par de simples contraventions ; et dans les magasins, « l'oubli de payer » se solde en général par la simple restitution des marchandises. Pourquoi dès lors, les téléchargements sur les réseaux peer-to-peer sont-ils passibles de lourds dommages et intérêts ?

(*) Rédacteur en chef


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