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La virtualisation s'impose dans tous les serveurs

Le calcul en mode grid entre dans les moeurs
Longtemps cantonné au monde scientifique, le calcul en grille fait sa place en entreprise, d'abord pour des raisons économiques. Mobilisé sur de nouvelles applications, le grid s'ouvre aussi vers les partenaires extérieurs.

Bertrand Garé , 01 Réseaux (n° 148), le 01/03/2005 à 00h00

Effet de mode oblige, il devient difficile de s'y retrouver dans le grid.Tout le monde s'en réclame. Constructeur, éditeur ou cabinet de conseil : chacun y va de sa définition. Pour le Gartner, c'est « une méthode d'utilisation d'un grand nombre de ressources, le plus souvent une masse de capacité processeur, pour une tâche unique, en employant plus d'un système » . Sven Lung, le fondateur de GridXpert, un éditeur de moteur de grid , le résume ainsi : « Une méthode et un jeu de technologies qui virtualisent l'infrastructure de calcul et de stockage » . Michel Teyssèdre, en charge des technologies émergentes pour l'Europe chez IBM, le définit par les attributs de l'infrastructure : hétérogénéité, multisite, partage des données et de la puissance de calcul. Il s'agit, en fait, de jouer sur la virtualisation d'un ensemble de serveurs hétérogènes et des applications elles-mêmes. En pratique, le grid a été mis en oeuvre dans le monde scientifique et dans la recherche, à l'exemple du Cern ou des supercalculateurs avec les projets Deisa ou Grid 5000.

Des résultats tangibles pour Arcelor avec la solution GridXpert

Dans la foulée, de grands groupes s'y sont intéressés pour répondre à la croissance de la volumétrie de leurs données métiers et pour réduire les coûts en optimisant l'usage de leur informatique. Les pionniers en la matière furent les fournisseurs d'énergie, les banques et l'industrie. L'exemple d'Arcelor Flat Carbon Steel est devenu une référence. Issu de la fusion d'Usinor, du luxembourgeois Arbed et de l'espagnol Aceralia, Arcelor souhaitait restructurer ses ressources informatiques à l'image de sa nouvelle organisation, en les partageant afin d'améliorer l'efficacité de ses centres de recherche. Le parc existant était sous-utilisé et le taux d'échec des calculs était élevé du fait du manque de ressources lors des pics de charge et d'erreurs sur les scripts associés aux traitements. En gros, un quart des calculs échouait. trouve sur un serveur mono-processeur sous Linux, et les agents logiciels (GridAgent) sur les serveurs de calcul. L'ordonnancement des travaux se fait sous ordonnanceurs Sun Microsystems et Platform Computing. Le stockage est assuré par un serveur NAS de Network Appliance. La demande de calcul se fait en quatre clics de souris. Elle parvient ­ via le navigateur web ­ au moteur de règles, qui la redistribue vers les machines ad hoc selon la charge requise, les serveurs en activité et le code binaire à exécuter. Grâce à cela, le taux de réussite des scripts de calcul est monté à 95 %. Le coût de l'informatique scientifique est abaissé de 20 %,et la puissance de calcul a vu son usage augmenter de 35 %. De plus, l'affectation des coûts réels par projet devient réalisable. Si les retours d'expérience sont rarement aussi précis, les mises en grille d'applications se diversifient. Siemens Mobile, fabricant de téléphones mobiles et de logiciels embarqués, vient d'adopter l'architecture grid avec des serveurs x86 (des IBM xSeries à processeurs Opteron) sous Linux Suse. L'ensemble est orchestré par le moteur de grille de Platform. La mise en oeuvre s'est faite en interne. Le but était d'optimiser l'usage des serveurs existants pour stabiliser les délais de développement des logiciels, et non d'atteindre des puissances importantes.

Simplicité d'utilisation et flexibilité pour Siemens

Siemens Mobile recherchait d'abord la flexibilité et la simplicité d'utilisation. Le porte-parole de la société assure que la principale difficulté a été culturelle : « Les utilisateurs doivent modifier un peu leur état d'esprit, même si nous avons choisi une architecture très proche du système précédent. L'essentiel est identique, mais des détails ont changé. Nous n'avons pas modifié la manière de travailler, mais la manière d'utiliser l'application. » Michel Teyssèdre complète cette vision : « Le grid transforme le modèle économique des entreprises. Chez le courtier américain Charles Schwab, l'analyse d'un porte-feuille client prenait quinze minutes de traitement. Conséquence : lors d'une demande, il fallait rappeler la personne. Avec le grid , quinze à trente secondes suffisent. Le courtier garde son client en ligne et délivre ainsi un meilleur service. De même, à la Deutsche Bank, il fallait de vingt à vingt-cinq heures pour effectuer une analyse des risques. Désormais, cette étude est réalisée toutes les trente minutes, ce qui assure un meilleur pilotage de l'activité de la banque. »

La demande de calcul en quatre clics de souris

La solution de GridXpert est alors déployée. Vingt-deux serveurs bi et quadriprocesseurs, HP et IBM, sous Unix, sont mis en grille. Sept sur le site de Montataire (Oise) avec quarante stations de travail, quinze sur le site de Maizières-les-Metz (Moselle) avec quatre-vingts stations de travail. Le module Grid-Manager de GridXpert se On pourrait multiplier les exemples : chez des équipementiers automobiles pour les crashtests ou les combinaisons d'assemblage, chez les pétroliers pour les analyses de campagne d'exploration... Souvent, les applications « passées au grid  » sont nouvelles ou concernent un pan stratégique de l'activité de l'entreprise. Michel Teyssèdre constate : « Au début de notre offre grid , nous pensions que nous aurions 20 % de nouvelles applications et 80 % de remises à niveau d'applications existantes. C'est l'inverse que nous observons. » Par ailleurs, du fait de la criticité des applications mises en grille, il était rare que celles-ci soient ouvertes vers l'extérieur.

« Ouvrir l'accès de notre système d'information à d'autres entreprises »

La situation évolue. François Planas, directeur informatique adjoint de La France Mutualiste, compagnie spécialisée dans l'assurance-vie et l'épargne retraite, explique : « Nous avions des soucis de sécurisation de l'infrastructure et de disponibilité, et nous voulions croître en termes de puissance. De plus, la direction générale souhaitait trouver des partenariats et ouvrir l'accès de notre système d'information à d'autres entreprises » . L'infrastructure choisie repose sur une solution grid telle qu'Oracle la conçoit. Elle associe Oracle 10 g et son grid Enterprise Manager. On accède à la base de données et aux serveurs d'applications par le moyen de connexions Citrix. De cent soixante accès transactionnels sur l'applicatif principal, en provenance du siège ou des implantations en province, le système devrait monter à deux cent cinquante accès. « Et plus, si nous ajoutons des lames » explique François Planas.

D'autres initiatives vont dans le même sens. Chez IBM, des solutions tenant compte des partenaires de l'entreprise prennent forme. On annonce des solutions pour le monde des télécommunications, et des applications analytiques vers le secteur bancaire. Michel Teyssèdre veut limiter cet enthousiasme naissant sur l'ouverture du grid  : « Ce n'est pas encore l'externalisation à la demande. On en est loin, mais quelques projets sont déjà en oeuvre pour aller au-delà du pare-feu. »

Dell débute le grid par du Cluster

Tous les constructeurs informatiques proposaient une offre grid , sauf Dell. Ce dernier prend le train en marche en s'associant avec Oracle et EMC dans l'initiative MetaGrid. Dell fournit les serveurs Intel sous Linux Red Hat, Oracle sa technologie 10g, et EMC son stockage. « L'offre se cantonne au cluster de calcul scientifique, concède Francisco Bueno, technicien avant-vente de Dell, mais se propose d'aller vers une architecture plus éclatée » . Les grands clients de Dell peuvent tester ces nouvelles possibilités, tout en évaluant la réduction des coûts. Francisco Bueno est enthousiaste : « La demande explose, mais les clients ne maîtrisent pas cette technologie. 99 % des projets sont vendus avec du service. La solution est proposée clés en mains, avec de la régie si nécessaire. »


La France mutualiste adopte le grid façon oracle 10g

Le centre informatique de la France Mutualiste se trouve sur deux sites distants de quatre cents mètres dans le nord-ouest de Paris. Leur configuration est identique : un moteur de base de données, Oracle 10g RAC, s'exécute sur deux serveurs Dell (quadriprocesseurs) en cluster sous Linux, complété de l'extension ASM (Automated storage management)  ; un serveur d'applications Oracle IAS 10g s'exécute sur deux serveurs IBM (quadriprocesseurs) sous Linux. Les employés de la mutuelle accèdent aux applications depuis leur poste sous Citrix. Les transactions sont centralisées sur une ferme de serveurs MetaFrame. De cette ferme, le flux passe au serveur d'applications Oracle IAS 10g, qui attaque le SGBD 10g RAC. L'accès aux données se fait via ASM. On peut limiter une requête à une seule machine ou mobiliser toutes les machines. Le service grid Enterprise Manager d'Oracle prend en charge la centralisation. Un agent est installé sur toutes les machines de base de données et IAS.



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