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Ils partagent l'ADSL avec leurs voisins
Stéphanie Chaptal
[ UN RÉSEAU EN COPROPRIÉTÉ ]
Ils partagent l'ADSL avec leurs voisins
Pour diminuer les frais de connexion, relever des défis techniques... certains ont ouvert leur accès Internet à leurs voisins. Récit de leurs expériences.
Stéphanie Chaptal
, Micro Hebdo,
le 31/03/2005 à 07h00
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| Le réseau Wi-Fi de Bertrand Grossier lui permet non seulement de partager son accès Internet avec ses voisins, mais aussi de surfer depuis le café situé en face de son immeuble. |
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| Dans l'immeuble de Philippe A., pas encore de réseau Wi-Fi : le partage de l'accès à Internet se fait en tirant des câbles qui passent dans l'escalier. |
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Si vous possédez plusieurs micros chez vous, l'idée vous est sûrement déjà venue à l'esprit de les relier pour pouvoir accéder sur chacun à Internet. Vous avez ainsi créé un réseau familial. Mais avez-vous pensé à partager votre
connexion Internet avec vos voisins ? Certains l'ont fait. Moins par altruisme que pour relever un défi technique ou diminuer les frais, à une époque où il fallait débourser 55 euros par mois pour avoir un accès à 1024 kbit/s.
Pour Bertrand Grossier, tout commence en 2002, lorsqu'il s'installe dans son nouvel appartement à Boulogne-Billancourt (92). Consultant informatique, il ne se sépare que rarement de son ordinateur portable.
« Je
me suis d'abord intéressé au Wi-Fi pour mon confort personnel »
, explique-t-il. Grâce à sa borne Wi-Fi, il se connecte de n'importe où chez lui, du bureau à la cuisine. Sauf sur le canapé du salon, où la présence d'un mur
porteur en béton armé bloque les transmissions. Puis il fait quelques recherches sur Internet.
Une boîte de café directionnelle
« Je suis tombé sur l'association Paris sans fil, et j'ai assisté à certaines de leurs réunions. J'y ai découvert un univers de technoïdes et de bidouilleurs »
, raconte-t-il. De l'une de
ces réunions, il repart avec un plan pour construire une antenne Wi-Fi directionnelle à partir d'une boîte de café.
« Elle marche très bien, mais pas dans toutes les directions »
, précise Bertrand.
Curieux d'en connaître les limites, il la dirige vers le bar d'en face. Et ça marche !
« Après cette expérience, j'ai mis un message dans les deux ascenseurs de mon immeuble pour proposer à mes voisins departager avec eux ma connexion »
, se souvient-il. De retour chez lui,
le répondeur clignote. Trois personnes demandent déjà des renseignements.
Des étages connectés
Bertrand se rend chez elles avec son portable pour effectuer des tests.
« Le réseau portait alors jusqu'à trois étages vers le bas et jusqu'à un étage au-dessus. Dès qu'on s'est aperçus que cela fonctionnait,
deux voisins ont acheté des cartes réceptrices pour se connecter. Je leur ai proposé de mutualiser les frais »
, raconte Bertrand.
De quatre voisins au début, l'ensemble regroupe désormais six copropriétaires sur les quarante-quatre que compte l'immeuble.
« Et trois autres nous rejoindront cette année, dès qu'ils arriveront à la fin de leur
abonnement. »
Son fournisseur d'accès ?
« Comme Wanadoo n'acceptait pas le partage de connexion, je suis passé chez Free. Du coup, nous bénéficions de 6 Mbit/s pour seulement 29,90 euros
par mois »
, explique Bertrand.
Avec l'essor de son réseau, la boîte de café a disparu, remplacée par une antenne omnidirectionnelle.
« Plus puissante, elle arrose toute la place. Je peux descendre bruncher sans priver les autres de connexion
le dimanche matin. »
L'extension de son réseau ne l'inquiète pas vraiment. Au contraire, plus les gens en profitent, plus Bertrand semble heureux.
« J'ai déjà reçu des courriels en provenance de l'étranger de la part de personnes,
qui, de passage à Boulogne, ont pu contacter leurs proches grâce à ce réseau. »
Et ses voisins ? Ils se contentent de jouir de cette situation et préfèrent rester discrets.
Ici, Internet passe par l'escalier
Philippe A. habite rue Glacière, dans le XIII
e
arrondissement à Paris. Pour lui, l'aventure a commencé il y a quatre ans.
« J'ai lu un article sur l'un des premiers réseaux Wi-Fi à
Seattle, et j'ai voulu faire la même chose. C'est surtout l'aspect gratuit de cette réalisation qui m'intéressait. »
A l'époque, l'équipement Wi-Fi étant encore peu répandu et plutôt cher, Philippe construit son réseau de manière classique, en tirant des câbles.
« En 2001, j'ai exposé mon idée lors d'une fête réunissant
les habitants du 117 et ceux du 119. Elle a plu. Nous avons consacré un dimanche ou deux à tirer des câbles d'un appartement à l'autre. »
Pour ne pas détériorer l'immeuble, les locataires percent les gaines d'escalier et font passer les fils à l'intérieur.
« Côté sécurité, je ne crains rien. Mes voisins n'y connaissent rien en informatique, il
n'y a pas de fans du téléchargement, ni de pirates. »
Au fil du temps, le nombre de connectés varie. Certains quittent le réseau pour prendre leur propre connexion. D'autres, à cause d'un chagrin d'amour.
« En faisant son installation, j'ai fait plus ample
connaissance avec ma voisine du premier. Nous sommes sortis ensemble mais, lors de notre rupture, elle a arraché le câble. Depuis, nous nous sommes réconciliés, mais elle ne veut pas se reconnecter. »
Cela ne décourage pas Philippe A., qui envisage d'arroser en Wi-Fi le parc Montsouris voisin.
« Mais l'accès en sera restreint, il faudra obligatoirement passer par le site de l'immeuble pour y
accéder. »
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La première antenne Wi-Fi de Bertrand Grossier a été fabriquée avec une boîte de café ! Elle a, depuis, été abandonnée au profit d'un matériel plus professionnel.
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