PHP connaîtra-t-il le succès planétaire de Linux ? IBM vient, en effet, de rallonger la liste des supporteurs du serveur d'applications open source, sur laquelle figurent SAP, Intel, Oracle et Sun, entre autres. « Notre intérêt pour PHP est aussi important que celui que nous accordons à Linux, Eclipse et Apache » ,confirme Bernie Spang, directeur Information Management chez IBM. Il se concrétisera, dès juin 2005, par une distribution spéciale de PHP 5, destinée aux serveurs iSeries d'IBM fonctionnant sous Linux et AIX. Fruit d'un partenariat avec Zend Technologies, Zend Core for IBM embarquera les bases de données Cloudscape et DB2 de Big Blue, ainsi que leurs pilotes PHP natifs. Gratuite, cette distribution sera téléchargeable sur les sites de DB2 et de Cloudscape et bénéficiera d'un support technique payant (quelques centaines de dollars par an), assuré par Zend Technologies et IBM.
Par ailleurs, Big Blue enrichira son site DeveloperWorks d'une section PHP. Un privilège auquel seul Linux a eu droit ces dix dernières années. Enfin, l'équipe Emerging Technologies du constructeur travaille à l'amélioration de PHP 5 : ajouts d'une couche d'accès aux données reposant sur l'interface Service Data Objects (SDO), et de mécanismes WS-Security pour sécuriser la couche Soap, notamment.
Le soutien du clan Java
L'appui d'IBM n'est pas isolé. Pressentant le succès de PHP, Intel et SAP sont entrés dans le capital de Zend Technologies en janvier 2005 par le biais de leurs fonds d'investissement. Et, mis à part BEA, tous les leaders de la communauté Java Oracle et Sun notamment se sont engagés en faveur de PHP depuis près de deux ans. Ainsi, Oracle a publié en juillet 2003 une note d'intention pour rappeler qu'il prendrait en compte PHP dans la prochaine version de son serveur d'applications (Oracle 10g Application Server), ainsi que dans son outil de développement JDeveloper. Et la section du site d'Oracle Technology Network (OTN), consacrée aux logiciels open source, est littéralement « trustée » par PHP.
Plebiscité par les grands
Depuis deux ans, Sun, Oracle et IBM travaillent avec Zend Technologies afin de mettre au point la JSR-223. Cette spécification sert à invoquer des composants PHP depuis une page JSP, ainsi que des composants Java depuis une page PHP. Zend a également développé une distribution spécifique de PHP 4, destinée au serveur web de Sun (Java System Web Server). Enfin, Novell a intégré PHP dans son système d'exploitation Netware 6 et dans sa distribution Suse. Il ne manquait donc plus qu'IBM pour que l'ensemble des poids lourds de l'informatique supporte PHP. « Il pourrait s'agir du mouvement le plus important de Big Blue depuis son soutien à Linux », estime Michael Goulde, analyste senior chez Forrester Research. PHP apparaît aujourd'hui comme la technologie capable de combler les lacunes des infrastructures Java. « J2EE se révèle trop complexe, ses coûts de licences trop longtemps prohibitifs, et les serveurs open source matures viennent à peine d'être certifiées par Sun », synthétise Franck Gonzales, fondateur du cabinet de conseil Osaxis. Microsoft s'est engouffré dans cette brèche et, depuis deux ans, a conquis de nombreuses parts de marché grâce à ASP.Net, sans que la guilde Java ne parvienne à réagir. « La principale motivation d'IBM et de Zend Technologies est de combattre l'expansion de.Net » , explique Doron Gerstel, CEO de Zend.
Une plate-forme devenue complète
Face à l'inexorable progression de.Net, « PHP tend à être reconnu comme un serveur d'applications professionnel » , constate Frédéric Bon, fondateur du cabinet de conseil en architecture technique Clever Age. La simplicité du langage et les performances de son socle d'exécution ont fait la réputation de cette plate-forme utilisée par Yahoo, Carrefour, le Crédit Agricole, la Société Générale, et plus généralement par 87 % des entreprises du CAC 40 et par 41 % des sites web dans le monde. « PHP a peu à peu évolué d'un simple langage de script vers une plate-forme complète, qui prend en compte XML et les services web, dispose d'un modèle objet digne de Java, et enfin, sert à mettre en oeuvre les trois architectures de référence : web, client-serveur et client riche » , détaille Armel Fauveau, directeur technique de Globalis Media Systems. Les entreprises adoptent désormais cette technologie pour développer des applications métier critiques.
Des interactions simplifiées
Les utilisateurs de J2EE sont intéressés par la souplesse de PHP, alternative intéressante pour exposer la logique J2EE existante sous la forme de pages web, d'interface client riche, et de services web. Le système de billet électronique de Lufthansa, par exemple, s'appuie depuis trois ans sur une interface PHP, qui dialogue nativement avec des composants Java contenant la logique métier et assurant la prise en charge des transactions. Cette architecture facilite la réutilisation de composants existants. Outre la JSR-223, les développeurs de PHP 5 ont tout mis en oeuvre pour simplifier les interactions entre PHP et Java. Disponible depuis l'été 2004, PHP 5 a progressé sur deux points : un modèle objet très proche de Java et une capacité unique à instancier des composants Java et COM pour favoriser leur réutilisation.
« PHP constitue une alternative très intéressante à J2EE », estime Stéphane Bonnet, responsable NTIC chez Diego Informatique. En 2000, son entreprise a développé un extranet fondé sur PHP et DB2 sous AS/400. Trois cents ingénieurs commerciaux consultent en temps réel un stock de 2 000 références de matériel informatique de démonstration et passent une centaine de commandes quotidiennes directement sur le serveur iSeries à l'aide d'une interface web PHP. « Les développeurs AS/400 sont habitués à la logique procédurale de GAP et RPG. La programmation objet de J2EE s'avère trop complexe pour eux. En prenant en compte les deux logiques objet et procédurale, PHP représente la plate-forme idéale pour gérer la transition en douceur. Le langage se révèle plus simple que Java et l'environnement d'exécution est à la fois plus rapide et plus aisé à déployer que Websphere » , poursuit Stéphane Bonnet. Et d'ajouter que ses clients PME et AS/400 étaient nombreux à attendre cette annonce pour se lancer dans des développements PHP. Il n'est pas illusoire de penser qu'ils ne sont pas les seuls...
1995 :
Rasmus Lerdorf crée PHP/FI 1.0 qui n'est, à l'époque, qu'une collection de scripts Perl.
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1997 :
l'embryon de PHP créé par Rasmus Lerdorf est complètement réécrit par Zeev Suraski et Andi Gutmans, et donne naissance à la première version moderne de PHP, baptisée PHP 3.0.
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2000 :
avec la sortie de PHP 4.0, le serveur d'applications se dote d'un modèle objet, d'une bibliothèque de fonctions extensible (PEAR), et d'une équipe d'assurance qualité.
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2002 :
Yahoo migre vers PHP 4.0 afin de supporter plus de 1 milliard de pages vues par jour. Il finira par abandonner sa technologie propriétaire.
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2004 :
PHP 5 embarque une API XML et Soap de dernière génération, ainsi qu'un modèle objet proche de Java (Zend Engine 2.0).
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2005 :
IBM soutient PHP ; il rejoint ainsi SAP et Intel, récemment entrés au capital de Zend Technologies.
PHP est présent dans :
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71 %
des serveurs Apache sous Unix/Linux dans le monde
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87 %
des entreprises du CAC 40
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90 %
des sites web français les plus fréquentés
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